L'Eglise catholique a été l'une des institutions les plus déstabilisées par la crise de mai 68. Le rejet du principe d'autorité par les jeunes de cette époque a conduit à ce que beaucoup de fidèles se sont mis à rejeter le principe de Hiérarchie dans l'Eglise : à partir de la crise de 68, il est devenu de bon ton de critiquer les décisions venant de Rome ou d'ignorer les documents magistériels.

 

 

 

Au plus fort de cette crise qui aura les conséquences désastreuses qu'on sait, les évêques de cette époque, lesquels viennent en majorité de l'Action Catholique, sont dépassés par le vent de contestation. Le malaise est alors général : des jeunes prêtres quittent le sacerdoce, les séminaires se vident, dans certains instituts religieux on assiste à une grande braderie des valeurs spirituelles, dans les paroisses on se débarrasse des chorales et l'on congédie les maîtres de choeurs, on assiste à une démolition en règle de certains sanctuaires... Face à ce carnage, la majorité des prêtres se taisent. Soit parce qu'ils sont eux-mêmes convaincus de la justesse de l'idéologie marxiste du moment, soit parce qu'ils ont peur d'avoir à subir des représailles si l'on découvre, au sommet de la hiérarchie diocésaine, qu'ils ne sont pas dans le vent de l'histoire. Certains évêques, qui ne veulent pas eux-mêmes passer pour des passéistes ou ne veulent pas paraître à la traîne d'un mouvement qui semble porteur d'avenir, refusent de parler et de marcher à contre-courant. Partout, dans les instances des diocèses, on croit - ou l'on fait semblant de croire - aux vertus de la révolution marxo-léniniste. Dans ce contexte, Vatican II est reçu sans trop de remous, et même avec une certaine indifférence puisque désormais on est convaincu que chacun est libre d' "adapter" les documents conciliaires comme bon lui semble. Et parmi les documents les plus "adaptés" se trouve la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie. Aussitôt, les messes paroissiales subissent les conséquences de ces "adaptations" : il ne se trouve plus deux célébrations identiques. Une seule chose est commune à toutes les messes alors célébrées : la désacralisation. Les fidèles qui, au nom du Concile, la refusent et veulent faire respecter les normes du missel romain approuvé par Paul VI, sont ceux qui vont endurer le plus d'avanies : paroles méchantes, propos blessants et méprisants, moqueries publiques, privations de fonctions, etc. Dès lors, il ne se présente pour eux que trois possibilités : soit accepter les messes-bazars célébrées dans les paroisses jusqu'à finir par s'y habituer, soit rester chez soi et cesser toute pratique régulière, soit grossir les rangs de ceux qui suivent Mgr Lefebvre parce qu'il voient en cet Evêque le seul capable de ne pas suivre le courant soixante-huitard qui coule à flot dans les diocèses de France.

 

Pendant ce temps-là, Vatican II laisse insatisfait un certain nombre de clercs qui vont profiter du silence des évêques pour développer leur névrose anticléricale et leurs ressentiments. Les séminaristes qui avaient 25 ans en 68 sont les prêtres qui ont 65 ans aujourd'hui : ils sont encore aux postes importants de l'Eglise en France; ils sont curés d'importants secteurs paroissiaux, ou décideurs des orientations pastorales de diocèses entiers ou - ce qui est plus grave - formateurs des équipes de laïcs qui ont la mainmise sur les paroisses. Ces clercs sexagénaires qui n'ont eu aucune formation sérieuse, que ce soit en théologie, en liturgie, en philosophie, en patristique, en Ecriture sainte... eux qui ont vécu mai 68 comme une véritable pentecôte, se refusent à voir et à comprendre que le monde à changé et que leurs visions de l'Eglise ne correspondent absolument plus à l'attente des fidèles d'aujourd'hui. Eux qui n'ont souvent reçu que "le vide en héritage" (titre d'un article de Cyril de Pins), n'ont pas grand chose à transmettre parce qu'ils n'ont eux-mêmes rien reçu. Et lorsqu'on voit comment, aujourd'hui, certains ces ex-acteurs de mai 68 célèbrent l'Eucharistie, on ne peut qu'être gênés par l'image pitoyable qu'ils donnent de la liturgie de l'Eglise. Celle-ci ne semble plus être pour eux qu'un "truc" dont il faut se débarrasser le plus vite possible pour avoir davantage de temps à consacrer à des tâches secondaires servant d'exutoires.

 

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