sydney2I. « Les Journées Mondiales de la Jeunesse me remplissent de confiance pour l’avenir de l’Eglise et pour l’avenir de notre monde » (Benoît XVI)

 

La cérémonie de bienvenue au Pape Benoît XVI a eu lieu le jeudi 17 dans la matinée au Palais du Gouvernement de Sydney, en présence des Autorités civiles et religieuses australiennes. Arrivé dimanche dernier en Australie, le Saint-Père a passé quelques jours de repos ; il a remercié pour l’hospitalité et pour l’accueil, et a rappelé le but de sa visite à la Nation, les 23° Journées Mondiales de la Jeunesse. « Certains pourraient se demander ce qui pousse des milliers de jeunes à entreprendre un voyage qui, pour beaucoup d’entre eux, est long et fatigant, afin de participer à un événement de ce genre. Depuis les Premières Journées Mondiales de la Jeunesse, en 1986, il a été évident qu’un grand nombre de jeunes appréciait l’occasion de se retrouver ensemble pour approfondir leur propre foi dans la Christ, et partager les uns les autres une expérience heureuse de communion en son Eglise. Ils ont besoin d’écouter la Parole de Dieu, et d’apprendre plus de choses sur leur foi chrétienne. Ils sont désireux de prendre part à un grand événement qui met en évidence les grands idéaux qui les inspirent, et ils retournent chez eux remplis d’espérance, renouvelés dans leur décision de construire un monde meilleur. Pour moi, c’est une joie d’être avec eux, de prier avec eux, et de célébrer l’Eucharistie avec eux. Les Journées Mondiales de la Jeunesse me remplissent de confiance pour l’avenir de l’Eglise et pour l’avenir de notre monde ». Retraçant l’histoire du Continent, le Saint-Père a déclaré : « L’Eglise en Australie, outre le fait qu’elle est la plus jeune parmi les Eglises des différents Continents, est aussi une des plus cosmopolites ». Le premier établissement européen, vers la fin du XVIII° siècle, témoigne que le Pays a accueilli les émigrés venus d’Europe et de toutes les parties du monde. « Pendant des milliers d’années, déjà avant l’arrivée des colons occidentaux, les seuls habitants de ce sol étaient toutefois des personnes originaires du Pays, des Aborigènes et des Insulaires du Détroit de Torres ». Le Saint-Père a cité alors « la décision courageuse du Gouvernement australien de reconnaître les injustices commises dans le passé à l’égard des peuples indigènes », grâce à laquelle on fait de grands pas en avant pour « parvenir à une réconciliation fondée sur le respect réciproque ». L’engagement à combler le fossé entre les Australiens indigènes et non indigènes, dans tous les domaines, et cet exemple de réconciliation, présentent un signe d’espérance « dans tout le monde, pour ces peuples qui désirent ardemment voir reconnus leurs droits, et reconnue et promue leur contribution à la société ». Après avoir rappelé la contribution apportée par les