La Solennité de la Toussaint (1er novembre) et la commémoration de Tous les fidèles défunts (2 novembre) nous rappellent l’existence de la réalité de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis. Ce qu’on appelle les « fins dernières » est loin d’être une pieuse légende, il s’agit d’une réalité spirituelle fondamentale qui « dès les premiers temps (…) a influencé les chrétiens jusque dans leur vie quotidienne en tant que critère permettant d’ordonner la vie présente, comme appel à leur conscience et, en même temps, comme espérance dans la justice de Dieu » (Benoît XVI, Spe Salvi 41). Il semble qu’aujourd’hui cette perspective fondamentale soit trop souvent reléguée au second plan. Un essai rapide de mise au point et d’explication sur cette géographie de l’au-delà semble donc utile. Réfléchir sur la mort, les fins dernières et l’au-delà suppose, tout d’abord, de comprendre ce que nous sommes en tant que vivants…

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Nous sommes constitués de deux réalités, l’une matérielle (le corps) et l’autre spirituelle (l’âme). Le Concile Vatican II le souligne très précisément : « Corps et âme, mais vraiment un, l’homme est, dans sa condition corporelle même, un résumé de l’univers des choses, qui trouvent ainsi, en lui, leur sommet, et peuvent librement louer leur Créateur. (…) Ainsi, lorsqu’il reconnaît en lui-même une âme spirituelle et immortelle, (…) il atteint le tréfonds même de la réalité. » (Gaudium et Spes 14). La mort est la séparation de l’âme et du corps comme l’évoque la prière de recommandation de l’âme : « Quitte ce monde âme chrétienne (…). Retourne auprès de ton Créateur qui t’a formé de la poussière du sol. (…) Qu’à l’heure où ton âme sortira de ton corps, Marie, les anges et tous les saints se hâtent à ta rencontre (…). » La foi chrétienne affirme, après la mort, la survivance et la subsistance de l’âme. Le corps tombe d’abord en corruption tandis que l’âme va vers le jugement de Dieu. Elle ne sera réunie au corps ressuscité, que lors du jugement dernier, quand le Christ reviendra dans la gloire.

 

 

 

 

Le jugement particulier

 

L’épître aux Hébreux affirme : « Les hommes ne meurent qu’une fois, après quoi il y a un jugement. » (He 9, 27) Il faut faire attention de ne pas comprendre le jugement du Christ de façon légaliste et humaine. Cela nous ferait faire un grave contresens, et surtout, cela n’aurait pas grand-chose à voir avec le message évangélique. Dans le langage biblique, le mot juger signifie : conduire, diriger, protéger, sauver. Pour bien comprendre cela, il suffit de relire le livre des Juges. La justice de Dieu n’est pas celle qui punit mais celle qui justifie, fait justice et sauve. Le Christ nous révèle que le critère du jugement est l’amour du prochain (Mt 25) et il l’a lui-même mis en pratique en mourant sur la croix : « Père, pardonne-leur… ». Ce terme de jugement ne doit pas nous effrayer, et nous devons nous rappeler que « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais que par lui le monde soit sauvé (…). Et le jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la Vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. » (Jn 3, 17-21) Le jugement particulier est donc une sorte de mise en lumière de notre propre vie par la lumière divine, qui enfin nous rend totalement justice. L’âme assume, alors, pour toujours ce qu’elle a choisi durant sa vie terrestre : « l’ascension à la Béatitude du Ciel, aussitôt ou après une purification proportionnée, ou au contraire (…) la condamnation éternelle de l’enfer. » (Abrégé du Catéchisme de l’Eglise catholique 208)

 

 

 

 

L’Enfer

 

Comment comprendre le sens de l’enfer ? Le catéchisme nous rappelle que « Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de L’aimer. Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nous-mêmes. » (CEC 1033) Donc si nous mourons en état de péché mortel, c’est-à-dire sans nous repentir et en persévérant dans le rejet de Dieu, nous demeurons librement et volontairement séparés de Dieu pour toujours. C’est cette situation d’auto-exclusion volontaire et définitive de la communion avec Dieu que l’Eglise appelle « Enfer ». L’enfer respecte le choix de notre liberté. « La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur, pour lesquels il a été créé, et auxquels il aspire. » (CEC 1035) Dans les représentations de l’enfer, il faut faire la part de l’imagerie. Au cœur de ces allégories, il y a pourtant une question fondamentale : Qui est damné ? Il ne nous appartient pas d’y répondre, Jésus le dit : « Ne jugez pas et vous en serez pas jugés » ! Dieu veut sauver tous les hommes mais pas malgré eux.

 

 

 

 

Le Purgatoire

 

Si nous mourons en amitié avec Dieu tout en conservant encore quelques traces de péché, nous aurons besoin d’une purification. L’ Église nomme Purgatoire cette ultime purification. Le catéchisme de Saint Pie X enseigne que « le Purgatoire est la souffrance temporaire consistant dans la privation de Dieu et en d’autres peines qui purifient l’âme de tout reste de péché pour la rendre digne de voir Dieu. » Dans l’Encyclique Spe Salvi, Benoît XVI rappelait l’origine de la prière pour les âmes du purgatoire : « Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l’idée qu’on peut venir en aide aux défunts, dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2M 12, 38-45). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens, et elle est commune à l’Eglise, orientale et occidentale. » (48) C’est pourquoi, l’Eglise encourage et recommande les prières, les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts. (cf. CEC 1032)

 

 

 

 

Le Paradis

 

Si, durant notre vie, nous avons correspondu parfaitement à l’Amour de Dieu et vécu selon sa volonté, nous serons accueillis au Paradis. Nous y verrons Dieu, en compagnie des anges et des saints. Il s’agit de « la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif. » (CEC 1024) Cet état paradisiaque dépasse notre compréhension et nos représentations. La Bible nous le décrit par des images : le festin des noces, la maison du Père, la Jérusalem céleste où tout est vie, lumière et joie. Le poète Paul Claudel décrit, dans un poème, la joie de l’âme sauvée : « Tout s’est tu, mais l’Esprit qui contient toute chose ne se contient pas en moi. / L’esprit qui tient toute chose ensemble a la science de la voix, / Son cri intarissable en moi comme une eau qui fuse et qui déferle ! / Il n’est à ce discours parole ou son, pause ou sens, / Rien qu’un cri, la modulation de la Joie, la Joie même qui s’élève et qui descend, / Ô Dieu, j’entends mon âme folle en moi qui pleure et qui chante ! / Tant qu’il fait jour encore et que ce n’est pas la nuit, / J’entends mon âme en moi comme un petit oiseau qui se réjouit, / Toute seule et prête à partir, comme une hirondelle jubilante ! »

 

 

 

 

Et les Limbes ?

 

Un autre « espace » de l’au-delà est désigné sous le terme de « limbes ». Ce terme est utilisé pour parler du sort des enfants morts sans baptême. La doctrine des limbes n’a jamais été de foi. Récemment la Commission théologique internationale a dit que les limbes restent une opinion théologique possible tout en relevant que qu’il ne s’agit plus de l’enseignement commun de l’ Église. Cette doctrine semble relever d’une démarche purement rationnelle et non pas théologique

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