1- L’usage du latin : "La transsubstantiation, mystère de foi inaccessible aux sens, peut dans une certaine mesure être éclairée par la théologie, fides quarens intellectum. Mais elle reste un mystère, et il est bon de le souligner. L’emploi du latin, que ce soit dans l’ancien ou dans le nouveau missel, peut être un moyen de mettre en relief ce caractère sacré et mystérieux, comme un voile léger qui fait qu’on ne touche pas à main nue le mystère. (…) On pourrait comparer l’usage du latin à celui par nos frères orientaux de l’iconostase. Celle-ci souligne de façon éloquente le caractère éminemment transcendant et mystérieux de ce qui s’accomplit durant la célébration." (p. 24-25)

 


2- L’homme moderne recherche le sacré : "Il est probable que dans une célébration de la messe selon l’ancien missel, il est d’emblée plus visible que la messe est un acte du Christ et non des hommes, et que son caractère mystérieux et mystagogique est perceptible de façon plus immédiate. L’homme moderne, dans une civilisation technicisée à outrance, recherche le sacré qui lui est manifesté et rendu présent par le mystère." (p. 26-27)
 


3- L’offertoire de la forme ordinaire : "L’offertoire de la forme ordinaire souligne, et c’est heureux, que la matière du sacrifice provient de la création et du travail des hommes. Le pain et le vin, du fait de l’art et du labeur que requiert leur fabrication, représentent d’une certaine manière toute l’activité humaine, offerte à Dieu pour sa gloire. Le vénérable Pie XII l’avait déjà signalé : ‘’Le travail de l’homme et le fruit de ses efforts servent à l’action de grâces et à l’adoration, à l’expiation et à la prière ; ils préparent la matière qui sera convertie en nourriture et en boisson pour la vie de l’âme. C’est toute la vie humaine qui reçoit un sens religieux et une consécration.’’ Néanmoins, il est clair que ce ne sont pas le pain et le vin simpliciter qui sont offerts à Dieu, mais le pain et le vin en tant qu’ils seront, par la mystérieuse conversion eucharistique, transsustantiés au Corps et au Sang du Seigneur.’’ (p. 28-29)
 


4- L’offertoire de la forme extraordinaire : "Dans l’ancien offertoire, par le phénomène liturgique de la prolepse, on anticipe la conversion eucharistique pour offrir à Dieu non plus le pain et le vin, mais la divine Victime que l’on a déjà en vue comme sacrifice de propitiation. (…) La prière pour l’oblation du calice met également bien en lumière deux vérités importantes, celle de l’universalité du salut qui nous a été acquis par le Christ, et d’autre part que le sacrifice de la messe applique ce salut aux âmes." (p. 29-30)
 


5- Le caractère sacrificiel de la messe : "Comme l’affirme infailliblement le concile de Trente, la messe est réellement un sacrifice propitiatoire, offert pour les vivants et pour les morts. Nul ne songe à soutenir que la forme ordinaire va à l’encontre de cette affirmation dogmatique; cependant, il est clair que la forme extraordinaire met beaucoup plus en lumière cette notion si importante, comme en témoigne par exemple la prière Suscipe… La prière Placeat tibi, après la bénédiction finale, manifeste également cette vérité dogmatique…" (p. 31)
 


6- L’importance de la notion de sacrifice : "Ceci est capital, spécialement de nos jours où règne une grande confusion. Chez un nombre non négligeable de fidèles, les fins dernières sont souvent ignorées, des notions comme la métempsychose sont parfois acceptées sans difficulté, l’idée même d’un sacrifice offert pour la rédemption des péchés n’est plus acceptés. Cela découle sans doute, comme l’avait diagnostiqué le bienheureux Jean-Paul II, d’une perte du sens du péché. Citant le vénérable Pie XII, il disait : ‘’Le péché de ce siècle est la perte du sens du péché.’’ Dans le deuxième tome de son ‘’Jésus de Nazareth’’, le pape Benoît XVI a bien montré, à l’encontre de certaines conceptions théologiques d’aujourd’hui, que l’institution de l’Eucharistie au soir de la dernière Cène se situe bien dans le cadre précis d’un sacrifice d’expiation pour les péchés de la multitude. Il est urgent d’en redonner le sens dans la catéchèse sur la messe." (p. 32-33)
 


7- L’importance des fins dernières : "Comme il est urgent de redonner aux fidèles le sens des fins dernières, de la gravité de la vie humaine, qui est en dernière analyse un choix pour ou contre Dieu. Il est urgent de rétablir ce grand courant de charité entre l’Église militante et l’Église souffrante, en enseignant aux fidèles que leurs défunts ne vont ni nécessairement ni toujours immédiatement, et qu’il est de leur devoir de prier pour le salut et le repos de leurs âmes, ainsi que pour toutes les âmes du purgatoire. Il est important de leur enseigner que le saint sacrifice de la messe est le moyen le plus puissant pour soulager et délivrer les âmes du purgatoire. Certaines prières de l’ancien missel peuvent aider à mettre mieux en lumière ces notions." (p. 33-34)

8- Le silence et la participation active : "À propos de la participatio actuosa, cette participation active recommandée par le Concile, le Saint-Père a fait observer : ‘’Le recueillement et le silence, au moins quelques minutes avant le début de la liturgie, le jeûne et, lorsque cela est nécessaire, la confession sacramentelle, favorisent, par exemple, cette disposition intérieure.’’ La participatio actuosa ne se traduit pas nécessairement en des gestes ou en des paroles. La vraie participation active est celle du cœur, celle qui engage tout l’être de l’homme et qui se traduit par un intense recueillement intérieur, qui n’a pas toujours besoin de s’extérioriser. L’ancien missel favorise sans doute une participatio actuosa plus intérieure que le nouveau.’’ (p. 36)

