La situation des évêques de France n'est pas facile. Dans de nombreux diocèses jadis chrétiens, la rage iconoclaste d'un certain clergé des années 60-70 a conduit à une démolition en règle qui a touché la catéchèse, la doctrine, la liturgie, les coutumes et, de façon plus générale, tout ce qui apparaissait comme un véhicule privilégié de la foi. Maintenant, il n'y a plus guère que des personnes âgées qui fréquentent régulièrement les messes dominicales célébrées pour un regroupement de paroisses. Malheureusement, en de nombreuses églises, ce sont aujourd'hui ces mêmes personnes âgées et pratiquantes régulières qui souffrent du virus de la "modernité" dont les symptômes sont la peur d'être en retard sur ce qui se fait ailleurs, d'être dépassé, et la crainte de paraître "ploucs" si l'on ne chante pas les refrains bêtifiants entendus à la dernière session de formation pour animateurs liturgiques, et qu'on ne tape pas dans les mains…

 

 

 

Cette mentalité a été patiemment inoculée par le jacobinisme français qui a conduit à détruire en de nombreux milieux la fierté d'avoir des racines, surtout des racines chrétiennes. Et les ravages de ce jacobinisme ont été augmentés par les comportements d'un certain clergé qui, même après Vatican II, même après avoir troqué la soutane pour le polo et les jeans, a jalousement conservé tout le cléricalisme borné et autoritaire du XIXème siècle, tout en adoptant et en imposant les pires inepties du monde moderne. On imagine donc qu'il sera très difficile de redresser la barre, surtout quand à la faiblesse théologique des clercs s'ajoute le manque de soutien franc des évêques diocésains à l'égard des prêtres fidèles au pape, et quand fait défaut la diffusion des documents clairs et nets qui sont donnés par Rome. Dans de telles conditions, l'Eglise en France continuera à souffrir du mal dont elle souffre depuis tant de décennies et qui se manifeste par toutes les ambiguïtés qui atteignent directement la catéchèse, la prédication et la liturgie. On entend parfois dire que "petit à petit" les choses commencent à changer, à s'améliorer. Mais il n'est pas certain du tout que le "petit à petit" soit la meilleure méthode : plus on diffère, plus on attend que le "petit à petit" fasse son œuvre, plus les mauvaises habitudes s'enracinent et moins les fidèles comprennent la pertinence de ce que l'Eglise leur demande. D'autant qu'en France, l'Eglise ne leur demande plus rien depuis des dizaines d'années : aucune exigence, aucun choix à opérer. Les évêques - comme le faisait remarquer l'un d'eux dans un ouvrage récemment paru - semblent se contenter d'empiler de belles déclarations assez élastiques pour pouvoir être consensuelles, sans pour autant faire le bilan des résultats escomptés. Une certaine prédication (ou plutôt une non-prédication) a laissé croire aux fidèles que l'on pouvait vivre en chrétien en adoptant l'esprit du monde et en communiant à la messe comme si de rien n'était. Beaucoup de bons évêques, eux-mêmes otages de cet esprit du monde, ne disent rien par peur d'une rupture, d'une rébellion généralisée qui les laisserait seuls et désemparés. Alors on préfère maintenir des façades : une messe de la forme extraordinaire du rite romain ici ou là pour éviter les remous, et partout ailleurs la conservation de la grande pagaille liturgique; une "première communion" annuelle pour des petits enfants qu'on ne voit jamais à la messe ni avant ni après cette "belle cérémonie" qui permet à tata de mettre sa belle robe et à tonton de faire des photos; des messes de mariage célébrées après des années de concubinage (N°2390-2391) pour des gens qui ne mettent pas les pieds à l'église, et des messes d'enterrement qui sont des marques de sympathie pour la famille d'un défunt et non plus l'occasion de prier pour le repos de l'âme d'un disparu. D'ailleurs, parle-t-on encore de l'âme au cours des homélies dominicales ?

 

Seulement voilà : si, pour remédier à cette situation déliquescente on commence à remettre les choses en place en exigeant absolument le respect de la liturgie de l'Eglise ainsi que la présence des enfants et de leurs parents à toutes les messes dominicales, de nombreuses personnes diront : « Puisque c'est comme cela, on ne fera plus rien et on ne mettra plus les pieds à l'église. Tant pis pour le curé ». Et en bien des cas ce sera la démission des chorales, des servants de messe (quand il y en a encore) ainsi que la désertion des fidèles... C'est surtout ça que craignent certains évêques ainsi que beaucoup de prêtres pleins de bonne volonté... Et alors ? Un tel "électrochoc" dû au rappel d'exigences élémentaires pour qui se dit catholique n'aurait-il pas le mérite de clarifier les choses et de permettre de repartir sur des bases neuves et solides pour construire des communautés rassemblées autour d'une foi authentique ? Tant qu'on laissera les choses en l'état, on se moquera de Dieu... ou du moins permettra-t-on de se moquer de Lui. Mais il est vrai que Dieu n'intéresse plus beaucoup les catholiques. Dieu ennuie ou gêne... Entre la messe et le match de foot, le choix est vite fait ! Voilà où nous en sommes arrivés, et c'est ce qui permet de comprendre que la situation actuelle de l'Eglise en France laisse peu de marges de manœuvre aux évêques, même à ceux d'entre eux qui aimeraient appliquer les instructions données par le Siège apostolique.

 

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