ANNEE B - TEXTES LITURGIQUES (DOMINICA XIV "PER ANNUM")
On apprend que de plus en plus de jeunes prêtres tombent malades (souvent gravement), qu'ils sont épuisés au bout de seulement quelques années de ministère
paroissial et obligés de prendre une année sabbatique pour se reposer. Que se passe-t-il ? Quand on les interroge, ils se disent surmenés, épuisés par la "réunionnite" stérile qui les oblige
à aller d'un clocher à l'autre et leur interdit la prière, le calme, le silence, le ressourcement. Ils sont aussi démoralisés par le fait que dès qu'ils souhaitent appliquer les directives
magistérielles, ils sont repris par un vicaire épiscopal qui donnera toujours raison aux laïcs venus se plaindre contre le prêtre qui ne fait qu'obéir au Successeur de
Pierre.
Ce découragement des jeunes prêtres, résultat d'une situation où plus rien n'est clair et logique, engendre par contrecoup le désarroi chez des fidèles attachés aux enseignements de l'Eglise. En
conséquence, plus personne ne sait exactement ce qu'il faut faire, où il convient de se situer, et tout le monde finit par se méfier de tout le monde. Il en résulte une stagnation de l'état de
l'Eglise en France qui se traduit par des églises désertées et une chute dramatique des ordinations sacerdotales. Il est bien certain que rien ne changera tant que les prêtres fatigués et
désavoués ne se manifesteront pas d'avantage pour refuser fermement certaines orientations pastorales qui n'ont aucune raison d'être et qui, parfois même, n'ont aucune légitimité. Il ne s'agit pas de
"ruer dans les brancards" de façon ouverte et maladroite, mais de faire savoir à qui de droit que certaines directives prises au niveau d'un diocèse ne sauraient être acceptées et mises en
oeuvre. Un seul exemple : aucun Pasteur diocésain ne saurait reprocher à un prêtre de vouloir remettre en vigueur le principe de la communion reçue à genoux (+). Le prêtre qui agit ainsi est parfaitement dans son droit et ne fait rien qui contredise l'enseignement de l'Eglise. N'est-il pas temps
de sortir d'un état de docilité servile ? Dans la situation que nous connaissons actuellement, le principe du "nulla Ecclesia sine episcopo" ne tient plus en France (à quelques
exceptions près), dans la mesure où ce principe procède d'un anti-discernement où d'un choix de ne surtout pas faire de vagues. Le "nulla sine episcopo" n'a de sens et ne tient que lorsqu'il
s'accorde sans le moindre doute avec le "ubi Petrus, ibi Ecclesia, ibi Christus". Dans tous les autres cas, il y a risque de tomber dans la schizophrénie, c'est-à-dire dans
un trouble grave divisant la personnalité : le jeune prêtre, écartelé entre son désir de suivre les enseignements du Saint-Père et son souci de garder de bonnes relations avec sa hiérarchie
diocésaine, s'épuisera à vouloir gérer d'indéfendables compromis pastoraux et liturgiques à l'aide desquels il espérera plaire à tout le monde, depuis la chaisière de la paroisse jusqu'à l'évêque
diocésain. Les interminables transactions visant à satisfaire artificiellement tout le monde auront vite raison de la santé physique, psychique et spirituelle du prêtre.
Pro Liturgia
« Puis il monta dans la barque, suivi de ses disciples. Et voici qu'une grande agitation se fit dans la mer, au point que la barque était couverte par les vagues. Lui cependant dormait. S'étant approchés, ils le réveillèrent en disant : « Au secours, Seigneur, nous périssons ! ». Il leur dit : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? » Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Saisis d'étonnement, les hommes se dirent alors : « Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? » (Matthieu 8, 23-27). Dans l’Evangile, il y a le rappel continu de Jésus aux Apôtres et à ceux qui veulent le suivre, à avoir la foi en Lui, à ne pas céder à la tentation – la plus insidieuse pour tout croyant – de douter de sa Toute-Puissance. C’est par la foi en Dieu que nous sommes sauvés, justifiés (cf. Romains 3, 28) ; c’est pourquoi la foi est si importante et centrale dans l’enseignement de Jésus : « Tout ce que vous demanderez avec foi dans la prière, vous l’obtiendrez » (Matthieu 21, 22). Et l’on peut très bien comprendre la question du Seigneur : « Quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? » (Luc 18, 8).
