Combien est différent le « regard » du Seigneur sur le monde et sur l’humanité, de celui des hommes qui, souvent, ne parviennent pas à voir au-delà des apparences ! La conversion du cœur consiste à apprendre de Jésus à regarder la réalité avec un regard nouveau, Son regard, « tout autre » que celui du monde. Le suivre veut dire aussi : poser son « regard » là où il le pose lui-même, donner de l’importance à ce qui provient vraiment de Son amour, et non pas à ce qui provient de notre propre amour qui est « myope » par sa nature même, ne pouvant regarder au-delà de nous-mêmes. Se mettre à l’école de l’Evangile veut dire apprendre, jour après jour, à aller au-delà de notre propre horizon, tellement limité par l’égoïsme, pour regarder dans la même direction que Jésus, pour partager les mêmes aspirations de bonté, de vérité, de beauté contenues dans chacune de Ses paroles…

 

 

  

Quand il nous demande de nous aimer comme Il nous a aimés (cf. Jean 13, 34), il nous demande en même temps d’avoir sur notre prochain une « regard » nouveau, c’est-à-dire renouvelé par la charité. C’est probablement là le plus grand problème pour un chrétien : vivre « au sein » de cette parole-commandement de Jésus, pour que, chaque jour, il s’incarne dans la vie et la renouvelle par la charité. Je vous donne un commandement nouveau : « que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés ». Je peux aimer de cette manière seulement si je « vois » l’autre comme le « voit » Jésus. Si je le juge, si je le condamne, je sors du « regard » du Christ et je deviens « aveugle », incapable d’aller au-delà de mon jugement, qui me fait « voir » l’autre inférieur à moi : « Pourquoi regardes-tu la paille que est dans l’œil de ton frère, et ne te préoccupe pas de la poutre qui est dans le tien ? » (Luc 6, 41). « Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu (Matthieu 5, 8). Un cœur pur, un cœur qui aime Dieu en s’oubliant, regarde dans la même direction que Jésus, et « voit » dans l’autre la ressemblance divine « imprimée » en lui, il le reconnaît comme étant rempli de dignité, il découvre ses possibilités de faire le bien, même quand elles sont comme « enterrées » par le péché qui défigure l’homme mais ne lui enlève pas la dignité d’enfant de Dieu.Dans la parabole de l’enfant prodigue, appelée aussi de manière plus juste « du père miséricordieux », il y a les deux « regards » différents du père et du fils aîné, qui se posent sur le pauvre enfant qui retourne chez lui, humilié sous le poids de ses propres péchés (cf. Luc 15, 18-19). Le premier voit dans l’enfant prodigue une réalité totalement différente de celle qui est perçue en revanche par le deuxième. Tous deux arrivent à des conclusions opposées : le père, rempli de miséricorde, fait fête pour le fils cadet, « parce qu’il était mort et qu’il est revenu à la vie. Il était perdu et il a été retrouvé » (Luc 15, 24) ; le fils aîné, en revanche, sans compassion, « se fâche » (Luc 15, 28) ; ses « yeux » sont incapables de « voir » ce que « voit » le père. Il s’oppose à la joie du père, parce qu’il ne parvient pas à en voir les raisons, en croyant que c’est lui qui a raison. S’il avait rencontré son frère, avant son père, il l’aurait probablement empêché de s’approcher de la maison, mais il n’en faut pas ainsi. Dans cette étonnante parabole, Jésus, non pas par hasard, nous dit que le premier regard qui s’est posé sur l’enfant prodigue a été celui du père (cf. Luc 15, 20) ! Qu’il est beau et consolant de savoir que celui qui voit le premier est toujours le Seigneur ! Que Son regard repose sur chacun d’entre nous avec une bienveillance inimaginable ! Si nous le croyons, nous aurons la force, dans nos rencontres et dans les événements de chaque jour, d’avoir, nous aussi, un regard de miséricorde qui « rencontre » le prochain pour « le revêtir » de bonté. Il faut demander chaque jour au Saint-Esprit de nous donner la grâce d’avoir les mêmes sentiments que le Christ : mansuétude et patience, humilité et bienveillance. Et ainsi, se réalisera ce qui est souhaité par l’Apôtre : « Mettez le comble à ma joie par l'accord de vos sentiments: ayez le même amour, une seule âme, un seul sentiment ; n'accordez rien à l'esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l'humilité estime les autres supérieurs à soi ; ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres. Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Philippiens 2, 2-5), « à nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n'ont qu'un temps, les invisibles sont éternelles » (2 Corinthiens 4, 18).

 

Le Saint-Esprit veut nous donner cette charité, mais pour cela, nous devons prier, comme l’a rappelé le Saint-Père aux jeunes lors des récentes Journées Mondiales de la Jeunesse : « Toutefois, cette force, grâce du Saint-Esprit, n’est pas quelque chose que nous pouvons mériter ou conquérir ; nous pouvons seulement la recevoir comme pur don. L’amour de Dieu peut répandre sa force seulement quand nous lui permettons de nous changer de l’intérieur. C’est nous qui devons lui permettre de pénétrer dans la croute de notre indifférence, de notre fatigue spirituelle, de notre conformisme aveugle à l’esprit de ce temps dans lequel nous vivons, C’est seulement alors que nous pouvons lui permettre d’éclairer notre imagination et de former nos désirs les plus profonds. D’où l’importance de la prière quotidienne, la prière « privée dans le silence de notre cœur, et devant le Très Saint-Sacrement, et la prière liturgique au sein de l’Eglise. Elle est une pure réceptivité de la grâce de Dieu, un amour en action, une communion avec l’Esprit qui demeure en nous et nous guide, par Jésus, dans l’Eglise, à notre Père Céleste » (Homélie du Pape Benoît XVI, 20 juillet, Sydney). La Sainte Vierge avait le regard toujours tourné vers Jésus et elle regardait dans Sa même direction ; c’est pourquoi elle s’est aperçue à Cana qu’il n’y avait plus de vin (cf. Jean 2, 3). Son intercession fut définitive par ce miracle opéré par le Seigneur, comme aussi pour tous les autres miracles dans notre vie. Elle est en effet notre Médiatrice et notre Avocate auprès de Dieu. A la Mère de Miséricorde, consacrons notre vie, et, avec une confiance filiale, abandonnons-nous à Elle, parce que, avec une telle Mère, nous serons toujours à l’abri, en Dieu !

 

Fides

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