Rémi Brague, professeur de philosophie arabe à la Sorbonne, a accordé un entretien au quotidien italien « Avvenire » (“Brague: ai valori preferisco i beni”, 13 décembre 2007, p 29), dans lequel il déclare entre autres : « Ce qui me gêne, c’est parler des valeurs qui se font depuis plusieurs années dans le milieu catholique. Evidemment, les contenus des ces valeurs, je ne les mets pas en discussion, mais je note une certaine naïveté à employer ce terme qui est à la mode, mais qui est utilisé aussi, par exemple, par Nietzsche, qui n’était proprement pas un bon catholique. Je propose alors une sorte d’exercice : remplacer le terme « valeurs » par le terme « biens », au pluriel. La valeur existe dans la mesure où nous l’attribuons à une chose déterminée, et elle est donc subjective :
 
 
 
Nietzsche, dans « Ainsi parlait Zarathoustra », analyse ce problème, et dit que l’acte par lequel nous donnons de l’importance à la chose, a plus d’importance que la chose qui acquiert une valeur grâce à l’acte. Les catholiques doivent être attentifs à cela. Les biens, en revanche, sont objectifs, concrets, ils répondent à des besoins et on peut les partager. Dans le christianisme il n’y a rien qui soit bon seulement pour les chrétiens. L’Encyclique « Spe Salvi » rappelle les chrétiens, tentés comme ils le sont par le subjectivisme et par le relativisme (+) (+) (+) (+) (+), à cette objectivité, pour démontrer la nécessité de l’annonce évangélique. Jésus est venu simplement pour révéler à l’homme la Vérité sur le fait qu’il est homme, qu’il est Fils de Dieu qui est Père, le Bien suprême. Ne vous semble-t-il pas que cela peut être proposé à quiconque ? Le Baptême, qui donne un début à cette filiation, se présente donc comme un don et une initiation à la connaissance de la Vérité Divine. Ainsi, Jésus, après avoir demandé aux siens de faire des disciples de toutes les nations, les a invités à les baptiser. Certainement, le Seigneur ne s’est pas préoccupé d’analyser les défis - comme on aime à dire aujourd’hui - du monde païen, mais que l’homme soit libéré de la sujétion du Malin. Pour s’opposer à cela, l’analyse sociologique ne sert pas, mais la "puissance" de l’Evangile, capable de faire fuir Satan et de sauver chaque homme est l'unique étendard (cf. Romains 1, 16). Les chrétiens doivent, comme Saint Paul, être conscients que la Parole s’est faite chair et "contient" la plénitude de la divinité, en mesure de sauver et de guérir tout homme qui se convertit. Alors, un peu plus des énergies et des ressources économiques, employées par des organisations catholiques pour les valeurs, dans les symposiums sur la paix et sur la non-violence, ne mériteraient-elles pas d’être utilisées dans la diffusion de l’Evangile ? Il est temps, probablement, de cesser de subir le chantage d’un pouvoir qui finance les activités naturelles, seulement si elles sont « neutres », c’est-à-dire si elles se taisent sur le Christ, en parlant à la rigueur de toute autre culture ou religion. Avec tant de paroles sur la Parole, ne savons-nous pas que, de sa connaissance et de sa pratique, dépend le changement de l’homme, et donc de toutes les autres choses ? Et pourtant, il y a des gens, même chez les prêtres, qui font l’éloge des non-pratiquants et des non-croyants qui arrivent à l’église pour assister à des funérailles et à des mariages, parce que ce ne sont pas des bigots, à la différence des paroissiens qui vont chaque soir à la Messe ! Qu’est-ce que l’évangélisation pour ceux-là ? Certes, le choix d’embrasser l’Evangile et d’aimer Dieu qui s’est révélé en Jésus-Christ, n’a de sens que s’il est fait en toute liberté. Nous savons tous, qu’il n’y a aucun plaisir à être aimés de force. Notre consolation nous vient seulement quand la personne que nous aimons répond à notre amour dans une liberté et une autonomie absolues. C’est là le risque que Dieu a pris en donnant à l’homme l’intelligence et la volonté libre. Autrement, l’amour n’aurait pas été libre, et il n’aurait donc pas été amour. Mais cela ne dispense pas de proposer Jésus-Christ !
 
Ce Jésus-Christ dont les premiers chrétiens persécutés n’eurent pas peur de montrer les initiales grecques X(ch) et P(r) di XPISTOC, souvent associées avec l’Alpha et l’Oméga qui, dans l’Apocalypse : « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier… » indique que le Verbe est Créateur, et celui qui récapitule le cosmos et l’histoire. Oui, ce « chrismon » qui orne encore les habits liturgiques, souligné par les Bénédictins comme « Pax », parce qu’Il est la vraie paix. Un étendard qui rappelle Jésus-Christ, la Confirmation, la Messe Chrismale, l’onction, la mission qui, pour les chrétiens, à commencer par les jeunes, est essentielle : sans le Seigneur, il n’y a pas de paix dans le cœur de l’homme ni autour de lui. « Ubi Deus, ibi Pax » dirait Saint François. Voilà pourquoi annoncer l’Evangile est une nécessité (1 Corinthiens 9, 16-18).
 

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