De nos jours font fureur les déclarations et les initiatives qui mettent sur leur propre pavois l’étendard du « dialogue entre les religions », en trouvant des partisans même chez ceux qui ont un sens plus ou moins vague de la religion, et à plus forte raison du dialogue, si ce n’est « pro domo sua ». L’idée n’est pas nouvelle, proposée de nouveau récemment, de construire un « palais des religions ». Quelqu’un y avait déjà pensé à la veille du Jubilé de l’An 2000. En général, ces partisans sont d’anciens marxistes ou des marxistes d’après qui, mis à part la critique contre les religions de Marx et de Feuerbach, s’improvisent, un jour sur deux, les nouveaux empereurs de la « pax religiosa » et de laïcité de l’Etat. Ils se déclarent ouverts et tolérants, mais, au fond, ils désirent redimensionner le rôle du Catholicisme…

 

 

 

Nous préférons être avec l’Empereur Constantin qui écrivait : « Chacun pourra suivre la religion, la plus adaptée à sa propre conscience ». C’est une formule du célèbre Edit de Milan en 313, qui est, en embryon, la reconnaissance de la liberté de conscience. Et une autre formule déclare : « Pour donner aux Chrétiens et à tous les autres la possibilité de suivre la religion que chacun voudra ». Des signes de tolérance, après des vagues de persécutions, il y en avait déjà eu auparavant ; la nouveauté, ici, est totalement et exclusivement dans le concept de liberté religieuse : le droit de la « divinitas » d’être adorée comme elle le veut, fonde chez les individus la possibilité de suivre la religions que chacun aurait voulue (f. M. Sordi, I cristiani e l’impero romano, Milano, Jaca Book). C’est là le fondement de la laïcité de l’Etat, comme dit aujourd’hui : l’Etat reconnaît une instance qui est différente de lui, dont il n’est ni la source ni le modérateur de ses droits, et à laquelle, en conséquence, il ne doit pas faire de « concessions », et avec laquelle il peut et il doit entrer en relation. C’est là, en germe, cette idée de liberté et de démocratie qui reconnaît que l’Etat n’est pas la source absolue du pouvoir. En conséquence, la liberté religieuse n’est pas une concession qui naît de l’Etat : elle est au contraire le propre du « moi », un droit inaliénable de la personne, et l’Etat doit la reconnaître. Si l’on reconnaît que la divinité a le droit d’être adorée, il en découle la liberté de tous de pratiquer leur propre culte et leur propre foi religieuse selon leur conscience. Constantin a posé les bases pour la reconnaissance des droits de tout homme, qui ne sont pas conditionnés et dont on ne peut disposer. Il reconnaît en outre la liberté de culte non seulement comme droit de chaque personne, mais comme droit d’association, d’un corps social original, comme l’est l’Eglise. On reconnaît les droits des Chrétiens à être Eglise. Certes, il la considère comme fonctionnelle, avec un réalisme politique, pour l’unité de l’Empire ; mais, en convoquant Nicée, et en affirmant la Divinité du Christ, il pose le fondement de la caractéristique chrétienne par rapport à toutes les religions. La reconnaissance de la liberté religieuse, comme liberté de la personne, et la liberté de l’Eglise vis-à-vis de l’Etat, permettent que se développe, avec une force irrésistible, la vérité du Christianisme dans le monde antique des dieux, par rapport au culte antique, au polythéisme du Panthéon, dans lequel étaient admis les dieux. L’affirmation de Dieu, non seulement unique, mais UN, a une force énorme pour détruire les mythes, est une victoire sur la superstition, sur le formalisme, sur la double vérité du culte public et du scepticisme privé : le Christianisme surgit comme réconciliation entre raison et religion. Et précisément parce que la vérité n’est pas un mythe ou une formule rituelle, ou encore une idéologie d’Etat, mais est « vir qui adest », pour Augustin, c’est-à-dire un Homme Présent, nous avons là la racine de la tolérance. Le Christianisme a un rôle spécial à jouer, parce qu’il est la plus universelle des religions : il ne limite pas à un lieu, à une époque, à une langue donnée, même si l’enracinement historique de l’Incarnation est fondamental. L’expérience éducative de l’Eglise est vraie pour tout le monde. Quant au concept de dialogue, il n’est rien d’autre, du moins pour les Chrétiens, que la poursuite du grand dialogue commencé dès le début par le « Logos », par l’intermédiaire des prophètes, et, durant ces deux derniers millénaires, par l’Incarnation (cf. Lettre aux Hébreux, 1, 1) : l’Evangile n’est-il pas le « dialogue entre Dieu et l’homme », pour chaque génération ? Non pas entre les religions, qui est en réalité une abstraction, en raison du fait qu’elles sont des systèmes fermés sur eux-mêmes, mais entre les cultures, et, mieux encore, entre les philosophies des hommes.

 

A Regensburg précisément, le Pape a rappelé que nous avions un besoin urgent de ce dialogue, en élargissant le concept de raison et son usage. Ce n’est pas ici le lieu pour un approfondissement systématique. Il a rappelé en outre que l’Occident, en censurant Dieu, ne peut pas dialoguer avec les autres cultures du monde, qui restent déconcertées par notre sécularisation, comprise comme un refus de la raison, du sacré, de Dieu précisément. Le soi-disant dialogue interreligieux a donc besoin d’un changement de méthode : le signe donné par le Pape en Bavière va encore dans cette direction. La question foi-raison, concerne aujourd’hui aussi bien les musulmans que les chrétiens et les laïcs non croyants, en Europe, et ailleurs. Que ceux qui sont d’accord sur cette analyse s’unissent ! C’est aussi une indication du Pape Benoît XVI, tracée déjà quand il était le Cardinal Ratzinger. Il n’y a pas besoin, à Rome, de « palais » pour le dialogue : celui de l’ONU à New York suffit et est déjà de trop.

 

Fides

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