« Alors, rentrant en lui-même, il dit : "Combien de mercenaires de mon père ont du pain en trop, et moi, ici, je meurs de faim !". Je me lèverai et j'irai à mon père, et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre le ciel et envers toi; je ne suis plus digne d'être appelé ton fils : traite-moi comme l'un de tes mercenaires.’’ Et il se leva et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit : et, touché de compassion, il courut, se jeta à son cou, et le couvrit de baisers. (Luc 15, 17-18, 20). Il s’agit de la parabole de l’enfant prodigue, appelée aussi la parabole du père miséricordieux ; nous la lirons Dimanche prochain, 4ème Dimanche de Carême. Une fois encore résonnera ainsi dans toute l’Eglise Catholique l’appel du Seigneur à la conversion du cœur, par le retour à sa Miséricorde Divine…

 

 

 

 

Le Serviteur de Dieu Jean Paul II, dans l’Encyclique ‘’Dives in Misericordia’’ déclarait : « La conversion à Dieu est toujours le fruit du retour au Père riche en miséricorde. La connaissance authentique du Dieu de la miséricorde, Dieu de l'amour bienveillant, est une force de conversion constante et inépuisable, non seulement comme acte intérieur d'un instant, mais aussi comme disposition permanente, comme état d'âme » (DM N°13). L’itinéraire de la conversion du cœur est donc un fait de connaissance et de prière : on connaît l’amour miséricordieux de Dieu, et l’on y reste, par une ‘’disposition stable’’, un ‘’état d’âme’’, qui est précisément la prière, ou mieux, la vie de prière. Comme l’enfant prodigue, l’homme de notre époque lui aussi doit ‘’rentrer en lui-même’’ ; c’est seulement alors qu’il retrouvera le Père et, redécouvrant la miséricorde, il pourra se relever de son péché pour aller vers Lui. Une des principales difficultés, dans notre prière, est précisément celle de pouvoir atteindre une ‘’disposition stable du cœur’’. Jour après jour, nous devons la conquérir, en donnant à Dieu suffisamment de temps de prière prolongée pour pouvoir ‘’rentrer en nous-mêmes’’. Notre prière, pour être authentique, doit devenir ‘’la prière du cœur’’ ; elle ne doit pas rester une ‘’prière superficielle’’, qui nous effleure mais qui ne pénètre pas au plus intime de nous-mêmes. Nous sommes souvent tentés de rester à la surface de nous-mêmes, en nous mettant entre les choses du monde et celles de Dieu : on ne laisse pas les premières, et l’on ne peut même pas goûter les deuxièmes. On reste dans une sorte de ‘’zone grise’’, où ne nous arrivent pas les rayons d’amour de notre Papa céleste.

 

La Sainte Vierge est sur notre chemin, pour nous rappeler à une prière plus profonde, à prier son Fils, la prière du cœur ; c’est seulement si nous nous laissons toucher nous-mêmes, que nous L’atteindrons. Nos paroles ne servent à rien, si elles ne révèlent pas notre âme à Dieu. Un ami est ainsi, seulement quand il nous ouvre le cœur et nous révèle l’intime de son être. La phrase de Saint Augustin est célèbre, qui cherchait Dieu désespérément, mais restait ‘’en surface’’ entre les créatures et le Créateur : « Sero te amavi, pulchritudo tam antiqua et tam nova » (Confessions 10, 27, 38) : Je t’ai aimé tardivement, une beauté si ancienne et si nouvelle, je t’ai aimé tardivement ! « Oui, parce que tu étais en moi et moi en dehors. C’est là que je te cherchais ; difforme et misérable, je me jetais sur les belles formes de tes créatures » (ibid.). Si l’effort d’intériorisation existe, le résultat d’une fécondité spirituelle ne manquera certainement pas dans notre vie de chrétiens. La prière du cœur conduit à la dépendance authentique vis-à-vis du Seigneur, en se soustrayant aux autres dépendances qui peuvent avoir des noms divers en rendant la vie terriblement stérile. Jésus, dans le désert, nous témoigne clairement que le Diable ne se combat pas seulement par des paroles, par des arguments, mais par une vie intérieure riche de l’amitié avec Dieu. Nous sommes habités par Lui, et Il mérite tout le domaine de notre liberté intérieure, pour engendrer des actes libres d’adhésion à sa Divine Volonté. La prière du cœur est essentiellement une prière d’amitié avec Dieu (la prière préférée de Sainte Thérèse d’Avila), qui part du plus intime de nous-mêmes ; c’est là que se produit la rencontre avec le Christ et que se forme l’acte d’amour pur : Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ! Quand Pierre rentra en lui-même, repentir de son propre péché - comme le feront Paul, Augustin et d’innombrables autres frères et sœurs dans la foi, il ne trouva pas devant lui un Dieu Juge intransigeant, mais un Dieu Père à la Miséricorde Infinie qui « le vit de loin et fut pris de pitié, et courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement ». Si Pierre avait véritablement connu le Seigneur Jésus, il ne lui aurait pas dit : « Eloigne-toi de moi, car je suis un pécheur », mais « approche-toi de moi parce que je suis un pécheur ».

 

La Vierge Marie, qui connaît la Miséricorde de Dieu plus que tous, veut que nous connaissions cette tendresse de Dieu : le Dieu riche de miséricorde ! Faisons donc nôtres les paroles du Pape Benoît XVI qui nous invite souvent à une vie d’amitié avec Dieu, à une vie authentique de prière : « Chers frères et sœurs, la prière n'est pas un accessoire, une "option", mais elle est une question de vie ou de mort. En effet, seul celui qui prie, en effet, c’est-à-dire qui se confie à Dieu avec un amour filial, peut entrer dans la vie éternelle, qui est Dieu lui-même. Au cours de ce temps de Carême, demandons à Marie, Mère du Verbe Incarné et Maîtresse de vie spirituelle, de nous enseigner à prier comme le faisait son Fils, afin que notre existence soit transformée par la lumière de sa présence » (Benoît XVI, Angélus, 4 mars 2007).

 

Fides

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