En théorie, nous pouvons dire, avec une certaine facilité, que nous avons la foi dans le Seigneur, que nous nous abandonnons au
dessein de sa Divine Providence ; mais quand, dans la pratique, les choses ne vont pas comme nous les avions désirées, prévues ou programmées, alors, continuer à avoir la foi en Jésus est
seulement possible si on Lui fait le don de toute notre propre être. C’est ce que nous rappelle le Saint-Père : « La foi ne doit pas rester une théorie : elle doit être vie »
(Benoît XVI, homélie du 29 juin 2009). On pourrait dire que l’acte de foi, l’acte de foi le plus profond en Lui, est vraiment tel quand il apporte avec soi le don total de nous-mêmes : « en
nous expropriant » de notre « moi », nous en faisons un don à Dieu, jusqu’à ce que les mille et une préoccupations de la vie ne se mettent plus comme obstacle entre nous et Lui. L’épisode des
Apôtres, bouleversés par la tempête, dans la barque remplie d’eau et qui coule, est emblématique et toujours riche de significations actuelles pour notre vie de foi. Dans cette « barque » les
Apôtres, expérimentent, dans la pratique, que leur existence est en jeu, suspendue entre la vie et la mort, entre le salut et la débâcle totale. Mais Jésus dort ! Au moment précisément du besoin
le plus grand de son intervention, il se produit, de manière inexplicable, qu’il est en train de dormir. Devant cette situation, la foi des Apôtres et la nôtre sont mises à dure épreuve.
L’épreuve de foi se manifeste quand quelque chose, à quoi nous tenons beaucoup, est perdu ; le « terrain » cède à l’improviste sous nos pieds ; les attentes sont déçues ; les événements jouent
contre nous ; la maladie ou la mort se présentent… Tout cela , quand cela se produit, nous dit clairement que c’est le moment de l’épreuve, et que le Seigneur, donc, est en train de « passer »
dans notre vie pour nous demander une foi plus profonde, en nous répétant à nous aussi : « Ne crains pas, continue seulement à avoir la foi » (Marc 5, 36). Même si, à nos yeux, il est en train de
dormir, Il est là, au milieu de l’épreuve, dans notre barque elle-même en proie aux vagues. Ces vagues lui servent pour faire « sursauter » notre peu de foi, qui s’est probablement endormie, ou
qui court le risque de s’endormir. Ce n’est pas Lui, alors, qui dort, c’est nous qui nous endormons s’Il ne nous tient pas éveillés ! Quand l’épreuve est intense, comme pour les Apôtres dans la
barque, alors, avec l’occasion précieuse pour « vérifier » si notre foi est théorique ou pratique, est alors offert un défi pour une foi non conditionnée et tournée vers les résultats terrestres,
mais toute centrée dans le Seigneur. Ce Jésus qui dort, c’est-à-dire qui n’intervient pas en notre faveur – c’est au moins comme cela que nous le ressentons au moment de l’épreuve – c’est comme
s’il nous défiait, avec bienveillance, pour nous aider à parvenir à une foi qui se nourrisse seulement de confiance dans son Amour. Comme un Papa qui défie son propre enfant pour lui demander de
se fier aveuglément en lui. En effet, c’est seulement dans la foi « aveugle », c’est-à-dire dans l’abandon total à Jésus, que se produisent dans la vie les plus grands miracles, qui ne sont pas
ceux de nature matérielle mais spirituelle : ils provoquent dans l’âme une vraie conversion, un élan vers les choses éternelles, divines, en laissant le cœur dans une sainte indifférence pour
tout le reste qui, en revanche, passe. Une telle foi a fait dire à Sainte Thérèse de Jésus : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie. Tout passe, Dieu ne change pas. La patience obtient tout. Celui qui a Dieu ne manque de rien. Dieu
seul suffit » (Poésie, 90). On ne peut affirmer que « Dieu seul suffit » que lorsque
l’on est capable de traverser l’épreuve en attendant tout de Dieu, sans rien lui demander, sans le réprimander en aucune manière. Il faut le laisser libre d’agir comme quand il veut, s’il le
veut, et avec ses temps qui ne sont pas les nôtres. Sainte Thérèse d’Avila qui connaissait bien les « temps » de cette action divine, a déclaré très justement que « la patience obtient tout ».
