Si, au moment d’envoyer ses disciples dans le monde, le Seigneur leur avait donné une liste des problèmes sur les rapports qu’ils auraient dû avoir avec les sociétés et les cultures, les pauvres, ils auraient fui ! Mais cela ne s’est pas passé de cette manière. Ils devaient « seulement » annoncer que Dieu était venu au milieu de nous, guérir les malades, chasser les démons, donner gratuitement ce qu’ils avaient reçu…

 
 
 
Les Conciles de l’Eglise, eux aussi, ne se sont pas occupés d’autre chose, si ce n’est de l’approfondissement de la foi en la personne de Jésus pour amener le monde à Dieu. A dire vrai, la tentation d’un « ecclésio-centrisme » mal compris - pour rester dans un langage contenu - est dur à mourir : elle fait croire à des chrétiens ‘’conciliaires’’, que le Concile Vatican II a fait naître « un nouveau vocabulaire ecclésial ». Voilà un exemple typique de lecture de l’état du monde et des tâches de l’Eglise « à la lumière du Concile » - un refrain qui est devenu désormais une obligation - que l’on rencontre chez ceux qui sont chargés des travaux entre les Eglises, et dans ce cas, un des nombreux responsables soi-disant « bien informés » et modernes : « Une manière différente de considérer le dialogue avec le monde contemporain, avec la société, avec les cultures, avec les sciences, avec les hommes et les femmes de notre époque. Depuis le Concile, on a vu naître des débats, des confrontations même, et même le schisme qui s’est produit en 1988 » -celui de Mgr Lefebvre. Et puis, le scandale inouï : « Des dizaines de théologiens ont été désavoués, relevés de l’enseignement, réduits au silence, et même dans certains cas, expulsés ou contraints à sortir eux-mêmes de l’Eglise, parce que leurs recherches, leurs livres, leurs enseignements, tout en partant du Concile, voulaient ouvrir des voies nouvelles, pas toujours appréciées, pas toujours claires ».
 
Comme si, avant le Concile, l’Eglise ne vivait pas dans la réalité, comme si l’époque patristique, les théologiens du Moyen Age et les Saints modernes n’avaient pas connu les débats et les confrontations vives. Quant aux « soi-disant » théologiens « réduits au silence », l’affirmation est véritablement incroyable : étant donné, par exemple, que Leonardo Boff a à peine écrit un livre contre la pensée et la personne du Pape. L’important, dans ces cas, c’est que l’on parle « en partant du Concile » ; et en effet, il s’agit seulement d’un point de départ, pour parler ensuite de toute autre chose, et non pas certes de ce que le Concile a vraiment dit. Pour beaucoup, ce n’est pas ce que le Concile Vatican II a réellement affirmé qui compte, mais l’interprétation à donner au Concile : on a tendance en général à le considérer comme une « nouvelle création », raison pour laquelle le rôle de l’Eglise dans le monde consiste surtout à « dénoncer les injustices et à s’engager dans le domaine social », au nom de la foi, sans se demander auparavant ce qu’est la foi, sans se préoccuper du silence sur l’espérance qui ne dépasse pas cette terre ! Mais quelle vertu théologale serait-elle si elle ne valait que pour ce monde ?
 
Il semble que, pour ceux qui sont chargés des travaux, « l’esprit du Concile », dont on parlait jusqu’à des temps récents, ait laissé la place à un fantôme « globalisé et globalisant » qui se répand dans l’Eglise de tous les continents et apporte avec lui des questions précises et inévitables : quelle forme de dialogue entreprendre avec les nombreuses sociétés, cultures et religions ? Est-ce que l’Eglise, jusqu’à présent, s’est efforcée de trouver la volonté de Dieu ? et ils insistent en disant « qu’il faudra qu’elle s’engage pour que le monde devienne moins injuste ». Il faut dire en toute vérité que le bon peuple chrétien savait que, dans l’Eglise répandue dans le monde, soufflait l’Esprit Saint et que, si quelqu’un y travaillait de manière « parallèle », il ne s’agissait pas d’un fantôme, mais que c’était « le diable... comme un lion rugissant » (cf 1 Pierre, 5, 8). Le peuple chrétien sait en outre que l’unique mandat du Christ à l’Eglise est le dialogue, c’est vrai, mais celui du salut, qui parle de Dieu, ou encore en un mot, l’Evangile ; un dialogue toujours nouveau à chaque génération comme le rappelle « Evangelii Nuntiandi » de Paul VI, ou la Nouvelle Evangélisation de Jean Paul II. C’est là la tâche permanente de l’Eglise : celle de guérir l’homme de son péché, non pas avec des recettes aléatoires à la mode ou avec l’activisme, mais avec le remède d’immortalité qu’est le Christ, qui guérit et ressuscite les hommes de toutes les générations, et qui, sans cela resterait malade et mourrait. Cela n’a été « inventé » par aucun Concile, et l’on ne pourrait inventer d’autre recette : cela était valable avant le Concile Vatican II, et vaudra à jamais. Le sens de l’interprétation correcte du Concile, qui a réalisé une réforme et non pas une rupture, est indiqué par le Pape Benoît XVI, et est valable à chaque époque et à chaque génération dans l’Eglise ; et ce n’est pas autre chose que la réalisation continue de la Parole du Verbe : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Apocalypse, 21, 5). La nouveauté authentique, actuellement, serait le dialogue entre la raison et la foi, s’il n’était pas en vérité une chose déjà ancienne : il remonte à l’évangéliste Jean qui a écrit : « Au commencement était le LOGOS », le Verbe, la Parole, la Raison à partir de laquelle sont faites toutes choses. L’Eglise lit le Concile, le comprend et le réalise à la lumière du « Logos » éternel qui existe dès le commencement et qui l’anime par l’Esprit Saint. Il n’existe pas d’autre esprit, même « conciliaire », qui puisse la guider. Ce ne serait seulement qu’un fantôme.
 

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