catholiques arrivés sur cette terre pour la construction de la Nation, et particulièrement dans le domaine de l’éducation et de la santé, le Pape Benoît XVI a cité la première Bienheureuse australienne, sœur Mary MacKillop : Sa persévérance face aux adversités, ses interventions pour défendre tous ceux qui étaient traités injustement, et l’exemple concret de sainteté, sont devenus une source d’inspiration pour tous les Australiens ». La communauté catholique continue aujourd’hui encore, dans un contexte plus sécularisé, à apporter sa contribution importante à la vie nationale, par l’éducation et la santé, « mais spécialement en indiquant la dimension spirituelle des questions qui sont le plus en évidence dans le débat contemporain ». Des milliers de jeunes sont venus en Australie ces jours derniers : aussi est-ce un devoir de réfléchir sur quelle sorte de monde nous remettons aux futures générations, a déclaré le Saint-Père : « Les merveilles de la création de Dieu nous rappellent la nécessité de protéger le milieu, et d’exercer une administration responsable des biens de la terre… De la même manière, pour ce qui concerne le milieu humain, ce Pays a soutenu généreusement les opérations internationales pour le maintien de la paix, en contribuant à la résolution de conflits dans le Pacifique, dans le Sud-est Asiatique et ailleurs. En raison des nombreuses traditions religieuses représentées en Australie, c’est un terrain particulièrement fertile pour le dialogue œcuménique ou interreligieux ». Enfin, le Saint-Père est revenu sur la raison principale de sa visite : « Je suis ici pour rencontrer les jeunes, d’Australie et de toutes les parties du monde, et pour prier pour une nouvelle effusion du Saint-Esprit sur tous ceux qui prendront part à nos cérémonies… Je prie pour que le Saint-Esprit apporte un renouveau spirituel à ce Pays, au Peuple australien, à l’Eglise en Océanie, et, en vérité, jusqu’aux extrémités de la terre. Les jeunes aujourd’hui se trouvent face à une variété déconcertante de choix de vie, en sorte que pour eux, il est parfois ardu de savoir comment orienter au mieux leur idéal et leur énergie. C’est l’Esprit qui donne la sagesse pour discerner le chemin jute, et l'encourage pour le parcourir ». Après la cérémonie de bienvenue, le Saint-Père s’est rendu à la "Mary MacKillop Memorial Chapel" de Sydney où se trouve la tombe de la première Bienheureuse australienne Mary MacKillop, co-fondatrice des Sœurs de Saint Joseph ; il s’y est recueilli en prière, et a été accueilli par une centaine de Religieuses de la Congrégation. Puis il a rendu une visite de courtoisie au Gouverneur Général de l’Australie et Représentant de la Reine Elizabeth II, le Général Michael Jeffery, à la Drawing Room de l’Admiralty House de Sydney, où il a eu un bref entretien avec le Premier Ministre, M. Kevin Rudd.