Certes, nous ne faisons pas belle figure à réveiller brusquement Jésus, comme l’ont fait les Apôtres en proie à la peur qui venait du doute, ou à le réprimander comme l’a fait Marthe, toute prise
par les préoccupations : « Seigneur, tu ne te soucies pas que ma sœur m’a laissée seule à te servir ? Dis-lui donc qu’elle m’aide » (Luc 10, 40). Marthe, comme nous arrive à nous aussi, reproche
à Jésus le fait qu’il n’intervient pas en sa faveur, qu’il ne fait pas tout ce qu’elle croit être juste en ce moment précis.
Pendant l’Année Sacerdotale, où le Curé d’Ars est proclamé comme exemple pour nous tous, prêtres, la vie de foi du Ministre Sacré peut se renforcer sur le modèle des Saints, à partir du modèle incomparable de la Vierge Marie. A cette école, on apprend à « laisser faire Dieu », à ne rien mettre avant Lui, en cherchant seulement sa Volonté qui est souvent mystérieuse, mais qui, infailliblement, se réalise pour tous ceux qui, avec une foi solide, ne veulent rien Lui refuser et lui donnent « carte blanche ». Sur une feuille blanche, toujours purifiée par les Sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie, par la vie de prière et de charité, le Seigneur peut écrire ce qu’Il veut, même si, comme on dit, Il écrit droit sur des lignes courbes ! Faisons en sorte de pouvoir toujours dire à Jésus, en toute honnêteté : « Sonde-moi, ô Dieu, connais mon cœur, scrute-moi, connais mon souci ; vois que mon chemin ne soit pas fatal ; conduis-moi sur une voie d’éternité » (Psaume 139 [138], 23-24).
Le Pape Clément de Rome, racontant la mort des Apôtres Pierre et Paul, observe que l’envie de certains dans
la communauté chrétienne elle-même, la facilita. Deux mille ans plus tard, le péché est toujours présent chez les hommes. Il y a ceux qui se réjouissent du Magistère Pontifical, en raison aussi
du fait qu’il a
mis un frein à l’interprétation « discontinue » du Concile Vatican II, en expliquant que les conflits qui se sont répandus dans le domaine de la doctrine, de l’éducation et
de la liturgie, étaient le résultat d’une mauvaise interprétation, et que le Concile avait été clair. Le Pape est « Pierre », le chef des Apôtres. Ses frères Evêques paissent
légitimement le troupeau du Christ en union effective et affective
avec la Chaire de Pierre. Autrement, on retourne à l’expérience du IV° siècle, quand presque tous les Evêques du monde se plièrent au vouloir d’un Empereur Romain qui était
arien. Seul le Pape, et une poignée d’Evêques fidèles à lui, persévérèrent dans la foi catholique. Le Pape est là pour rappeler que l’Eglise n’est pas une structure humaine. C’est là aussi la
raison pour laquelle de nombreuses cultures et de nombreux peuples trouvent en elle leur identité. Comme l’a rappelé (N°9) à plusieurs reprises le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, nous sommes au cœur d’une « apostasie silencieuse », qui devient toujours moins
silencieuse et toujours plus évidente. Dans l’histoire de l’Eglise, il n’y a jamais eu un manque de foi aussi répandu. L’adversaire est subtil et plante des flèches au plus profond du cœur des
hommes, tellement profondément qu’elles sont presque invisibles. Que l’on pense au Prophète Daniel, qui avertissait que l’adversaire aurait obtenu le pouvoir sur toutes les nations de manière
pacifique, et par les illusions. Le Cardinal J.H. Newman supposait que l’apostasie du Peuple de Dieu, à différentes époques et en en différents endroits, avait toujours précédé la venue des
« antéchrists », de tyrans comme Antiochus et Néron, Julien l’Apostat, les dirigeants de la Révolution Française, chacun étant un « type » ou un « présage de l’Antéchrist
qui viendrait à la fin de l’histoire, quand le mystère d’iniquité manifesterait sa folie finale et terrible. L’incapacité des croyants de vivre leur propre foi, avertissait Newman, comme lors des
époques précédentes, conduirait « au règne de l’homme du péché, qui nierait la Divinité du Christ, et s’élèverait à sa place » (M.D.O’Brien, Il Nemico, Cinisello Balsamo 2006, pp. 175-176).
