Pour la conclusion du Mois de Mai, commentant l’Evangile de la Fête de la Visitation, qui coïncidait cette année avec la Mémoire du Cœur Immaculé de Marie, après avoir rappelé l’importance de la récitation du Chapelet en famille et dans les paroisses, Benoît XVI nous a fait don de paroles intenses et profondes. « Aujourd'hui, en la fête de la Visitation, la liturgie nous fait entendre à nouveau le passage de l'Evangile de Luc, qui raconte le voyage de Marie de Nazareth vers la maison de sa cousine âgée Elisabeth (…). Lorsqu'elle arrive chez Elisabeth, il se produit un fait qu'aucun peintre ne pourra jamais rendre dans la beauté et la profondeur de sa réalisation. La lumière intérieure de l'Esprit-Saint enveloppe leurs personnes. Et Elisabeth, illuminée d'en-Haut, s'exclame : "Tu es bénie entre toute les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur" (Luc 1, 42-45). Ces paroles pourraient nous apparaître disproportionnées par rapport au contexte réel. Elisabeth est l'une des nombreuses femmes âgées d'Israël et Marie une jeune fille inconnue d'un village perdu de Galilée. Que peuvent-elles être et que peuvent-elles faire dans un monde où comptent d'autres personnes et pèsent d'autres pouvoirs ? Mais Marie nous étonne encore une fois; son cœur est transparent, totalement ouvert à la lumière de Dieu; son âme est sans péché, elle n'est pas alourdie par l'orgueil et l'égoïsme. Les paroles d'Elisabeth font naître dans son esprit un cantique de louange, qui est une lecture "théologique" de l'histoire authentique et profonde : une lecture que nous devons sans cesse apprendre de Celle dont la foi est sans ombres ni fissures. "Mon âme magnifie le Seigneur". Marie reconnaît la grandeur de Dieu. Tel est le premier et indispensable sentiment de foi; le sentiment qui donne sa sécurité à la créature humaine et la libère de la peur, même si elle se trouve au milieu des tempêtes de l'histoire (…). Allant au-delà de la surface, Marie "voit" avec les yeux de la foi l'œuvre de Dieu dans l'histoire(…). Et son Magnificat, après plusieurs siècles et plusieurs millénaires, reste l'interprétation la plus véritable et profonde de l'histoire, alors que les lectures faites par de si nombreux sages de ce monde ont été démenties par les faits au cours des siècles » (Benoît XVI, 31 mai 2008).

 

 


La dévotion mariale, quand elle est authentique, amène nécessairement au désir d’imiter les vertus de Marie, ses dispositions intérieures, qui transparaissent, en premier dans la Parole de Dieu. L’Eglise se met elle-même, et chacun de nous, à l’école de Marie, précisément parce qu’elle l’on peut apprendre, de la Mère de Dieu, de la meilleure manière possible, comme devenir de vrais disciples de Jésus. C’est là le but ultime de ce « pieux exercice » dédié à la Sainte Mère de Dieu. Quand l’amour envers la Sainte Vierge est authentique, celui qui le pratique ressent la nécessité de suivre Jésus « à la manière » de Marie. Ce « style marial » se distingue par les deux vertus fondamentales du Cœur du Christ et du Cœur Immaculé de Marie, qui Lui est parfaitement uni : l’humilité et la douceur (cf. Mathieu 11, 29). Quelqu’un a écrit que lorsque le Seigneur proclamait les Béatitudes, Sa pensée était tournée vers sa Mère, parce qu’elle les vivait toutes de manière parfaite. La première Béatitude est précisément celle qui concerne l’humilité, c’est-à-dire la pauvreté de soi. Comme le dit Jésus, « la pauvreté en esprit » introduit dans la richesse du Royaume de Dieu (cf. Mathieu 5, 3). La Sainte Vierge, dans le chant du Magnificat, parle de sa pauvreté, de son humilité, comprise comme petitesse, pour expliquer « pourquoi le Seigneur l’a choisi » : précisément parce qu’elle était tellement petite, tellement humble, que Dieu s’est penché sur elle (cf. Luc 1, 48). Ce qui attire la complaisance de Dieu sur Ses créatures, ce n’est pas la "grandeur", mais la "petitesse" qu’elles vivent, devant Sa face et réciproquement. Comme l’enseigne le Pape : « Marie reconnaît la grandeur de Dieu. C’est là le premier sentiment de la foi » ! Ainsi, on pourrait dire que le premier signe de l’authenticité de la foi est un cœur humble, semblable à celui de Marie, qui est toujours conscient de sa petitesse et de la grandeur infinie et de la puissance divine. Un cœur de cette sorte ne se laisse pas tromper par l’orgueil et, en conséquence par le Diable qui, comme le dit Jésus « a été homicide depuis le début ; il n’était pas établi dans la Vérité, parce qu’il n’y a pas de Vérité en lui : quand il dit ses mensonges, il les tire de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44). De même, celui qui est orgueilleux « parle de son propre fonds », il ne parvient pas à être « objectif » parce qu’il est pris par lui-même, enfermé dans son propre « subjectivisme », alors que celui qui est humble, s’ouvre à la Vérité, qui lui est donnée par celui qui la possède. Aux humbles, le Seigneur enseigne la Vérité sur lui-même, parce qu’ils sont capables de l’accueillir (cf. Matthieu 11, 25). La Sainte Vierge est parfaitement humble, parce que « son âme est sans péché, qu’elle n’est pas appesantie par l’orgueil et par l’égoïsme », et c’est pourquoi Dieu peut se donner à Elle dans une mesure qui la rend capable de concevoir, non de la chair, son Fils Unique, le Verbe Incarné.

 

Ainsi, plus nous nous faisons petits, en nous confiant à Marie, plus le Seigneur nous rendra capables de L’accueillir : les rayons de lumière de l’amour divin s’amplifieront et, progressivement, chasseront les obscurités de notre égoïsme. Un cœur humble est animé par la charité authentique qui « ne cherche pas son propre intérêt » (1 Corinthiens 13, 5). Un cœur humble n’agit pas selon la logique du monde, qui centre tout sur lui-même, mais « court » vers Dieu et vers le prochain, comme Marie, qui, avec le Seigneur dans son sein – « sous son cœur » comme le chante un chant allemand émouvant – va « en hâte » chez la vieille cousine Elizabeth. La « Visitation » est la « charité du Christ en action » chez Marie, qui nous est révélée dans toute sa beauté, afin que nous nous mettions « à courir » vers notre prochain, pour lui apporter Jésus.

 

Fides

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