« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : préparez la voie du Seigneur » (Jean 1, 23). Durant le temps de l’Avent, la « voix » du Précurseur se fait entendre de nouveau, qui nous gêne et nous secoue, pour faire refleurir en nous le désir, parfois éteint, de l’intimité avec Dieu. Cette « voix » nous rappelle avant tout que rien ne se purifie, que rien ne se redresse sans l’humilité. La superbe et l’orgueil rendent en effet impossible le chemin vers le Seigneur. Il est plus que connu que l’orgueil est comme un « syndrome de super-moi », qui amène à se considérer comme meilleur et plus important que les autres. Ce syndrome peut être surmonté seulement si, de toutes nos forces, nous nous jetons comme des enfants dans les bras de Dieu, et si nous reconnaissons humblement que, sans Lui, il n’y a aucune consistance dans l’homme. L’orgueil est la lèpre de l’âme, dont il faut guérir bien vite si l’on ne veut pas que ce mal s’étende comme une tache d’huile, jusqu’à compromettre même les actions les plus pieuses et les plus généreuses.

 

 

 

Le Baptiste l’a bien compris, et, dans le désert, il a fait la meilleure école pour donner sa place au Seigneur qui vient : l’exercice intense et constant de l’humilité qui est la vertu des vertus ! Il apprit à « se mettre à part », à choisir d’être au milieu des hommes, à ne pas s’élever, mais à s’humilier, à ne pas apparaître, mais à se cacher, à ne pas « compter », mais à se réduire à une faible « voix ». Quand les prêtres et les lévites vinrent de Jérusalem pour lui demander qui il était, « Il confessa, il ne nia pas, il confessa : « Je ne suis pas le Christ. » « Qu'es-tu donc ? lui demandèrent-ils. Es-tu Élie ? » Il dit : « Je ne le suis pas. » - « Es-tu le prophète ? » Il répondit : « Non ». Ils lui dirent alors : « Qui es-tu, que nous donnions réponse à ceux qui nous ont envoyés ? Que dis-tu de toi-même ? » - Il déclara : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droit le chemin du Seigneur, comme a dit Isaïe, le prophète. » (Jean 1, 20-23). Jésus l’aimait profondément, parce qu’il voyait en lui le serviteur authentique de Dieu, qui ne se cherche pas lui-même en quoi que ce soit, mais qui recherche la gloire de son Seigneur. Jean Baptiste vivait déjà par avance ces Béatitudes que le Seigneur aurait prêchées un jour : « Bienheureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté, car le Royaume des Cieux est à eux… Bienheureux les cœurs purs parce qu’ils verront Dieu » (Matthieu 5, 3 ss). Oui, tu es bienheureux, Jean, parce tu ne t’es pas assis à table pour être servi, mais que tu as toujours servi et que, à la fin, tu as disparu. Non seulement tu t’es revêtu de peaux de chameau, mais, sans t’en rendre compte, tu te revêtais toujours plus du Christ, parce que tu savais te dépouiller progressivement de ton « moi ». Ton programme était le suivant : « Il doit grandir et moi, en revanche, je dois disparaître » (Jean 3, 30). Il n’a pas été difficile pour les disciples de Jean Baptiste, comme André et Jean, de suivre Jésus, d’être attirés par Sa « voix », parce qu’ils étaient déjà habitués, formés par l’autre « voix », à reconnaître la Vérité. Jean ne faisait pas ombrage à Jésus, il ne se plaçait pas devant ou de côté pour être « vu », et « considéré » lui aussi. Il était toujours derrière Jésus ! Jean a tout donné au Seigneur, lui-même, et ses disciples, ses fidèles, sa mission… et sa vie elle-même, en mourant pour la Vérité ! En lui s’est réalisé en plénitude ce que Jésus dira un jour : « Celui qui voudra sauver sa propre vie, la perdra, mais celui qui perdra sa propre vie pour moi et pour l’Evangile, la sauvera » (Marc, 8, 35). Le « moi », le prisonnier éternel du cœur, est vaincu seulement par l’humilité qui amène à se perdre soi-même. Se décider pour Jésus ne suffit pas ; si l’on veut devenir semblable à Lui, ses amis authentiques, il faut « apprendre à perdre ». Jour après jour, on doit s’exercer à cet « art » ardu de s’oublier, de ne pas se contempler, pour Le fixer et regarder là où Il porte son regard. Ce lui qui progresse dans cet art, cessera de juger le prochain, de considérer qu’il est meilleur que les autres, de vouloir avoir raison, de compter, d’apparaître, de devenir jaloux, de se plaindre… La voie de l’humilité véritable est un dépouillement progressif de soi, pour devenir toujours plus semblable à un enfant, à cet enfant que nous étions un jour. Ce « jour » n’est pas si loin, et pourtant, pour le retrouver, il faut faire un effort et beaucoup de temps, parce que l’orgueil du cœur et de l’esprit gonfle le « moi », en le rendant pesant et encombrant comme une pierre qui ne veut pas se déplacer de là où elle se trouve.

 

Seuls d’innombrables actes d’humilité, venus du plus profond de notre cœur, peuvent déplacer cette pierre pesante, peuvent « délier » les lacets de l’orgueil qui maintiennent prisonnière la volonté. Seule l’humilité du cœur cache l’esprit du mal, et nous fait découvrir la joie de ne rien posséder, d’être vraiment libres comme nous l’étions quand nous étions petits, quand nous ne connaissions pas encore cette malice des orgueilleux, cette « intelligence » au service de ses propres intérêts, qui empêchent l’abandon à Dieu. La « voix » continue à crier : préparez la voie au Seigneur, redevenez des enfants, autrement vous trébucherez au lieu de courir vers Jésus qui vient, enfant Lui aussi, pour visiter les « petits » de la terre !

 

Fides

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