Il y a cette tentative de réduire l’Eglise à une agence mondiale humanitaire, et l’utopie que l’unité des nations puisse être réalisée par les organismes internationaux, et non pas par le
Christ. Mais le Seigneur, même s’il dort
dans la barque pendant la tempête, au moment final, se réveillera et apaisera les
flots. Puis il reviendra à nous et nous demandera pourquoi nous avons eu si peu de foi. Dans
l’intervalle, nous portons la Croix. Nous observons la trahison. Nous souffrons. Newman écrit encore : « Le but du Diable, quand il sème la révolution dans l’Eglise, c’est de la jeter dans la confusion, pour que son
attention soit détournée, et que ses énergies soient dispersées. De cette manière, nous sommes affaiblis au moment de l’histoire où nous aurions besoin d’être plus forts ». « Pourquoi
le Saint-Père n’agit-il pas ? Ne peut-il imposer l’obéissance à ces Prélats ? ». « Il l’a fait maintes fois et de la manière la plus chrétienne. Mais il ne commande pas une
police, ou une armée. Récemment, il a été plus ferme avec les dissidents […]. Mais la solution n’est pas l’autoritarisme, parce qu’il jetterait seulement de l’huile sur le feu de la révolte. Le
Saint-Père travaille tant qu’il y a la lumière. Il nous rappelle à tous Celui qui a porté la Croix et qui est mort sur elle. Dans ses mains, il porte seulement cela, une Croix. ; Il parle
toujours du triomphe de la Croix. Ceux qui ne veulent pas écouter ne répondront pas à Dieu » (Ibidem, Pages 402-403).
TEXTES LITURGIQUES (S. THOMÆ, APOSTOLI)
- Ephésiens 2, 19-22 : La construction que vous êtes a pour fondation les Apôtres
- Psaume 117, 1 : Appel à la louange de tous les peuples
- Jean 20, 24-29 : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru »
Introït de la Messe : "Deus meus es tu"
C'est traditionnellement à la Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul, le 29 juin, que sont ordonnés les nouveaux prêtres. En dépit de l'optimisme affiché de certains évêques qui ne cessent de nous dire depuis plusieurs années que la situation de l'Eglise en France n'est pas si catastrophique que cela, les paroisses sont désertées, les messes dominicales n'attirent pas, et le nombre des ordinations sacerdotales est en chute libre. Les causes de cette chute des vocations en France sont nombreuses et variées. Mais la principale est que durant des années, dans les séminaires diocésains ou interdiocésains, il a été interdit aux candidats au sacerdoce d'appliquer les directives, autant bien au niveau liturgique que doctrinal - pensons une seconde à Humanae Vitae ! - venant de Rome et la formation s'est limité à des cours souvent inconsistants, à des expériences en paroisses, à des stages, à un vague survol de quelques textes conciliaires... Quant à l'étude approfondie de la théologie fondamentale, de la philosophie, de la patristique, de la liturgie, des langues anciennes : zéro ! Posons alors la question : quel jeune homme spirituellement, intellectuellement et humainement équilibré voudrait entrer dans un séminaire et consacrer sa vie à Dieu et à son Eglise si c'est pour faire des trucs comme ça ou comme ça, ou encore comme ça ? Il y a une dizaine d'années, le Cardinal Ratzinger écrivait déjà qu'il faudra beaucoup de temps pour que la vraie foi catholique refleurisse en France...
Inspiré de Pro Liturgia
R. Tu es toute belle, Marie,
Tu es toute pure, Marie,
Et bénie plus que toutes les femmes.
1. Il fallait une coupe très pure,
Vase d’amour pour une telle Hostie.
Il fallait la tendresse infinie,
D’une âme vierge, d’une enfant très pure.
2. Il fallait la beauté d’un jardin clos,
Et tous les parfums de la pureté.
Il fallait une vigne bien gardée,
Pour déposer l’Agneau sans défaut.
3. Il fallait une âme ressemblante,
Un miroir d’angélique pureté.
Il fallait une humble majesté,
Mère du Verbe et son amante.
Après le mois du Sacré-Coeur, le mois de Juillet est
traditionnellement consacré au Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. Par cette fête, l'Eglise nous rappelle que c'est exclusivement par Lui, et non par le sang des taureaux et des boucs,
que nous avons été rachetés. A chaque Saint-Sacrifice de la Messe, Notre-Seigneur Jésus-Christ ne cesse de répandre Son Précieux Sang purificateur sur le monde, criant non vengeance, mais
Miséricorde...
