La seconde Encyclique de Benoît XVI, Spe Salvi, comprend une introduction suivie de huit chapitres. Les chapitres s'intitulent : La foi et l'espérance, Le concept d'espérance fondé sur la foi dans le Nouveau Testament et dans l'Eglise primitive, La vie éternelle, qu'est-ce que c'est ?, L'espérance chrétienne est-elle individualiste ?, La transformation de la foi-espérance à l'époque moderne, La vraie physionomie de l'espérance chrétienne, Lieux d'apprentissage et d'exercice de l'espérance, La prière, école de l'espérance, Agir et souffrir, apprentissage et exercice de l'espérance, Le jugement comme apprentissage et exercice de l'espérance, Marie, étoile de l'espérance...
 
 


La Rédemption, le salut selon la foi chrétienne, explique le Pape dans son introduction, n'est pas une simple donnée. La Rédemption nous est offerte car nous avons reçu l'espérance solide, grâce à laquelle nous pouvons faire face à notre présent qui, même s'il est difficile, peut être accepté et vécu parce qu'il nous vers un but assuré. Ce but est si grand qu'il mérite la fatigue du parcours. Parmi tout ce qui distingue les chrétiens, il y a le fait qu'ils ont une perspective. ILS SAVENT QUE LA VIE NE FINIRA PAS DANS LE VIDE ! L'Evangile n'est pas qu'une communication de connaissances mais la communication qui produit des faits changeant la vie. La porte obscure du temps et de l'avenir est ouverte toute grande et qui possède l'espérance vit diversement car une vie nouvelle lui a été assurée. L'espérance véritable, c'est parvenir à connaître Dieu, le Dieu véritable, ce que les premiers chrétiens tels les Ephésiens comprenaient parfaitement. Avant de rencontrer le Christ ils avaient de nombreux dieux mais vivaient sans espérance et sans la présence de Dieu. Pour les premiers chrétiens l'Evangile constituait une rencontre réelle avec Dieu, selon un schéma qui n'est pratiquement plus perceptible de nos jours.
Puis le Pape souligne que le message de Jésus n'a rien de socio-révolutionnaire comme pouvait l'être la révolte de Spartacus. Et il ne combattit pas pour une libération politique comme le fit Barrabas ou Bar Kobeká. Ce que Jésus a apporté est totalement différent, c'est une rencontre avec Dieu vivant, avec une espérance plus forte que les épreuves ou l'esclavage, qui transforme du dedans la vie et le monde, même si les structures demeurent apparemment identiques. Le Christ nous a véritablement libérés, affirme-t-il encore. Quoique esclaves de ce monde, des lois du hasard et de la matière, nous sommes libres parce que le Ciel n'est pas vide, parce que le Seigneur de l'univers est Dieu, parce qu'il s'est révélé comme Amour en Jésus-Christ. Le Christ est le philosophe parfait qui nous enseigne la réalité de l'homme et ce qu'il faut faire pour l'être vraiment. Il nous montre la voie de la vie par delà la mort, démontrant ainsi qu'il est le Maître de la vie. Lui nous offre l'espérance qui est attente et présence à la fois. L'existence de l'avenir change déjà le présent. Benoît XVI observe alors que nombre de personnes rejettent aujourd'hui la foi simplement parce que cette perspective ne leur semble pas souhaitable. La crise de la foi est avant tout celle de l'espérance chrétienne. Elles n'attendent plus le rétablissement du Paradis Perdu de la foi mais du progrès qui, à leur avis, permettra l'établissement du règne de l'homme. Leur espérance est une foi dans le progrès fondée sur la raison et la liberté, qui semble garantir par leur seule valeur intrinsèque une nouvelle société parfaite. Pour le Saint-Père, on trouve deux grandes étapes dans la concrétisation politique de cet espérance, la Révolution française et la Révolution marxiste. Face aux effets de la première, l'Europe des Lumières a du penser une nouvelle raison et une nouvelle liberté. Quant à la seconde, la prolétaire, elle n'a laissé derrière elle que désastres. L'erreur majeure du marxisme est d'avoir oublié l'homme et sa liberté, croyant que la refonte du système économique aurait tout résolu. La véritable erreur marxiste est son matérialisme. Puis le Pape conclut à l'évidence que l'homme a besoin de Dieu, car sinon il se prive d'espérance. Sa Rédemption ne peut simplement découler d'une structure extérieure. 

Benoît XVI indique ensuite les quatre espaces pour apprendre et pratiquer l'espérance, le premier étant la prière : Lorsque plus personne ne m'écoute, Dieu m'écoute, si plus personne n'est en mesure de m'aider, lui le peut encore. Et le Pape d'évoquer l'expérience du Cardinal Vietnamien Van Thuan qui fut incarcéré 13 ans dont 9 d'isolement. Dans une situation d'apparente désespérance absolue, à l'écoute de Dieu, et en lui parlant, il forgea son espérance. La souffrance permet également d'approcher l'espérance. Il faut bien sûr faire tout ce qui est possible pour la diminuer mais ce n'est pas fuir la souffrance qui guérit l'homme, mais sa capacité à accepter l'épreuve. En l'élevant on trouve son sens comme union au Christ qui souffrit pour un amour infini. Il est donc fondamental de savoir aussi souffrir pour autrui car une société qui n'accepte pas ceux qui souffrent n'est que cruelle et inhumaine. Le Jugement de Dieu est une autre espace d'apprentissage. La foi dans le Jugement final est avant tout espérance : il y a la résurrection, il y a la justice, l'abolition de la souffrance passée, le rachat qui rétablit le droit. Ici le Pape se dit convaincu que la question de la justice est essentielle, qu'elle est l'argument le plus fort en faveur de la foi en la vie éternelle. Il n'est effectivement pas possible que l'injustice de l'histoire ait le dernier mot. La grâce n'exclut pas la justice et les mauvais ne siègeront pas avec leurs victimes, comme s'il ne s'était rien passé.


commentaires

Matthieu 30/11/2007 14:04

Et merci Yves!

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