Dans l’Encyclique sur l’espérance, le Pape Benoît XVI pose la question et se demande si l’espérance chrétienne est individualiste (cf. n. 13-15). Il part des images du « ciel » par lesquelles les chrétiens ont représenté l’espérance tout au long des siècles, en permettant à beaucoup « l’élan de vivre sur la base de la foi, et d’abandonner pour cela aussi leur ‘hyparchonta’, les substances matérielles pour leur existence » (n° 13). Puis, il ne cache pas que « de ce type d’espérance, s’est élevée dans le temps moderne, une critique toujours plus dure : il s’agirait de pur individualisme, qui aurait abandonné le monde à sa misère, et se serait réfugié dans un salut éternel seulement privé » (ibid.).

 

 

 

Mais la réponse à cette critique, le Père Henri de Lubac l’a déjà donnée, dans l’introduction de son œuvre fondamentale « Catholicisme. Aspects sociaux du dogme » : « Face à cela, de Lubac, en se fondant sur la théologie des Pères dans toute son ampleur, a pu montrer que le salut a toujours été considéré comme une réalité communautaire. La Lettre aux Hébreux parle d'une « cité » (cf. 11, 10.16; 12, 22; 13, 14) et donc d'un salut communautaire. De manière cohérente, le péché est compris par les Pères comme destruction de l'unité du genre humain, comme fragmentation et division. Babel, le lieu de la confusion des langues et de la séparation, se révèle comme expression de ce qu’est fondamentalement le péché. Et ainsi, la « rédemption » apparaît vraiment comme le rétablissement de l'unité, où nous nous retrouvons de nouveau ensemble, dans une union qui se profile dans la communauté mondiale des croyants» (n° 14). Puis, se référant au témoignage de Saint Augustin dans la « Lettre à Probe », le Saint-Père déclare : « Cette vie véritable, vers laquelle nous cherchons toujours de nouveau à tendre, est liée au fait d'être en union existentielle avec un « peuple » et, pour toute personne, elle ne peut se réaliser qu'à l'intérieur de ce « nous ». Elle présuppose donc l'exode de la prison de son propre « moi », parce que c'est seulement dans l'ouverture de ce sujet universel que s'ouvre aussi le regard sur la source de la joie, sur l'amour lui-même – sur Dieu » (ibid.). A présent, nous devons noter que ce « nous » du chrétien, comme le disait Saint Jérôme, est l’Eglise. Lui appartenir et la répandre dans le monde veut dire répandre l’espérance théologale parmi tous les hommes, la même qui est apparue le matin de Pâque, et qui fit dire à Marie de Magdala : « Le Christ, mon espérance est ressuscité ». Pour cela, le Saint-Père note : « Cette vision de la ‘vie bienheureuse’ orientée vers la communauté vise en fait quelque chose au delà du monde présent, mais c'est précisément ainsi qu'elle a aussi à voir avec l'édification du monde – en des formes très diverses, selon le contexte historique et les possibilités offertes ou exclues par lui. Au temps d'Augustin, lorsque l'irruption de nouveaux peuples menaçait la cohésion du monde, où était donnée une certaine garantie de droit et de vie dans une communauté juridique, il s'agissait de fortifier le fondement véritablement porteur de cette communauté de vie et de paix, afin de pouvoir survivre au milieu des mutations du monde » (n° 15). Comme preuve, il y a l’exemple des monastères. D’après la vision de Bernard de Clairvaux, « les moines ont une tâche pour toute l'Église et par conséquent aussi pour le monde… Le genre humain vit grâce à peu de gens; s'ils n'existaient pas, le monde périrait ». De cette manière, se prépare le Paradis ».

 

Le Saint-Père en arrive ainsi à la conclusion suivante : « Un terrain sauvage est rendu fertile – précisément tandis que sont en même temps abattus les arbres de l'orgueil, qu'est enlevé ce qui pousse de sauvage dans les âmes et qu'est préparé ainsi le terrain sur lequel peut prospérer le pain pour le corps et pour l'âme. Ne nous est-il pas donné de constater de nouveau, justement face à l'histoire actuelle, qu'aucune structuration positive du monde ne peut réussir là où les âmes restent à l'état sauvage? » (n°.15). Et ainsi, l’espérance, qui n’est pas individualiste mais communautaire, dépend toutefois de manière paradoxale, de la conversion de la personne, pour changer le monde des hommes, pour préparer non l’utopie du « paradis sur la terre », mais, comme le dit Saint Pierre « des cieux nouveaux et une terre nouvelle, où la justice aura une demeure stable »

 

Fides

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