Le temps du Carême devrait marquer pour chaque chrétien un tournant dans son chemin, en accentuant ce changement de pensée et de vue qui devient quotidien chez celui qui veut suivre vraiment Jésus. Dans l’Evangile, la parole « quotidien » se trouve de nombreuses fois, par exemple en parlant des exigences pour être disciples, le Seigneur déclare : « chaque jour » il faut prendre sa propre croix pour Le suivre (cf. Luc 9, 23). « Chaque jour » est synonyme de « totalité », de don qui, précisément parce qu’il est « quotidien », se renouvelle et ne se fragmente pas, ne s’affaiblit pas. Tout comme l’eau vive, qui, en s’écoulant sans cesse, reste fraiche et limpide, il en est de même pour la vie spirituelle : elle se maintient vive en puisant sans cesse à la grâce qui jaillit de Jésus. En ce sens, nous pouvons bien comprendre la nécessité de « prier sans cesse ».

 
 
 
Une grande tentation dans la voie de la conversion est celle de s’arrêter, de « stagner » : on reste les mêmes que toujours, on ne se renouvelle pas, en se faisant illusion soi-même, et les autres avec, avec un « christianisme » fait d’habitudes et de « buts atteints ». Le chemin du Carême invite à enlever ces illusions, la parole de Jésus se fait entendre plus forte que jamais : « convertissez-vous et croyez à l’Evangile ». La conversion, pour être authentique, ne doit pas s’arrêter ; le chrétien authentique fait l’expérience de la dynamique de la conversion, qui est comme un chemin que l’on parcourt derrière Jésus, qui ne peut s’interrompre, parce que, au plan spirituel, si l’on s’arrête, on retourne en arrière ! « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu » (Luc 9, 62). Pour ne pas interrompre sa propre conversion, c’est-à-dire le chemin qui fait « devenir » chrétiens, il n’y a pas d’autre possibilité que de se convertir quotidiennement : chaque jour, renoncer à soi-même, à ses propres ambitions, avec la force dynamique de l’amour. L’égoïsme a sa propre dynamique, qui est elle aussi quotidienne et qui pousse à rechercher la satisfaction du « moi ». C’est seulement en se donnant entièrement au Seigneur, jour après jour, que le disciple ressemblera toujours plus à Son Maître, et sera dans la joie, dans la lumière, dans l’amour. Si le chrétien se plaint de ne pas posséder la joie, la lumière, l’amour, il ne lui reste alors qu’à faire un profond examen de conscience pour découvrir ces milieux où prévaut la force de l’égoïsme sur la dynamique de la conversion. Dieu n’est pas avare de Lui, lent à Se donner, mais c’est toujours l’homme qui l’est, comme le décrit si bien Sainte Thérèse d’Avila : « Si nous possédions parfaitement le véritable amour de Dieu, nous aurions en même temps toutes sortes de biens. Mais nous sommes tellement avares et tellement lents à nous donner à Dieu, que nous ne nous disposons jamais à nous mettre dans les dispositions pour le recevoir, en raison du fait aussi qu’il est tellement précieux, que le Seigneur exige qu’il ne soit pas goûté si ce n’est à un prix cher » (Vita, cap. 11, n° 1). Cela coûte beaucoup de mourir à soi-même, mais l’on obtient aussi le résultat le plus grand : faire vivre Jésus en nous. D’ailleurs, une dynamique de conversion n’est pas possible, si elle n’implique pas un « renoncement de soi-même » quotidien, destiné précisément à vivre pour Jésus. La parole de Dieu nous indique clairement que c’est seulement à ceux qui se perdent eux-mêmes, qui se donnent entièrement à Dieu, qui réussissent vraiment à Le trouver, à Le « goûter » dès ici-bas : « Tu rechercheras Yahvé ton Dieu ; et tu, le trouveras si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme » (Deutéronome 4, 29).
 
Le chemin du Carême est donc un chemin de don et d’abandon à Dieu, qui culmine dans la Pâque avec une nouvelle naissance en Jésus. Le Saint-Père, le Pape Benoît XVI, décrit cette dynamique avec ces paroles lumineuses : « L'invitation de Jésus à prendre notre croix et à le suivre peut, dans un premier temps, apparaître dure et contraire à ce que nous voulons, mortifiante pour notre désir de réalisation personnelle. Mais en regardant de plus près nous pouvons découvrir qu'il n'en est pas ainsi: le témoignage des saints démontre que dans la Croix du Christ, dans l'amour qui se donne, en renonçant à la possession de soi-même, se trouve cette profonde sérénité qui est source de généreux dévouement envers nos frères, en particulier les pauvres et les indigents. Et cela nous donne de la joie à nous aussi. Le chemin quadragésimal de conversion, que nous entreprenons aujourd'hui avec toute l'Eglise, devient donc l'occasion propice, "le moment favorable" (cf. 2 Co 6, 2) pour renouveler notre abandon filial entre les mains de Dieu et pour mettre en pratique ce que Jésus continue à nous répéter: "Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il e suive" (Mc 8, 34), et qu'il avance ainsi sur la route de l'amour et du bonheur véritable… Demandons à la Vierge, Mère de Dieu et de l'Eglise, de nous accompagner sur le chemin quadragésimal, pour qu'il soit un chemin de conversion véritable. Laissons-nous guider par Elle et nous parviendrons, intérieurement renouvelés, à la célébration du grand mystère de la Pâque du Christ, révélation suprême de l'amour miséricordieux de Dieu » (Benoît XVI, Audience générale du mercredi 6 février 2008)
 

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