On a récemment appris que le diocèse de Rome avait érigé la première "paroisse personnelle" de la ville pour les fidèles qui souhaitent suivre la forme extraordinaire de la liturgie romaine. Cette information montre bien le statut particulier réservé à la forme extraordinaire du rite romain. Il n'est, en effet, nullement nécessaire de prévoir des "paroisses personnelles" ou encore d'obtenir des autorisations, pour célébrer la liturgie romaine sous sa forme ordinaire, c'est-à-dire régulière... ou qui devrait l'être. Profitons de cette information pour revenir un instant sur le Motu proprio Summorum pontificum et sur la situation paradoxale qu'il a pu engendrer aujourd'hui en bien des diocèses.

 

 

 

Il faut d'abord insister sur le fait qu'il ne saurait y avoir d'oppositions entre les deux formes ("ordinaire" et "extraordinaire") de la liturgie romaine. Le pape Benoît XVI est formel sur ce point. Dans l'article 1 de Summorum Pontificum, il écrit très précisément : « Le Missel romain promulgué par Paul VI est l'expression ordinaire de la "lex orandi" de l'Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par Saint Pie V et réédité par le Bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l'expression extraordinaire de la même "lex orandi" de l'Eglise et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la "lex orandi" de l'Eglise n'induisent aucune division de la "lex credendi" de l'Eglise; ce sont en effet deux mises en œuvre de l'unique rite romain ». On peut donc légitimement préférer une forme particulière du rite romain, à la condition que cette préférence ne devienne pas un moyen ou une occasion pour refuser l'autre forme légitime. On sait cependant que dans certains cas, les endroits où est célébrée la liturgie romaine sous sa forme extraordinaire, risquent de se transformer en lieux de replis où ne se retrouvent que les fidèles qui refusent par principe toute ouverture sur la forme ordinaire du rite, même lorsqu'elle est parfaitement respectée et dignement célébrée en latin sur un autel orienté. Ce refus de la forme ordinaire par ceux qui sont attachés à la forme extraordinaire ne saurait trouver, aux regards de l'Eglise, aucune justification. Pas plus que ne trouve une justification le refus opposé par certains évêques aux fidèles qui souhaitent bénéficier des dispositions du Motu proprio du Saint-Père. Mais là où la situation devient proprement absurde, c'est lorsqu'on trouve (et c'est le cas dans la majorité des diocèses de France) des évêques qui, sans s'en rendre compte, rejoignent les positions des fidèles traditionalistes les plus inflexibles. Car comme eux, ces évêques refusent la forme ordinaire de la liturgie romaine... tout en se réclamant de Vatican II, ce qui procède d'une conduite proprement trompeuse. Et la meilleure preuve que ces évêques, à l'instar des traditionalistes les plus durs, ne veulent pas de la forme ordinaire de la liturgie romaine, c'est qu'il n'y a pas, en France, deux messes qui se ressemblent : toutes sont plus ou moins "adaptées" à partir du missel romain, mais aucune ne respecte véritablement les règles de la liturgie précisées dans le missel. On finit donc par se retrouver dans une situation inextricable où : - des fidèles et des évêques ne prennent du Motu proprio Summorum pontificum que les passages qui les arrangent, ce qui ne facilite pas le dialogue constructif; - des évêques qui se prévalent de Vatican II refusent à la fois la forme extraordinaire et la forme ordinaire du rite romain, ce qui est contraire à l'enseignement conciliaire; - des évêques accordent parcimonieusement la forme extraordinaire du rite romain tout en refusant la forme ordinaire, ce qui s'oppose à la volonté du Souverain Pontife; - des évêques respectent le rite romain quand ils le célèbrent sous la forme extraordinaire et transgressent les normes ce même rite quand ils le célèbrent sous sa forme ordinaire, ce qui témoigne de peu d'intérêt porté à la question liturgique.

 

Cette situation insatisfaisante et qui se prolonge abusivement ne peut que contribuer à l'appauvrissement des célébrations liturgiques actuelles (1) alors que Benoît XVI, dans son Motu proprio, souhaitait leur enrichissement par une symbiose des deux formes rituelles, et ne peut que conforter les fidèles dans l'idée que la liturgie romaine ne saurait posséder de formes préétablies (l'ordinaire et l'extraordinaire) qu'il faut absolument respecter (2) si l'on ne veut pas accélérer la dévastation de la "lex orandi".

 

(1) Cardinal Ratzinger, Entretien sur la foi, Fayard, 1985.

(2) Cardinal Ratzinger, hommage à Mgr Klaus Gamber, Cologne, 1989.

Source : Association Pro Liturgia

commentaires

Greg 25/05/2008 12:51

Vous dîtes : « Ce refus de la forme ordinaire par ceux qui sont attachés à la forme extraordinaire ne saurait trouver, aux regards de l'Eglise, aucune justification. » Que répondez-vous à l’Institut du Bon Pasteur qui célèbre exclusivement avec la forme extraordinaire ?

Yves 25/05/2008 13:17



Ce que je réponds ? Eh bien que l'exception confirme la règle :-)



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