Sujet du célèbre ouvrage de Bernanos "le Dialogue des Carmélites" (publié en 1949) qui fut aussi un opéra de Francis Poulenc (1957), et une œuvre de Gertrude von Le Fort (1931), nous nous rappelons ce douloureux épisode de la Terreur en France, et fêtons le témoignage glorieux de la fidélité à l'Eglise de ces seize humbles religieuses.

 

 

 

« L’Amour seul sera toujours victorieux, quand on aime, on peut tout »

(Mère Thérèse de Saint-Augustin)

 

 

 

La communauté des Carmélites déchaussées de Compiègne s'était formée en 1641, tirant son origine du monastère d'Amiens. Elle s'était placée sous l'invocation de l'Incarnation, avec une chapelle dédiée à l'Annonciation. Protégé par la Cour du Roi de France et par les princesses royales, le monastère se développa sur les bases solides de l'esprit thérésien. Au début de la tourmente révolutionnaire, les religieuses refusèrent de quitter leur habit monastique et poursuivirent le cours de leurs prières et de leurs sacrifices pour le Christ, pour la France. En septembre 1792, les carmélites acceptèrent la proposition de leur Prieure, la Bienheureuse Thérèse de Saint-Augustin, de s’offrir en holocauste pour le Seigneur. L'acte de consécration fut émis aussi par deux sœurs plus âgées qui dans un premier mouvement avaient eu peur de la perspective de la guillotine. Elles rejoignirent le reste de la communauté, et désormais elles prononcèrent toutes quotidiennement leur acte d'offrande -  offrande qui eut lieu deux ans plus tard. Depuis le 14 septembre 1792, après avoir été expulsées de leur monastère, elles s’étaient divisées en quatre groupes en vêtements civils dans divers logis ou appartements de Compiègne dans lesquels elles se cachaient. Elles continuaient leur vie de prière et restaient en contact les unes avec les autres par la correspondance, des messages transmis par des mains amies. Elles étaient aussi unies sous la direction spirituelle de leur Prieure, la Mère Thérèse de Saint-Augustin, qui tâchait de leur rendre visite régulièrement et de leur écrire le plus souvent possible. Mais elles furent trahies et dénoncées devant le Comité révolutionnaire. Elles furent arrêtées le 24 juin 1794. Elles furent d' abord incarcérées au couvent Sainte-Marie de la Visitation transformé en prison, puis transférées à Paris. Le 13 juillet 1794, elles furent enfermées dans la terrible prison parisienne de la Conciergerie remplie de personnes condamnées à mort. Elles gardaient toutefois un esprit de joie et de totale confiance en Dieu. Ainsi en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, le 16 juillet, une des religieuse réussit à obtenir un morceau de charbon avec lequel elle écrivit un hymne à la Vierge du Carmel sur l'air de la Marseillaise ! Le lendemain elles subirent un jugement sommaire pendant lequel elles manifestèrent leur vertu de force.

 

Elles furent condamnées à mort pour "fanatisme" (et spécialement pour leur dévotion au Sacré-Cœur de Jésus) et pour leur fidélité à la vie religieuse. Pendant leur transfert vers l’échafaud dressé à la Barrière du Trône, entourées des Sans-culottes et d’une foule silencieuse,- et pleine de respect pour leur sacrifice - elles entonnèrent le Miserere, le Salve Regina, le Te Deum. Après avoir chanté le Veni Creator au pied de la guillotine, elles renouvelèrent une à une leurs vœux religieux auprès de leur Prieure, et montèrent une à une les quelques marches qui les menaient à leur ultime profession de Foi. La Mère Thérèse de Saint-Augustin fut la dernière à être décapitée, et à prier pour ses sœurs, et pour la France alors qu'elle était en vie. Elle avait préparé ses filles, et leur répétait : « l’Amour seul sera toujours victorieux, quand on aime, on peut tout ». Leur martyre survenu le 17 juillet 1794 prouvait une foi de plus la victoire du bien sur le mal, la victoire du Christ sur cette révolution satanique.

 

 


Noms des seize carmélites

 

-          Sœur Saint Louis (Marie-Anne Brideau, 41 ans)

-          Sœur Euphrasie de l’Immaculée Conception (Marie Claude Cyprienne Brard, 57 ans)

-          Sœur Julie-Louise de Jésus (Rose Chrétien de Neuville, 53 ans)

-          Sœur Ste Marthe (Marie Dufour, 51 ans)

-          Sœur Constance de Jésus (Marie-Geneviève Meunier, 28 ans) (novice)

-          Sœur Marie-Henriette de la Providence (Anne Pelras, 34 ans)

-          Sœur de Jésus Crucifié (Marie-Anne Piedcourt, 79 ans)

-          Sœur Marie du Saint-Esprit (Angélique Roussel, 52 ans) (sœur converse)

-          Mère Thérèse de Saint Augustin (Madeleine Claudine Lidoine, 41 ans)

-          Sœur Thérèse de Saint Ignace (Marie Gabrielle Trézel, 51 ans)

-          Sœur Charlotte de la Résurrection (Anne Marie Madeleine Françoise Thouret, 79 ans)

-          Sœur St. François-Xavier (Juliette Verolot, 30 ans) (sœur converse)

-          Sœur Thérèse du Cœur de Marie (Marie-Antoinette Hanisset, 52 ans)

-          Sœur Catherine (Catherine Soiron, 52 ans) (tourière) - (n'était pas religieuse mais "femme gagée")

-          Sœur Thérèse (Thérèse Soiron, 43 ans) (tourière) - (même statut que sa sœur Catherine)

-          Mère Henriette de Jésus (Marie Françoise Gabrielle de Croissy, 49 ans)

 

 

Les corps des seize bienheureuses furent jetés dans une fosse commune avec d'autres guillotinés dans un lieu qui se trouve aujourd’hui au cimetière parisien de Picpus. Une plaque rappelle leur souvenir. Les Bénédictines anglaises de Cambrai qui furent incarcérées en même temps qu'elles à la Conciergerie ont recueilli de la part des Carmélites des documents, lettres, vêtements, etc. qui se trouvent aujourd'hui dans leur abbaye bénédictine en Angleterre. La Grande Terreur prit fin avant que la condamnation à mort des Bénédictines ne fût exécutée, ce qui permit leur libération peu après. Les Carmélites de Compiègne furent béatifiées le 13 mai 1906 par Sa Sainteté le Pape Saint Pie X.

 

Source

 

 

 

 

Lien : FILM : Le Dialogue des Carmélites (Roman de Georges Bernanos) 

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