Le lundi 29 juin, Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul, le Pape Benoît XVI a présidé la Messe solennelle concélébrée avec 34 Archevêques Métropolitains, auxquels il a
remis le Pallium. Comme c’est la coutume, une Délégation du Patriarcat Œcuménique de Constantinople assistait à la cérémonie. Dans l’homélie, le Saint-Père, à partir de la Collecte de la Messe, s’est demandé si nous
suivions l’enseignement des grands Apôtres : « Durant l’Année de Saint Paul, qui s’est terminée hier, nous avons cherché à écouter d’une manière nouvelle, lui, le ‘Maître des Nations’, et
d’apprendre ainsi à nouveau, l’alphabet de la foi. Nous avons cherché à reconnaître le Christ avec Paul, et par l’intermédiaire de Paul, et de trouver ainsi la voie pour la juste vie chrétienne
». A propos de la première Lettre de Saint Pierre, le Saint-Père a déclaré : « Son centre est la figure du Christ, qui est présenté comme Celui qui souffre et qui aime, comme le Crucifié et le
Ressuscité… La Lettre est ensuite une introduction aux Sacrements chrétiens fondamentaux du Baptême et de l’Eucharistie, et un discours adressé aux prêtres, dans lequel Pierre se nomme
‘co-presbytre’ comme eux… Il comprend le ministère sacerdotal totalement à partir du Christ », et il appelle le Christ avec une parole qui veut dire en grec Evêque, parole qui contient dans sa
racine le verbe « voir ». « Le Christ est ‘l’Evêque des âmes’, nous dit Pierre. Cela veut dire : Il nous voit dans la perspective de Dieu. En regardant à partir de Dieu, on a une vision
d’ensemble, on voit les dangers mais aussi les espérances et les possibilités. Dans la perspective de Dieu, on voit l’essence, on voit l’homme intérieur. Si le Christ est l’Evêque des Ames,
l’objectif est d’éviter que l’âme, dans l’homme, s’appauvrisse, l’objectif est de faire en sorte que l’homme ne perde pas son essence, la capacité pour la Vérité et pour l’Amour… Etre évêque,
être prêtre, veut dire, dans cette perspective : prendre la position du Christ. Penser, voir, et agir à partir de sa position élevée. A partir de Lui, être à la disposition des hommes, afin
qu’ils trouvent la vie ». La parole « évêque » a insisté encore le Saint-Père, s’approche beaucoup de la parole « pasteur », au point que les deux concepts sont interchangeables. « C’est la tâche
du pasteur de paître et de garder le troupeau et de la conduire aux vrais pâturages. Paître le troupeau veut dire veiller à ce que les brebis trouvent la nourriture juste, soient rassasiées de
leur faim et désaltérées de leur soif. En dehors de cette métaphore, cela veut dire : la Parole de Dieu est la nourriture dont l’homme a besoin. Rendre toujours de nouveau présente la Parole de
Dieu, et donner ainsi une nourriture aux hommes, est la tâche du Pasteur droit ». Puis, se référant toujours au discours de Pierre aux presbytres, le Saint-Père a déclaré : « Il ne suffit pas de
parler. Les Pasteurs doivent se faire des ‘modèles du troupeau’ ». Puis, toujours à propos de cette Lettre saint Pierre, le Souverain Pontife a rappelé l’exhortation : « Traitez saintement dans
vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à le défendre contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (3, 15). Puis, il a expliqué : « La foi chrétienne est une
espérance. Ouvrez la voie à l’avenir. C’est une espérance qui possède la raison ; une espérance dont nous pouvons et dont nous devons exposer la raison. La foi provient de la Raison éternelle qui est entrée dans notre monde, et qui nous a montré le vrai Dieu… Cela
fait partie de nos devoirs comme Pasteurs, de pénétrer la foi avec la pensée, pour être en mesure de montrer la raison de notre espérance dans le débat de notre temps. Toutefois, penser,
seulement, ne suffit pas… Au-delà de la pensée et du parler, nous avons besoin de l’expérience de la foi, du rapport vital avec Jésus-Christ. La foi ne doit pas rester une théorie, elle doit être
vie ». Enfin, le Saint-Père a insisté sur l’affirmation initiale de la Lettre de Pierre, où il dit que le but de notre foi est le salut des âmes (cf. 1, 19), et a déclaré à ce sujet : « Sans la
guérison des âmes, sans la guérison de l’homme, de l’intérieur, il ne peut y avoir de salut pour l’humanité. La vraie maladie des âmes, Saint Pierre l’appelle ignorance, c’est-à-dire
comme une non connaissance de Dieu. Celui qui ne connaît pas Dieu, celui qui ne le cherche pas au moins sincèrement, reste en dehors de la vraie Vérité… C’est l’obéissance à la Vérité qui rend
l’âme pure. Et c’est vivre avec le mensonge qui la souille. L’obéissance à la Vérité commence avec les petites choses du quotidien, qui peuvent souvent être pénibles et douloureuses. Cette
obéissance s’étend ensuite jusqu’à l’obéissance sans réserves face à la Vérité même qu’est le Christ ».