 

 

 

 

 

II. « Notre cœur et notre esprit désirent ardemment une vision de la vie où règne l’amour, où les dons soient partagés, où s’édifie l’unité, où la liberté trouve sa propre signification dans la vérité, et où l’identité soit trouvée dans une communion respectueuse »

 

Le jeudi 17 dans l’après-midi, le Pape Benoît XVI est arrivé au Môle de Rose Bay, où il a été accueilli par des danses et des chants traditionnels, par les Chefs les plus anciens de la Population Aborigène d’Australie. Puis le Saint-Père s’est embarqué sur le bateau "Sydney 2000" pour se rendre au Môle de Barangaroo, pour la fête d’accueil des jeunes. Là, un groupe de jeunes aborigènes australiens et de jeunes de la région du Pacifique, ont entonné des chants indigènes et le « Tu es Petrus ». Après le salut de l’Archevêque de Sydney le Cardinal George Pell, et du Président de la Conférence Episcopale d’Australie, S. Exc. Mgr Philip Edward Wilson, le Saint-Père a prononcé son premier discours destiné aux jeunes. « Quel que soit le Pays d’où nous provenons, a déclaré le Saint-Père, finalement, nous sommes ici, à Sydney ! Et, ensemble, nous sommes présents dans ce monde qui est le nôtre comme Famille de Dieu, comme Disciples du Christ, confirmés par son Esprit pour être des témoins de son Amour et de sa Vérité à la face de tous ». Le Saint-Père a remercié les Anciens des Aborigènes pour leur bienvenue et a déclaré qu’il était « profondément ému », en connaissant les souffrances et les injustices perpétrées sur cette terre, « mais conscient aussi de l’amélioration et de l’espérance à présent en cours ». Devant moi, je vois une image vibrante de l’Eglise Universelle. La variété des Nations et des cultures dont vous provenez, démontre que, véritablement, la Bonne Nouvelle du Christ est pour tous et pour chacun ; elle a atteint les extrémités de la terre. Et toutefois, je sais aussi qu’un bon nombre d’entre vous est toujours à la recherche d’une patrie spirituelle. Plusieurs parmi vous, qui sont absolument les bienvenus parmi nous, ne sont pas catholiques ni chrétiens. D’autres, parmi vous, peut-être, se trouvent à la limite de la vie de la paroisse et de l’Eglise. Je désire vous offrir à tous mon encouragement : approchez-vous de l’embrassement affectueux du Christ ; reconnaissez l’Eglise comme étant votre maison. Personne n’est obligé de rester à l’extérieur, parce que, depuis le jour de la Pentecôte, l’Eglise est Une et Universelle ». Le Saint-Père a exprimé une pensée particulière pour les malades, pour les handicapés mentaux, pour les jeunes en prison, pour tous ceux qui peinent en marge de nos sociétés, et à ce qui, pour une raison ou pour une autre, se sentent rejetés par l’Eglise. « A eux tous, je dis : Jésus est proche de toi ! Fais l’expérience de son accolade qui guérit, de sa compassion, de sa miséricorde ! ». Puis, le Saint-Père a rappelé l’événement de la Pentecôte, comme il est raconté dans les Actes des Apôtres : « En ce moment extraordinaire, qui marqua la naissance de l’Eglise, la confusion et la peur qui avaient saisi les disciples du Christ, se transformèrent en une conviction vigoureuse et en une conscience d’un but. Ils se sentent poussés à parler de leur rencontre avec Jésus Ressuscité, qu’ils appelaient désormais le Seigneur, de manière affectueuse… Depuis ce moment, des hommes et des femmes sont allés à l’extérieur pour raconter ce même événement, en témoignant de l’Amour du Christ et de sa Vérité, et en contribuant à la Mission de l’Eglise ». Le Saint-Père a invité alors à penser à ces pionniers – prêtres, religieuses et frères – qui arrivèrent en Australie, venus de toutes les parties du monde : « La plus grande partie d’entre eux étaient des jeunes, et même des jeunes de moins de vingt ans… Leur vie fut un témoignage chrétien privé de tout intérêt égoïste. Ils devinrent des bâtisseurs humbles mais tenaces d’une très grande partie de l’héritage social et spirituel qui apporte aujourd’hui encore la bonté, la compassion, et un but à ces Nations. Et ils furent capables d’inspirer une autre génération ». Le Saint-Père cita à ce sujet, la Bienheureuse Mary MacKillop et le Bienheureux Peter To Rot, en invitant les jeunes à regarder eux aussi à leurs grands-parents et à leurs parents, « les premiers maîtres dans la foi ». Durant le vol qui le conduisait en Australie, le Saint-Père a déclaré qu’il avait apprécié de manière particulière la « magnifique « vue de notre planète : « Le miroitement de la Méditerranée, la magnificence du désert nord-africain, la forêt luxuriante de l’Asie, la vaste étendue de l’Océan Pacifique, l’horizon sur lequel se lève et se couche le soleil, la splendeur majestueuse de la beauté naturelle de l’Australie… Plongés dans une telle beauté, comment pourrait-on ne pas