Les « idéologies du Mal », Jean-Paul II en a fait l’expérience personnelle. Nazisme ou communisme en sont des exemples éloquents. Mais pourquoi tant d’atrocités ? Peut-être parce que, lorsque nous vivons au sein même de ce Mal, il est impossible de prendre le recul nécessaire. A travers ses méditations politiques et spirituelles, le Bienherueux Pape Jean-Paul II nous propose une relecture de l’Histoire pour que la mémoire de ces terribles années ne soit jamais engloutie par le temps. Ci-dessous, un extrait de son livre "Mémoire et Identité" :

 


 

« Le Mal, dans son sens réaliste, ne peut exister qu’en relation au Bien et, en particulier, en relation à Dieu, Bien Suprême. Le livre de la Genèse parle précisément de ce Mal. C’est dans cette perspective qu’on peut comprendre le péché originel, et aussi tout péché personnel de l’Homme. Mais ce Mal a été racheté par le Christ, par la Croix. Ou, plus précisément, l’Homme a été racheté, lui qui, par l’action du Christ, est devenu participant de la vie même de Dieu. Dans la mentalité des Lumières, tout cela, le grand drame de l’histoire du Salut, avait disparu. L’Homme était resté seul : seul comme créateur de sa propre histoire et de sa propre civilisation ; seul comme celui qui décide de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, comme celui qui existerait et agirait etsi Deus non daretur même si Dieu n’existait pas. Si l’homme peut décider par lui-même, sans Dieu, de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, il peut aussi disposer qu’un groupe d’hommes soit anéanti. Des décisions de ce genre furent prises par exemple sous le Troisième Reich, par des personnes qui, étant arrivées au pouvoir par des voies démocratiques, s’en servirent pour mettre en œuvre les programmes pervers de l’idéologie national-socialiste qui s’inspirait de présupposés racistes. Des décisions analogues furent prises par le parti communiste de l’Union soviétique et des pays soumis à l’idéologie marxiste. C’est dans ce contexte qu’a été perpétrée l’extermination des Juifs, de même que celle d’autres groupes, comme par exemple l’ethnie rom, les paysans d’Ukraine, le clergé orthodoxe et catholique en Russie, en Biélorussie et au-delà de l’Oural. De manière analogue, les personnes gênantes pour le régime furent persécutées : par exemple les anciens combattants de septembre 1939, les soldats de l’Armée nationale en Pologne après la seconde guerre mondiale, les représentants de l’intelligentsia qui ne partageaient pas l’idéologie marxiste ou nazie. Il  s’agissait normalement d’élimination au sens moral : la personne était empêchée d’exercer ses droits, de manière plus ou moins drastique. Parvenus à ce point, on ne peut omettre d’aborder une question plus que jamais actuelle et douloureuse. Après la chute des régimes édifiés sur « les idéologies du Mal », dans les pays concernés, les formes d’extermination ont en effet cessé. Demeure toutefois l’extermination légale des êtres humains conçus et non encore nés. Il s’agit encore une fois d’une extermination décidée par des Parlements élus démocratiquement, dans lesquels on en appelle au progrès civil des sociétés et de l’humanité entière. D’autres formes de violations de la Loi de Dieu ne manquent pas non plus. Je pense par exemple aux fortes pressions du Parlement européen pour que soient reconnues les unions homosexuelles comme une forme alternative de famille, à laquelle reviendrait aussi le droit d’adopter. On peut et même on doit se poser la question de savoir s’il ne s’agit pas, ici encore, d’une nouvelle « idéologie du mal », peut-être plus insidieuse et plus occulte, qui tente d’exploiter, contre l’homme et contre la famille même, les droits de l’homme. Pourquoi tout cela arrive-t-il ? Quelle est la racine de ces idéologies de l’après-Lumières ? En définitive, la réponse est simple : cela arrive parce que Dieu en tant que Créateur a été rejeté, et du même coup, la source de détermination de ce qui est bien et de ce qui est mal. On a aussi rejeté la notion de ce qui, de manière plus profonde, nous constitue comme très humains, à savoir la notion de « nature humaine » comme « donné réel », et a sa place, on a mis un « produit de la pensée » librement formée et librement modifiable en fonction des circonstances. Je considère qu’une réflexion plus attentive sur cette question peut nous conduire au-delà de la rupture cartésienne. Si nous voulons parler de manière sensée du Bien et du Mal, nous devons revenir à Saint Thomas d’Aquin, c’est-a-dire à la philosophie de l’être. Grâce, par exemple, à la méthode de la phénoménologie, on peut examiner des expériences comme celles de la moralité, de la religion ou de l’être-homme, en en tirant un enrichissement significatif pour nos connaissances. On ne peut cependant oublier que toutes ces analyses présupposent implicitement la réalité de l’être-homme, à savoir qu’il existe un être crée, et aussi, un être absolu. Si l’on ne part pas de tels présupposés « réalistes », on finit par se mouvoir dans le vide » (cf : Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, Mémoire et Identité).

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