Au terme de l’homélie, le Pape Benoît XVI s’est adressé aux Archevêques Métropolitains, en déclarant : « Le Pallium rappelle les agneaux et les brebis du Christ, que le Seigneur Ressuscité a confiés à Pierre avec pour tâche de les paître. Il rappelle le troupeau du Christ, que vous, chers Frères, vous devez paître en communion avec Pierre. Il nous rappelle le Christ lui-même qui, comme Bon Pasteur, a pris sur ses épaules la brebis perdue, l’humanité ramenée ensuite dans sa demeure. Il nous rappelle le fait que Lui, le Pasteur Suprême, a voulu se faire Lui-même Agneau, pour se charger dans tout son être du destin de nous tous, pour nous amener à nous guérir de l’intérieur ».
Avec les paroles de Saint Paul - « Que la grâce et la paix soient avec vous de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur »
(Ephésiens 1, 2), le Pape Benoît XVI a accueilli la Délégation du Patriarcat Œcuménique de
Constantinople, reçue en audience le 27 juin, à l’occasion des célébrations pour la Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul. « Aujourd’hui, par cette annonce de paix et de salut, je vous
souhaite la bienvenue en la fête patronale des saints Pierre et Paul par laquelle nous allons conclure l’année paulinienne. L’an passé, le Patriarche œcuménique, Sa Sainteté Bartholomaios
Ier, a voulu nous honorer de sa présence
pour célébrer ensemble l’inauguration de cette année de prière, de réflexion et d’échange de gestes de communion entre Rome et Constantinople. A notre tour, nous avions eu la joie d’envoyer une
délégation aux célébrations analogues organisées par le Patriarcat œcuménique. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement en cette année consacrée à Saint Paul qui recommandait avec vigueur de «
garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix », nous enseignant qu’il n’y a « qu’un seul Corps et un seul Esprit » (Ephésiens 4, 3-4) ». Puis il déclara : « Ensemble, nous rendrons grâce
au Seigneur pour tous les fruits et les bienfaits que nous a apportés la célébration du bimillénaire de la naissance de Saint Paul… Par votre présence qui est signe de fraternité ecclésiale, vous
nous rappelez notre engagement commun à la recherche de la pleine communion… L’Eglise catholique entend contribuer de toutes les manières qui lui seront possibles au rétablissement de la pleine
unité, en réponse à la volonté du Christ pour ses disciples et conservant en mémoire l’enseignement de Paul qui nous rappelle que nous avons été appelés ‘à une seule espérance’ ». Dans cette
perspective, le Saint-Père a ajouté : « Nous pouvons alors considérer avec confiance la bonne poursuite des travaux de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre les
orthodoxes et les catholiques. Celle-ci se réunira au mois d’octobre prochain pour affronter un thème crucial pour les relations entre Orient et Occident, à savoir le « rôle de l’évêque de Rome
dans la communion de l’Eglise au cours du premier millénaire ». L’étude de cet aspect s’avère en effet indispensable pour pouvoir approfondir globalement cette question dans le cadre actuel de la
recherche de la pleine communion ». Au terme de son discours, le Souverain Pontife a exprimé le souhait suivant : « Que les incompréhensions et les tensions rencontrées parmi les délégués
orthodoxes lors des dernières sessions plénières de cette commission soient surmontées dans l’amour fraternel de sorte que ce dialogue soit plus amplement représentatif de l’orthodoxie ».
