L’affirmation du Pape Benoît XVI a frappé les moyens d’information, selon laquelle, en réalité, il ne peut y avoir le dialogue entre les religions mais entre les cultures. Il s’agit, pour ceux qui connaissent la pensée de Joseph Ratzinger, d’une thèse déjà connue et amplement développée dans le livre très important « Fede, Verità, Tolleranza » (Cantagalli, 2003). Mais de quoi s’agit-il ? La confrontation avec les religions, selon cette position théologique habituelle, serait un affront de la « conscience religieuse », c’est-à-dire de la conscience qu’elles ont d’elles-mêmes, et irait, de par elle-même, au-delà du « théologique » au sens où nous, catholiques, nous l’entendons, ou nous devrions l’entendre, c’est-à-dire, fondé sur la Révélation judéo-chrétienne et sur la Tradition de l’Eglise. Et donc, la base commune du dialogue interreligieux ne peut être que la raison. Et c’est la confrontation que le Pape à proposée dans le discours historique de Ratisbonne. Si une telle position n’est pas comprise comme il faudrait, c’est parce que l’idée de la raison, et surtout l’expérience, n’est pas partagée. Pour le Christianisme, et le Saint-Père le rappelle avec une sollicitude pétrinienne, la raison ne peut être prisonnière d’un simple horizon empirique, et elle ne peut pas exclure pour censurer des éléments qu’elle reconnaît elle-même comme présents, et donc constitutifs, dans l’homme. Une raison qui relèguerait le sens religieux à l’intérieur des pures options subjectives, devrait inévitablement interpréter le dialogue interreligieux en dehors de son propre horizon comme « théologiquement » fondé (et donc, dans cette conception, il ne serait pas raisonnable, parce que « dogmatique »). Existe-t-il peut-être aussi une certaine théologie qui ne reconnaît pas à la raison son horizon adéquat ? Qui, à force de dialoguer avec la modernité et la postmodernité, avec la pensée faible (ou humble, comme le soutiennent certains), n’est même plus consciente de sa propre identité et de son propre statut épistémologique élémentaire ? Au contraire se demande Benoît XVI dans l’Encyclique ‘’Spe Salvi’’ au numéro 23 : « Mais quand la raison domine-t-elle vraiment ? Est-ce quand elle s’est détachée de Dieu ? Est-ce quand elle est devenue aveugle pour Dieu ? La raison du pouvoir et du faire est-elle déjà la raison intégrale ? ». La réponse chrétienne à ces questions est claire : la raison « ne devient humaine que si elle est en mesure d'indiquer la route à la volonté, et elle n'est capable de cela que si elle regarde au delà d'elle-même. Dans le cas contraire, la situation de l'homme, dans le déséquilibre entre capacité matérielle et manque de jugement du cœur, devient une menace pour lui et pour tout le créé » (ibid.). A cause précisément de cette idée différente et de cette expérience différente de raison, on ne comprend pas le rapport réel et essentiel entre raison et foi, et comment cette dernière a à cœur la raison, au point de « la rappeler » continuellement à sa propre stature réelle, à sa propre victoire sur toute tentative réductionniste imposée par la culture dominante. Le Pape poursuit en effet en ces termes : « La raison est le grand don de Dieu à l’homme, et la victoire de la raison sur l’irrationalité est aussi un but de la foi chrétienne ». Pour ces raisons, le véritable dialogue interculturel est fondé sur la raison, et il est donc capable de tenir compte aussi du sens religieux humain. Plus et mieux que le soi-disant dialogue interreligieux.

 

Fides

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