faire écho aux paroles du Psalmiste pour louer le Créateur : ‘Qu’il est grand ton Nom su toute la terre’ (Psaume 8, 2) ? Mais il y a plus encore, quelque chose qu’il est difficile de percevoir du haut des cieux : des hommes et des femmes, créés rien de moins que à l’image de Dieu et à sa ressemblance. Au cœur de la merveille de la créations, nous sommes, vous et moi, la famille humaine ». Le Pape Benoît XVI a parlé ensuite des « blessures qui marquent la superficie de la terre : l’érosion, la déforestation, le gaspillage des ressources minérales et marines pour alimenter un consumisme insatiable ». Et, parlant de l’homme, sommet de la création de Dieu, le Saint-Père a déclaré : « Chaque jour, nous rencontrons le génie des conquêtes humaines… De nombreuses et différentes manières, croissent de manière constante la qualité et la satisfaction de la vie des gens ». Toutefois, non seulement le milieu naturel, mais aussi le milieu social « ont leurs cicatrices, leurs blessures, qui sont là pour indiquer que quelque chose n’est pas à sa place ». Parmi elles, l’usage de l’alcool et des drogues, l’exaltation de la violence, et la dégradation sexuelle, « présentées souvent par la télévision et par Internet comme divertissement », le relativisme qui amène à séparer des expériences de toute considération de ce qui est bon et vrai. « Chers amis, la vie n’est pas gouvernée par le hasard, elle n’est pas fortuite. Votre existence personnelle a été voulue par Dieu, bénie par lui, et il lui a été donné un but !... Ne vous laissez pas tromper par tous ceux qui voient en vous simplement des consommateurs, dans un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, où la nouveauté se fait passer comme beauté, où l’expérience subjective supplante la Vérité. Le Christ offre bien plus ! Et même, il offre tout ! Lui seul, qui est la Vérité, peut être la Voie, et donc la Vie. Ainsi, la ‘voie’ que les Apôtres ont apportée jusqu’aux extrémités de la terre est la ‘vie’ dans le Christ. C’est la vie de l’Eglise. Et l’entrée dans cette voie, dans la vie chrétienne, c’est le Baptême ». La Saint-Père a alors parlé du Baptême : « Ce Sacrement est une grâce, il est une Oeuvre de Dieu ». Puis il a invité les jeunes, « chez eux, à l’école, à l’université, dans leurs lieux de travail et de divertissement », à se rappeler toujours qu’ils sont « des créatures nouvelles… En tant que chrétiens, vous êtes dans ce monde, en sachant que Dieu a un visage humain, Jésus-Christ, la ‘voie’ qui satisfait tout désir humain, et la ‘vie’ dont nous sommes appelés à donner témoignage, en marchant toujours dans sa lumière ». « La tâche de témoin n’est pas facile » a reconnu le Saint-Père, et aujourd’hui, beaucoup prétendent « que Dieu doit être laissé ‘à l’écart’, et que la religion et la foi, pour autant qu’elles soient acceptables au plan individuel, doivent être ou bien exclues de la vie publique, ou bien utilisées seulement pour obtenir des biens pragmatiques limités ». Cette vision sécularisée veut « former la société avec peu de références, et même sans aucune référence au Créateur… Si Dieu est sans importance dans la vie publique, alors, la société pourra être formée selon une image sans Dieu, et le débat et la politique qui concernent le bien commun, seront menés plus à la lumière des conséquences que des principes enracinés dans la vérité ». L’expérience montre que « le fait de se détacher de Dieu Créateur, entraîne un désordre qui a des répercussions inévitables sur le reste du monde créé » et sur le milieu social lui-même. « La création de Dieu est unique et elle est bonne. Les préoccupations pour la non-violence, pour le développement soutenable, pour la justice et pour la paix, le soin apporté à notre milieu, sont d’une importance vitale pour l’humanité. Mais tout cela ne peut toutefois pas être compris en se passant d’une réflexion profonde sur la dignité innée de chaque vie humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, une dignité qui lui est conférée par Dieu et qui est donc inviolable. Notre monde s’est lassé de l’avidité, de l’exploitation et de la division, de l’ennui des fausses idoles et des réponses partielles, et de la peine de fausses promesses. Notre cœur et notre esprit désirent ardemment une vision de la vie où règne l’amour, où les dons soient partagés, où s’édifie l’unité, où la liberté trouve sa propre signification dans la Vérité, et où l’identité soit trouvée dans une communion respectueuse. C’est là l’œuvre du Saint-Esprit ! C’est là l’espérance offerte par l’Evangile de Jésus-Christ. C’est pour rendre témoignage à cette réalité que vous avez été recréés dans le Baptême, et renforcés par les dons du Saint-Esprit à la Confirmation. Que ce soit là le message que vous apportez, de Sydney, au monde ».

