La grande période des “années de fer” caractérisée par un long et désastreux hiver liturgique serait passée, entend-on çà et là. Les abus les plus graves seraient derrière nous. Les jeunes prêtres semblent retrouver l’intérêt pour les choses liturgiques que leurs aînés avaient perdu. Dans des paroisses de plus en plus nombreuses, là où des prêtres fraîchement ordonnés sont nommés, nous voyions refleurir telle ou telle pratique traditionnelle oubliée : ici, on rétablit, de temps en temps, un bout de grégorien ; là, on remet à l’honneur la procession de la Fête-Dieu ; dans telle paroisse, on cesse d’organiser des rondes d’enfants autour de l’autel et l’on chante des cantiques plus axés sur la foi que sur les “bons sentiments” tiers-mondistes ; dans telle autre, on rétablit par-ci par-là, dans la célébration, des moments de silence et de calme, etc.

 


Tout cela certes est très positif, et démontre que décidément, la pastorale liturgique qui est celle de l’Église de France depuis plus de quarante ans est bien loin d’étancher la soif spirituelle des rares fidèles qui n’ont pas encore cessé toute pratique. On pourrait se réjouir de cet apparent - et fragile - “renouveau”. Modérons toutefois notre joie. Car entre rétablir ici ou là tel ou tel fragment de l’authentique liturgie et voir cette authentique liturgie véritablement refleurir, il y a une marge, pour ne pas dire un fossé énorme. Nos “célébrations” deviennent certes un peu moins loufoques et un peu moins chaotiques qu’auparavant - ce qui, d’ailleurs, est encore loin d’être la tendance majoritaire dans l’Église de France, comme le montrent des myriades d’exemples -, mais elles n’en demeurent pas moins de pathétiques contrefaçons de ce que devrait être - de ce qu’est - une liturgie authentique.

 

 

Combien de prêtres, pourtant jeunes et de bonne volonté, ne comprennent-ils toujours pas, malgré les efforts dont ils font preuve, que la Liturgie est d’abord quelque chose que l’on reçoit avec respect dans son intégralité et que l’on transmet avec fidélité et par l’exemplarité, et non une sorte d’édifice délabré en chantier permanent, dont il faudrait se contenter de colmater les fissures et les lézardes ? Qu’elle est, non pas un amas instable de chants et de gestes interchangeables, mais un tout cohérent dont il faut respecter l’unité, la cohésion interne : un tout cimenté par la plus haute théologie et enraciné dans la tradition la plus ancienne remontant aux origines mêmes du christianisme ?

 


Ce n’est donc pas en rétablissant telle ou telle pratique - si louables les initiatives de ce genre soient-elles - que l’on parviendra à lancer un réel renouveau de la vie liturgique dans notre pays, mais en rétablissant d’abord et avant tout l’esprit de la liturgie ; cet esprit qui permet à l’homme qui prie d’avoir conscience qu’il s’inscrit dans un ordre cosmologique et théologique qui le dépasse, sur lequel il n’a aucune prise, et qui seul, d’une certaine manière, peut le mettre en condition pour faire une véritable expérience de Dieu. Tant que cet esprit fera défaut, nos célébrations ne pourront être, malgré tout le déploiement de notre bonne volonté, malgré le rétablissement de certains rites, que des semblants de liturgie, que des coquilles vides sans aucune consistance spirituelle réelle à long terme.

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