Dès que des fidèles bien intentionnés se réfèrent aux textes du Concile pour freiner l'ardeur de ceux qui transforment et modifient la liturgie au point de souvent la démolir, on évite de les écouter. Même en haut-lieu - même dans les instances diocésaines - on esquisse un sourire comme pour dire que ces textes n'ont qu'une valeur toute relative et que le Concile, après tout, n'a de réelle autorité que si l'on en saisi l' "esprit"…

 

 

 

Les fidèles ont beau rappeler que le Concile a clairement enseigné qu'en liturgie, personne - pas même un prêtre - n'avait le droit d'omettre, d'ajouter ou de modifier quoi que ce soit... c'est peine perdue. Bien des clercs qui ne manquent jamais une occasion de rappeler leur fidélité à Vatican II, restent sourds dès qu'on leur demande de respecter la liturgie issue de ce même Concile, un peu comme si la Constitution Sacrosanctum Concilium et le Missel romain n'avaient d'intérêt que lorsqu'ils peuvent leur servir d'alibi pour une pastorale liturgique dont tout le monde mesure les effets dévastateurs. Car en réalité, si l'on étudie tout ce qui s'est dit et fait au cours des quarante dernières années, on constate que presque toutes les expériences qui ont abouti à la subversion de la liturgie se sont toujours faites sous couvert du Concile : on n'a jamais manqué d'invoquer l' "esprit" de Vatican II, ou encore la "dynamique conciliaire" pour faire n'importe quoi, pour justifier n'importe quelle désobéissance. Et des désobéissances, y en a eu ! Tellement qu'elles sont aujourd'hui largement entrée dans les habitudes. Dans une paroisse, il suffit que quelqu'un prononce le mot magique "Vatican II" pour qu'aussitôt l'autorité diocésaine lui permette de faire n'importe quelle expérience pastorale et applaudisse à n'importe quelle célébration hors normes. Et cela sans le moindre examen, sans la moindre discussion, sans aucun contrôle, sans enquête préalable. Désormais, n'importe quel curé de paroisse ou responsable de secteur paroissial peut faire ce qu'il veut et livrer ainsi les fidèles à des liturgies tellement recomposées qu’elles ne célèbrent plus objectivement la foi de l'Eglise. Si ces faits ne se produisaient qu'une fois ou deux, s'ils n'étaient qu'un particularisme de quelques paroisses, on pourrait invoquer le hasard ou le manque de formation de tel ou tel célébrant. Mais ce n'est malheureusement pas le cas : les désobéissances sont aussi régulières que généralisées. On les retrouve partout, dans toutes les paroisses pour ainsi dire, même si c'est à des degrés divers. Pire encore : dans de nombreux diocèses sont organisées des "sessions de formation liturgique" durant lesquelles quelques fidèles laïcs - qui auront officiellement la responsabilité des célébrations dans leurs paroisses respectives - apprennent à ne pas suivre la liturgie de l'Eglise, apprennent à ne pas utiliser le missel romain tel qu'il est donné... Ce qui revient, en fin de compte, à contester systématiquement la prière officielle de l'Eglise reçue de la tradition et confirmée par le Siège apostolique. Ceux qui imaginent que c'est de cette façon qu'ils redonneront vigueur à la vie chrétienne des communautés locales se trompent lourdement !

 

En fin de compte, l'histoire de ces malentendus, de ces résistances, de ces oppositions entre le "clan" de ceux qui souhaiteraient pouvoir suivre les vraies orientations conciliaires et le "clan" de ceux qui prétendent les suivre tout en les trahissant jour après jour, est le résultat des multiples incompréhensions qui se sont révélées à la suite de Vatican II. C'est l'histoire de ces prêtres qui ont fait leurs études de séminaristes dans les années 70 : dans ces années-là, on ne leur a strictement rien appris hormis la dévastatrice exégèse bultmanienne et la critique acerbe des textes magistériels, ce qui a conduit à transformer des jeunes gens raisonnables et dévoués au départ en sexagénaires souvent aigris et passablement ignorants (il est tout de même significatif de voir qu'on trouve, dans les paroisses de France, très peu de prêtres de cette génération capables d'expliquer et de diffuser les enseignements magistériels en ayant lu in extenso les textes majeurs des papes). Enfin, l'histoire de ces malentendus est aussi celle de ces trop nombreux fidèles ayant accepté sans rien dire que le Concile soit pris en otage par des célébrants et des groupes de "laïcs en responsabilité" qui n'ont fait que trahir la Constitution Sacrosanctum Concilium jusqu'à en faire la raison d'être d'une anarchie liturgique imposée aux paroisses depuis plus de 40 ans. Est-il logique, est-il normal, est-il seulement acceptable de voir que des fidèles qui veulent aujourd'hui appliquer loyalement le concile Vatican II et la liturgie qui en est issue, sont systématiquement pris dans l'engrenage d'une pastorale plus que douteuse qui profite du silence des évêques diocésains pour s'imposer partout ? Si tant de fidèles abandonnent toute pratique religieuse, n'est-ce pas essentiellement parce qu'ils ont l'impression que certains de leurs pasteurs ne sont plus véritablement animés par le sens profond de leurs responsabilités en matière de transmission et de célébration d'une foi authentiquement chrétienne ?

 

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