 

 

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III. « Dans la promotion des valeurs chrétiennes, nous ne devons pas négliger de proclamer la source en donnant un témoignage commun à Jésus-Christ Seigneur. C’est Lui qui a confié la Mission aux apôtres, c’est Lui dont ont parlé les prophètes, et c’est Lui que nous offrons au monde ».

 

Le 18 juillet, à 10 heures 30, dans la Crypte de la St. Mary’s Cathedral de Sydney a eu lieu la rencontre œcuménique du Saint-Père le Pape Benoît XVI avec plusieurs dirigeants d’autres Eglises et Confessions chrétiennes, et avec les membres du New South Wales Ecumenical Council. « L’Australie est un Pays marqué par une grande diversité ethnique et religieuse, a déclaré le Saint-Père. Votre Nation elle aussi est une Nation qui reconnaît l’importance de la liberté religieuse. C’est là un droit fondamental qui, s’il est respecté, permet aux citoyens d’agir sur la base de valeurs enracinées dans leurs convictions les plus profondes, en contribuant ainsi au bien-être de la société tout entière. De cette manière, les chrétiens contribuent, avec les membres des autres religions, à la promotion de la dignité humaine et à l’amitié entre les nations ». Après avoir reconnu les résultats positifs obtenus par le chemin œcuménique en Australie, qui montrent « non seulement qu’il est possible de trouver des solutions concrètes pour une collaboration fructueuse dans le présent, mais aussi que nous avons besoin de poursuivre des discussions patientes sur les points théologiques de divergence ». Le Saint-Père a rappelé que nous célébrions cette année le bimillénaire de la naissance de Saint Paul, « travailleur infatigable en faveur de l’unité dans l’Eglise primitive… Le chemin de l’œcuménisme vise en définitive à une célébration commune de l’Eucharistie, que le Christ a confiée à ses Apôtres comme le Sacrement par excellence de l’unité de l’Eglise. Même s’il y a encore aujourd’hui des obstacles à surmonter, nous pouvons être sûrs que, un jour, l’Eucharistie ne fera que souligner notre décision de nous aimer et de nous servir les uns les autres à l’imitation de Notre Seigneur… Pour cette raison, un dialogue sincère concernant la place de l’Eucharistie – encouragé par une étude nouvelle et attentive de l’Ecriture, des écrits patristiques, et des documents des deux millénaires de l’histoire chrétienne – aidera certainement à faire avancer le mouvement œcuménique, et à unifier notre témoignage à la face du monde ». « Chers amis dans le Christ, a poursuivi le Saint-Père, je pense que vous serez d’accord pour considérer que le mouvement œcuménique est arrivé à un point critique. Pour aller de l’avant, nous devons continuer à demander à Dieu de renouveler nos esprits par la grâce du Saint-Esprit qui nous parle dans les Ecritures et nous guide à la vérité tout entière. Nous devons être en garde contre toute tentation de considérer la doctrine comme source de division, et donc comme empêchement à ce qui semble être la tâche la plus urgente et la plus immédiate pour améliorer le monde dans lequel nous vivons ». Puis le Saint-Père a souligné « l’interconnexion entre le don de connaissance et la vertu de la charité », si bien exprimée par Saint Augustin ; et il a déclaré : « Le dialogue œcuménique avance non seulement par un échange d’idées, mais aussi en partageant des dons qui nous enrichissent mutuellement. Une ‘idée’ a en vue d’atteindre la Vérité ; un ‘don’ exprime l’amour. Tous deux sont essentiels au dialogue. Nous ouvrir nous-mêmes à accepter les dons spirituels d’autres chrétiens encourage notre capacité de percevoir la lumière de la Vérité qui vient du Saint-Esprit ». En prenant en considération les images bibliques complémentaires de « corps » et de « temps » utilisées pour décrire l’Eglise, le Saint-Père a déclaré : « Chaque élément de la structure de l’Eglise est important : mais tous vacilleraient et s’écrouleraient sans la pierre angulaire qu’est le Christ. Comme ‘concitoyens » de cette ‘Maison de Dieu’, les chrétiens doivent travailler ensemble pour faire en sorte que l’édifice reste solide, en sorte que d’autres personnes soient attirées à y entrer et à découvrir les trésors abondants de grâce qui se trouvent à l’intérieur. Dans la promotion des valeurs chrétiennes, nous ne devons pas négliger de proclamer la source en donnant un témoignage commun à Jésus-Christ Seigneur. C’est Lui qui a confié la Mission aux apôtres, c’est Lui dont ont parlé les prophètes, et c’est Lui que nous offrons au monde ».

 

 

 

 

 

IV. « Dans un monde menacé par des formes de violence sinistres et aveugles, la voix commune de tous ceux qui ont un esprit religieux encourage les Nations et les communautés à résoudre les conflits par des instruments pacifiques, dans le plein respect de la dignité humaine ».

