Quand on parle de reddition, de capitulation, on pense tout de suite à une bataille entre deux parties dont l’une, à un certain point, se rend parce qu’elle reconnaît que l’autre est plus forte, et qu’il n’y aurait aucun sens à continuer si on a la certitude de la défaite. Quelque chose de semblable se passe, d’une certaine manière dans notre vie de relation avec le Seigneur. S’il est vrai en effet que, d’un côté nous devons combattre le monde, notre égoïsme et les tentations de Satan, il est vrai aussi que d’un autre côté, il semble que nous engageons aussi une sorte de lutte contre Dieu, certes, tout à fait différente de la première, et qui doit se terminer par notre capitulation. Il est clair en effet que, dans la lutte contre les tentations, il serait absurde de se rendre ; au contraire, il faut vivre autant qu’il est possible ce que nous dit Saint Paul : « Puisez la force dans le Seigneur et dans la vigueur de sa puissance. Revêtez-vous de l’armure de Dieu pour pouvoir résister aux pièges du Diable » (Eph 6, 10-11).

 

 

 

 

Mais dans cette autre forme de lutte - perçue du moins comme telle par nous -, la grâce de la transformation dans le Christ en arrive à nous faire prendre pleinement conscience de la nécessité d’une reddition : se rendre à Dieu et ne plus lui résister pour s’abandonner complètement à Lui ; mettre de côté, une fois pour toutes, notre autosuffisance, notre « savoir mieux et plus », pour se laisser conduire, pas à pas, par la divine Providence. Quand, dans l’Evangile, nous entendons que le Seigneur nous parle de la nécessité « de perdre notre vie pour Lui et pour son Evangile, pour pouvoir ainsi la sauver » (Marc 8, 35) ne nous apercevons-nous pas que cette « perte » nous coûte aussi une reddition à Lui ? Les Apôtres nous montrent la nécessité d’une reddition, de la nécessité de « nous en remettre » à Lui, pour vivre un abandon total au Maître unique. Pierre, par exemple. A un certain moment, Jésus lui demande : « M’aimes-tu ? ». Précisément après le reniement à peine fait. Le Chef des Apôtres, comme étourdi par l’amour inépuisable du Ressuscité pour lui, et presque subjugué par la ténacité divine par laquelle il est comme « repêché », donne une réponse qui ressemble précisément à une capitulation totale : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime » (Jean 21,17). C’est comme s’il lui disait : « Oui, Seigneur, tu connais chaque chose beaucoup mieux que moi, et Toi seul as raison ; les raisons ne servent à rien, et il est donc absurde de lutter avec les tiennes, il faut seulement apprendre à se perdre soi-même pour vivre de Toi ». Le Seigneur Jésus confirmera à Pierre quelle devra être, désormais, la voie de l’abandon : « Suis-moi » (Jean 21,19). Se rendre au Seigneur veut dire accepter de marcher derrière Lui et non devant Lui ! Il en est ainsi pour chaque chrétien authentique qui, jour après jour, veut s’abandonner à Jésus et à son Evangile ; il est guidé selon des modes et des voies qui lui semblent parfois compliqués, inconnus et qui plus est mystérieux, mais qui le conduisent là où le veut le Seigneur de l’histoire. N’est-ce pas dans cette optique que l’on doit lire les épreuves de foi des Saints ? Sur leur visage, dans leurs écrits et dans leurs témoignages, on peut reconnaître le goût de cette reddition qui, comme celle de Simon Pierre, n’est pas amère, mais qui est rendue douce par l’amour patient de Dieu. Mais, plus que tous, c’est précisément la Mère de Jésus qui peut nous enseigner cette voie.

 

Elle n’a pas dû se rendre à Dieu parce que, à la différence avec nous, elle n’a jamais résisté à son action, mais elle s’est toujours abandonnée de manière parfaite, en se laissant guider par Lui par la main. Comme l’enseigne le Concile Vatican II, Elle « a embrassé de tout son cœur, sans qu’aucun péché ne la retienne, la volonté divine de salut » (Lumen Gentium, 56). Toujours docile à Dieu, elle est devenue experte de ses voies, et ainsi, elle nous a été donnée par Lui comme guide et comme soutien sur le chemin de l’abandon authentique et progressif, une voie directe vers le Paradis. Un grand maître de spiritualité mariale, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, a synthétisé de manière merveilleuse la grandeur de Marie : « Dieu le Père n’a donné au monde son fils unique que par l’intermédiaire de Marie. Malgré tous les soupirs faits les Patriarches, malgré toutes les suppliques faites par les prophètes et les saints de l’ancienne loi pendant quatre mille ans, pour obtenir ce trésor, il n’y a eu que Marie pour le mériter et pour trouver grâce devant Dieu par la force de ses prières et le caractère sublime de ses vertus. Le monde était indigne, dit Saint Augustin, de recevoir le Fils de Dieu directement des mains du Père. Il l’a donné à Marie pour que le monde le reçoive d’Elle » (Traité, n° 16). Mère de notre reddition et de notre abandon, aidez-nous !

 

Fides

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