Au lendemain de Vatican II, le clergé français à bien fait comprendre que le latin, le grégorien, la dignité, la soutane, le maître-autel, les tables de communion, les confessionnaux, l'encens, les cierges, les servants de messe... tout ça, c'était fini. C'était du passé…

 
 
 
 
Dans les séminaires diocésains, en vu de préparer l'Eglise de demain, celle dont on rêvait, on n'a plus appris ni le latin, ni la liturgie, ni le chant grégorien à ceux qui se destinaient au sacerdoce. C'était devenu inutile d'apprendre ces choses-là, puisque ces "vieilleries" appartenaient désormais à un passé qui, disait-on, ne reviendrait jamais plus... A la place, on a mis des "messes anticipées du samedi soir", des "absolutions collectives", des "célébrations à thèmes", des "messes-rock"... La demande des fidèles était importante, disait-on, ce qui était assurément un signe de renouveau dans l'Eglise. Et puis, ce dont on croyait s'être débarrassé est revenu. Dans des petites communautés plus ou moins marginalisées d'abord, puis dans des groupes plus affirmés ensuite... Le Cardinal Ratzinger avait bien vu venir les choses. Qu'on relise ses livres : on y trouve expliquées les raisons de la crise liturgique et du désarroi des fidèles et l'on y trouve des solutions pour surmonter la crise. Mais le clergé français, engoncé dans ses certitudes pastorales, n'a ni lu ni écouté Ratzinger. Ou s'il l'a lu et écouté, c'était pour le critiquer : en France, on sait les choses bien mieux qu'à Rome ! Alors la crise s'est accentuée : il y a eu Saint-Nicolas-du-Chardonnet, le Barroux, l’affaire lefebvriste, l'émergence de communautés diverses s'attachant à restaurer une forme du rite romain permettant de retrouver la dignité qu'on avait chassée des liturgies paroissiales, les nouveaux mouvements attachés à la contemplation… Affolement du clergé français qui n'avait pas prévu un tel revirement de la situation. La Liturgie d'avant Vatican II, que les clercs s'étaient employés à chasser des églises par la grande porte, était en train de revenir par les fenêtres de sacristies. Et puis le Cardinal Ratzinger, qui avait beaucoup parlé et publié sur la liturgie, mais qu'on n'avait guère écouté, devient pape. De quoi ébranler quelque peu certaines mitres françaises déjà peu disposées à suivre les raisonnements de celui qu'elles traitaient en catimini de "Panzerkardinal". Benoît XVI, fidèle à lui-même, envisage donc d'aborder la question liturgique de façon plus approfondie : car pour lui, la Liturgie et la Foi sont étroitement liés ensemble. Il commence par expliquer que s'il y a des problèmes, c'est parce que le Concile Vatican II a souvent été mal compris. Puis il signe l'Exhortation Sacramentum Caritatis et promet un Motu proprio dont le but sera la résorption - dans la mesure du possible - de la crise engendrée, en partie, par la question liturgique. Aussitôt une bonne partie du clergé français monte aux créneaux : ceux qui, depuis 40 ans, sont devenus les champions de toutes les liturgies fantaisistes, refusent catégoriquement le retour à la Liturgie d'avant Vatican II, au nom de leur fidélité au Concile... qu'ils sont les premiers à n'avoir jamais suivi. Ce que tout le monde sait et peut constater.
 
Curieusement, dans les rangs de l'épiscopat français, on n'entend pas grand-chose au sujet de l'Exhortation Sacramentum Caritatis. Ce qui dérange bien davantage les pasteurs diocésains et leurs états-majors, c'est l'annonce du Motu proprio... Impensable ! Intolérable ! Hors de question... laisse-t-on entendre dans les rangs de la bien-pensance cléricale. Et il se trouve soudains des prêtres français pour expliquer au pape qu'il n'a jamais rien compris aux questions liturgiques, et qu'en France, il n'y a plus de gros problèmes sur cette question. Plus de problèmes ? Il y a cependant Reims, Niafles (attaque de l’église en 2 vidéos), Bordeaux, Nanterre... et bien d'autres endroits dont on ne parle pas pour ne pas donner l'image d'une Eglise en ébullition. Et puis il y a les églises vides, qu'on démoli parce qu'elles ne sont plus utilisées. Mais de ça, il ne faut pas parler. Dans un tel contexte, quelle peut alors être la "stratégie" de Benoît XVI ? Ne rien publier en hâte et simplement attendre : attendre patiemment que les évêques français, totalement dépassés par les événements liturgiques, incapables de régler les problèmes dans leurs diocèses, viennent frapper aux portes du Vatican pour demander au pape... de les aider à sortir de la situation dans laquelle ils se sont mis, bien sûr ! 
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