 

Après la rencontre œcuménique, le Saint-Père s’est rendu, dans la matinée du 18 juillet, dans la Salle du Chapitre de la St. Mary’s Cathedral, où il a rencontré les représentants d’autres religions. Après les discours de salutation du Cardinal George Pell, du Rabbin Chef de la Grande Synagogue de Sydney, Jeremy Lawrence, et du Cheikh Shardy, le Saint-Père a prononcé un discours dans lequel il a tout d’abord rappelé combien l’Australie était une Nation qui tenait « en grande considération la liberté de religion ». Votre Pays reconnaît que le respect de ce droit fondamental donne aux hommes et aux femmes la possibilité d’adorer Dieu selon leur conscience, d’éduquer leur esprit et d’agir selon leurs convictions éthiques qui découlent de leur credo ». Puis, le Saint-Père a souligné l’importance d’une « corrélation harmonieuse entre la religion et la vie publique », surtout à notre époque où certains considèrent que la religion est « cause de division plutôt que force d’unité… Dans un monde menacé par des formes de violence sinistres et aveugles, la voix commune de tous ceux qui ont un esprit religieux encourage les Nations et les communautés à résoudre les conflits par des instruments pacifiques, dans le plein respect de la dignité humaine ». La religion se met donc au service de l’humanité de différentes manières, dont l’une d’entre elles « consiste à offrir une vision de la personne humaine qui souligne notre aspiration innée à vivre avec magnanimité, en tissant des liens d’amitié avec notre prochain ». En outre, le sens religieux ouvre les hommes et les femmes vers Dieu « et les guide pour découvrir que la réalisation personnelle ne consiste pas dans la gratification égoïste de désirs éphémères. Il nous guide plutôt à aller au-devant des besoins des autres, et à chercher des voies concrètes pour contribuer au bien commun ». Le Saint-Père a rappelé ensuite que les religions enseignaient aux personnes que « le service authentique requérait le sacrifice et l’autodiscipline, qui, à leur tour, doivent être cultivées par l’abnégation, par la tempérance, et par l’usage modéré des biens naturels ». Ainsi, « les hommes et les femmes sont amenés à considérer l’environnement comme une chose merveilleuse à admirer et à respecter, au lieu de le considérer comme une chose utile simplement à consommer. C’est un devoir qui s’impose à ceux qui ont un esprit religieux de démontrer qu’il est possible de trouver de la joie dans une vie simple et modeste, en partageant avec générosité leur propre superflu avec ceux qui sont dans le besoin ». « Ces valeurs sont particulièrement importantes, a insisté le Saint-Père, pour une formation adéquate des jeunes ». Même s’ils sont souvent tentés de considérer la vie « comme un produit de consommation », les jeunes possèdent aussi la capacité du contrôle d’eux-mêmes, et quand se présentent des idéaux élevés, « de nombreux jeunes sont attirés par l’ascétisme et par la pratique de la vertu morale, par le respect de soi et par l’attention envers les autres ». Le Saint-Père a incité ensuite les écoles confessionnelles et les écoles publiques à faire beaucoup plus « pour développer la dimension spirituelle de chaque jeune », en considérant que, en Australie, « la religion a été un facteur décisif dans la fondation de nombreuses institutions éducatives, et continue aujourd’hui, à bon droit, d’occuper sa place dans les programmes scolaires ». Toutes les religions portent une attention constante à la merveille de l’existence humaine, à la capacité de l’esprit, à la possibilité de dresser une vision de l’avenir, à la capacité non seulement d’imaginer de quelle manière les choses pourraient être meilleures, mais aussi d’investir leurs énergies pour les rendre telles. « La religion, toutefois, en nous rappelant le caractère limité de l’homme et sa faiblesse, nous pousse aussi à ne pas mettre nos espérances ultimes dans ce monde qui passe… L’Eglise partage ces considérations avec les autres religions… Stimulée par la charité, elle aborde le dialogue avec la conviction que la source véritable de la liberté se trouve dans la personne de Jésus de Nazareth. Les chrétiens croient que c’est Lui qui nous révèle pleinement les possibilités humaines pour la vertu et pour le bien ; c’est Lui qui nous libère du péché et des ténèbres ». « Chers amis, je suis venu en Australie comme ambassadeur de paix, a conclu le Saint-Père. Pour cela, je suis heureux d’aider le monde à parvenir à la paix… Notre effort pour arriver à la réconciliation entre les peuples jaillit de cette Vérité, et est dirigé vers cette Vérité qui donne un but à la vie. La religion offre la paix, mais – chose plus importante encore – elle suscite dans l’esprit humain la soif de la Vérité et la faim de la vertu ».

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