Lien : Discours de Sa
Sainteté le Pape Benoît XVI
Les évêques camerounais ont dénoncé la possibilité de recourir à « l'avortement médicalisé », du protocole de Maputo, un texte sur les droits des femmes ratifié en mai par le Cameroun, dans une déclaration reçue lundi par l'AFP à Yaoundé. « L'avortement est un crime », affirme la Conférence épiscopale nationale du Cameroun dans cette déclaration datée de samedi. Les évêques dénoncent l'article 14 du protocole de Maputo qui autorise le recours à « l'avortement médicalisé en cas d'agression sexuelle, de viol, d'inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ». Les prélats estiment que cet article « porte (...) atteinte à la vie humaine en donnant des droits reproductifs abusifs à la femme » et « est une porte ouverte à la légalisation de l'avortement », autorisé au Cameroun seulement en cas de viol ou lorsque la vie de la femme est en danger. Tout en « approuvant » l'esprit du protocole qui vise à « protéger la femme des injustices sociales et des abus de toutes sortes », les évêques appellent à « défendre la vie » et à « éradiquer l'avortement, les moyens contraceptifs artificiels et tous les abus portant atteintes à la dignité de la personne humaine ». Selon le cardinal Christian Tumi, archevêque de Douala (sud), « une pétition contre l'avortement » circule par ailleurs dans les paroisses. « Cette pétition qui a déjà recueilli plus de 7.000 signatures sera (transmise) au président de la République », a-t-il affirmé à l'AFP.
Lien : L’Eglise et l’IVG "thérapeutique", par Pierre-Olivier Arduin
Le 19 juin, Solennité du Sacré-Cœur de Jésus, le Pape Benoît XVI a inauguré, par les Vêpres dans la basilique Saint-Pierre, l’Année Sacerdotale. Une Année entière consacrée aux Prêtres, à leur sanctification, par la prière de tout le peuple de Dieu, appelé à redécouvrir la grandeur du don reçu du Seigneur, et indispensable à la constitution même de l’Eglise. Le lien entre Eucharistie et Eglise, et le lien entre Eucharistie et Sacerdoce, fondent le lien entre Sacerdoce et Eglise : là où il n’y a pas de prêtre validement ordonnés, il n’y a pas l’Eglise, mais de simples communautés ecclésiales, dont nous pouvons nous réjouir de leur existence, dans la mesure où elles conservent la mémoire du Seigneur et en attendent la venue, mais qui, de fait, n’en ont pas, et ne pourraient avoir, la Présence Sacramentelle, c’est-à-dire Réelle.
Le Saint-Père, dans sa charité de Pasteur Universel, a envoyé au clergé du monde entier une très belle Lettre qui doit devenir l’objet d’une méditation attentive de la part de tous les Prêtres. C’est une Lettre dans laquelle transparaît un amour extraordinaire
pour le Christ et pour l’Eglise, qui révèle une intimité avec le Mystère, qui devrait être propre à chaque cœur authentiquement sacerdotal. L’occasion de la proclamation de l’Année Sacerdotale a
été le 150° anniversaire de la mort de Saint Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars, Patron des Curés et qui, pendant cette Année, sera déclaré Patron de tous les Prêtres. C’est une figure, si elle est bien connue, qui
reflète un sens moderne impensable : ayant vécu dans la France postrévolutionnaire et anticléricale, Curé d’un village rural « pauvre de foi », pauvre Lui aussi de moyens culturels et de «
structures », et de « plans pastoraux », le Curé d’Ars sut littéralement transformer la réalité qui l’entourait, par sa propre prière, par son propre ministère fidèle, par sa propre offrande
radicale au Christ. La Lettre du Saint-Père montre la clef de la sainteté de Jean-Marie Vianney, et de chaque prêtre, dans le binôme « identité-mission ». En effet, chaque prêtre est appelé à
cette identification au Christ qui garantit la fidélité et la fécondité de son témoignage. L’identification au Christ, qui a sa racine dans la donnée objective de la configuration ontologique et
sacramentelle, reçue dans le Sacrement de l’Ordre, est aussi une parcours progressif de l’âme et de la « psyché » elle-même du prêtre. En faisant les gestes de Son Seigneur, en en répétant les
Paroles, en croissant dans l’amour envers ses frères, en apprenant, jour après jour, à offrir au Père sa propre vie, en reconnaissant tout ce que le Seigneur réalise dans la réalité et dans les
signes puissants qu’il y place, le Prêtre vit en réelle transparence du Mystère qui l’a « saisi » et dont il est devenu participant. Alors, l’identité sacerdotale n’est plus seulement une donnée
objective, à reconnaître sacramentellement, mais elle devient, progressivement, une évidence, pour le Peuple de Dieu qui reconnaît avec une intuition surnaturelle de tels prêtres, et pour le
ministre lui-même qui affirme, dans la simplicité et dans la fidélité de sa propre existence : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). La lassitude de la
mission dépend souvent de la faiblesse de l’identité sacerdotale : le juste refus du cléricalisme ne doit pas devenir une attitude de fléchissement, d’affaissement devant la sécularisation ; la
juste promotion des laïcs ne doit pas diluer et diminuer le caractère indispensable et le caractère spécifique du ministère sacerdotal, sans lequel il n’y a pas d’Eucharistie, sans lequel il n’y
a pas d’Eglise, et en conséquence, sans lequel il n’y a pas de mission.