 


9- Redécouvrir le silence de l’ancien missel : "L’ancien missel est beaucoup plus riche sous ce rapport. L’offertoire y est entièrement en silence, ainsi que le Canon. Cela pourrait inspirer l’introduction dans le nouveau missel de temps de prière silencieuse plus nombreux ou plus longs. Le cardinal Ratzinger avait déclaré en 1978, et il l’a redit dans l’Esprit de la liturgie, ‘’qu’il n’y a rien d’obligatoire à réciter le Canon en entier à haute voix.’’ Il proposait que le prêtre prononce à haute voix les premiers mots des diverses prières, en sorte que chacun puisse s’unir à la récitation silencieuse de la Prière eucharistique." (p. 38-39)
 


10- La différence entre le sacerdoce commun et le sacerdoce hiérarchique : "De nos jours, il règne souvent une grande confusion quant à la différence entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce hiérarchique, différence qui n’est pas que de degré mais qui est ontologique. (…) L’ancien missel manifeste sans doute plus fortement que le nouveau cette différence entre les deux formes de sacerdoce. (…) Il y a tout d’abord deux confessions des péchés, celle du célébrant et celle des fidèles. (…) De même, il y a dans l’ancien missel une différence plus nettement marquée entre la communion du prêtre et celle des fidèles… Certaines traductions liturgiques du nouveau missel accentuent cet effacement de la distinction des deux sacerdoces. (…) Le nouveau missel pourrait s’inspirer de l’ancien pour mieux manifester la distinction des deux types de sacerdoce." (p. 43-46)
 


11- L’ajout des nouveaux saints : "Il semble indispensable que l’ancien missel s’enrichisse également des fêtes des nouveaux saints, et il y en a eu beaucoup depuis la réforme liturgique. Les messes des nouveaux saints pourraient être prises parmi les messes du Commun, mais avec des oraisons propres, qui seraient communes à l’ancien et au nouveau missel. (…) L’ancien missel pourrait également accueillir avec fruit de nouvelles Préfaces (…) Le nouveau missel, lui, pourrait reprendre l’Octave de la Pentecôte : c’est un peu dommage de devoir reprendre les ornements verts dès le lundi de la Pentecôte." (p. 48-50)
 


12- La réception de la sainte communion : "Mais il me semble en revanche de la plus haute importance de réintroduire l’usage, là où il a disparu, parfois sous la pression des clercs eux-mêmes, de la communion à genoux et dans la bouche. Cela correspond à la pensée et à la pratique du Saint-Père Benoît XVI. Le nouveau missel prévoit expressément que les fidèles doivent se mettre à genoux lors de la consécration (…) L’instruction Memoriale Domini a réaffirmé que la norme générale pour la réception de la sainte communion demeure la réception dans la bouche, la réception dans la main n’étant qu’un indult, pour prévenir des abus qui s’étaient déjà introduits. (…) Au cours des célébrations selon l’ancien missel, il est constant que les fidèles communient à genoux, sauf empêchement, et dans la bouche. Cet exemple peut être bénéfique pour les fidèles habitués au nouveau missel." (p. 51-53)
 


13- Les marques de respect envers la sainte Eucharistie : "Les rubriques de l’ancien missel contiennent à cet égard de grandes richesses, dont le nouveau missel pourrait avantageusement s’inspirer. Ainsi, par exemple, le prêtre doit génuflecter avant et après à chaque fois qu’il touche l’hostie consacrée ou qu’il découvre le calice, il doit garder les extrémités du pouce et de l’index joints depuis la consécration jusqu’aux ablutions, le calice ne doit jamais sortir du corporal tant qu’il n’a pas été purifié, on accorde plus d’importance aux prières du prêtre avant la communion, etc. La multiplication, on pourrait dire le foisonnement, de ces marques de respect envers la sainte Eucharistie est une prédication silencieuse, mais très éloquente, de la foi de l’Église en la présence de son Seigneur sous les saintes espèces." (p. 53-54)
 


14- Le but du Motu Proprio Summorum Pontificum : "Dans le motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 et dans un esprit de réforme, le pape Benoît XVI a étendu la possibilité de célébrer la messe selon le missel de 1962, dernière édition du missel dit de Saint Pie V, publié avant le Concile par le Bienheureux Jean XXIII. Il donnait ainsi un cadre normatif précis à ce qu’il appelle désormais la ‘’forme extraordinaire’’ de l’unique rite romain. Comme on l’a dit, le Saint-Père ne prétendait pas seulement, par ce geste, réparer une injustice : n’avait-on pas interdit l’usage d’un missel qui n’avait pourtant pas été juridiquement abrogé ? Mais, avec pédagogie, il entendait réduire l’écart que l’on pouvait enregistrer dans la pratique, entre le missel tel qui avait été réformé par le pape Paul VI en 1969 et la créativité ‘’à la limite du supportable’’ (…) Aussi il me semble que la cohabitation ainsi instaurée dans l’Église latine entre les deux Missels pourrait bien avoir pour conséquence pratique, par l’enrichissement mutuel qu’elle appelle, de mieux mettre en lumière leur continuité. Ces dispositions ne pourront que servir à la mise en application de la Constitution Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II sur la sainte liturgie, qui a précisément inspiré la réforme de 1969, en recueillant les fruits du Mouvement liturgique sagement guidé par les Pontifes romains, à commencer par saint Pie X et le vénérable Pie XII.’’ (p. 7-9)


Source : Marc Aillet, La Liturgie de l'Esprit. Éditions Artège, 2012, Perpignan, 62 pages

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