Le 29 juin, l'Église nous invite à honorer à la fois Saint Pierre et Saint Paul. On ne peut les séparer. Ils sont les deux princes et piliers de l'Eglise et jamais la Tradition ne les a fêtés l'un sans l'autre. Saint Pierre était galiléen et pécheur, installé à Capharnaüm au bord du lac de Tibériade. Saint Paul était un juif de la Diaspora, de Tarse en Asie Mineure. Tous deux verront leur vie bouleversée. Simon devenu Pierre laisse ses filets et sa femme pour suivre Notre Seigneur Jésus-Christ. Saul, devenu Paul se met à la disposition des Gentils : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi ». Malgré son triple reniement au jour de la Passion, Saint Pierre est confirmé comme chef des Apôtres et chef infaillible de l'Unique Église du Christ : « Tu es Pierre et sur cette pierre, Je bâtirai Mon Eglise » (Matthieu 16, 18) ; « J'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas » (Luc 22, 32).
« Souvent, Seigneur, Ton Église nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toute part. Et dans Ton champ, nous voyons plus d’ivraie que de bon grain. Les vêtements et le visage si sales de Ton Église nous effraient. Mais c’est nous-mêmes qui les salissons ! C’est nous-mêmes qui te trahissons chaque fois, après toutes nos belles paroles et nos beaux gestes. Prends pitié de ton Église : en elle aussi, Adam chute toujours de nouveau. Par notre chute, nous Te traînons à terre, et Satan s’en réjouit, parce qu’il espère que Tu ne pourras plus Te relever de cette chute ; il espère que Toi, ayant été entraîné dans la chute de Ton Église, Tu resteras à terre, vaincu. Mais Toi, Tu Te relèveras. Tu T’es relevé, Tu es ressuscité et Tu peux aussi nous relever. Sauve Ton Église et sanctifie-la. Sauve-nous tous et sanctifie-nous » (Son Eminence le Cardinal Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, "Méditations du Chemin de Croix" - 9ème station - 2004)
TEXTES LITURGIQUES (SS. PETRI ET PAULI, APOSTOLORUM - AD MISSAM IN DIE)
- Actes 12, 1-11 : Emprisonnement de Saint Pierre
- Psaume 34, 2 : Je veux bénir le Seigneur en tout temps
- 2 Timothée 4, 6-18 : J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course
- Matthieu 16, 13-19 : Profession de Foi et Primauté de Saint Pierre
Introït de la Messe : "Nunc scio vere"
Liens : Homélies de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI (2005) + (2006) + (2007) + (2008) + « Marie, soutien de notre foi », par Mgr Luciano Alimandi + Marie, Mère de l’Eglise + Litanies de Saint Pierre + Textes de la liturgie romaine (1568 - 1962 - 1970) + J'ai combattu le bon combat (30 juin - Bréviaire 1955 - Saint Paul)
+ Le 29 juin, l'Eglise nous accorde une indulgence plénière
! + Tu es Petrus + Le Père Cantalamessa (Prédicateur Pontifical) invite les catholiques à se
réconcilier avec leur Eglise (2008) + Pourquoi je reste
dans l'Eglise (Cardinal Ratzinger) + C’est Pierre qu’il faut écouter ! + « De l'Église, vous êtes le visage jeune » (Benoît XVI - 15 juin 2008) +
« L'Église est militante et par conséquent dans une lutte continuelle »
(Saint Pie X) + « L'opinion de la terre ne t'a pas égaré », par Saint Léon le Grand + « Seigneur, Tu sais tout : Tu sais bien que je T'aime ! », par Saint Augustin + L’opposition au Magistère
Pétrinien empêche l’unité des chrétiens, par L'Abbé Nicola Bux et l’Abbé Salvatore Vitiello + Le service de la Primauté pour l’unité de l’Eglise, par l’Abbé Nicola Bux et l’Abbé
Salvatore Vitiello + « Notre Eglise est
l'Eglise des saints... » (Bernanos) + Eglise du Christ, Eglise catholique..., par Mgr Fernando Ocariz + Hymne du Saint-Siège + « L’Eglise connaît deux vies… » (Saint Augustin)
+ L'Eglise, notre Mère !
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