« Ô miracle vraiment nouveau ! Sa conception est exempte de honte, son enfantement de souffrance. La malédiction qui pesait sur Ève est changée chez notre Vierge en une bénédiction, comme l’annonçait l’ange Gabriel, « Vous êtes bénie entre les femmes ». Ô Bienheureuse, seule entre les femmes à être bénie, et non maudite, seule à être libérée de la malédiction jetée sur toutes, et à ne pas connaître la douleur de l’enfantement. Il n’est pas étonnant, mes frères, que Jésus n’ait pas fait souffrir sa Mère, lui qui venait soulager les souffrances du monde entier, suivant l’oracle d’Isaïe : « Il a vraiment pris sur lui nos douleurs ». La faiblesse humaine redoute deux choses : la honte et la souffrance. Le Christ est venu porter l’une et l’autre, il les a prises l’une et l’autre, quand des impies l’ont condamné à mort, et à la plus honteuse des morts. Et c’est pour nous donner l’assurance qu’il nous enlevait ces deux choses qu’il a voulu en préserver d’abord sa Mère, et qu’il n’y eut dans sa conception nulle honte, dans son enfantement nulle douleur. Les richesses s’accumulent encore, la gloire augmente : voici de nouvelles merveilles. Non seulement Marie conçoit sans honte et enfante sans douleur, mais elle devient Mère sans en subir aucun dommage. Prodige véritablement inouï ! Une vierge enfante et après l’enfantement, sa chair demeure intacte ! Elle possède, tout à la fois, la fécondité et l’intégrité virginale, les joies de la maternité et l’honneur de la virginité ! Désormais j’attends avec confiance la gloire de l’incorruptibilité promise à ma chair, puisqu’elle m’est assurée par Celui qui conserva l’intégrité de sa Mère. Pour Celui qui donna à sa Mère de le mettre au monde sans perdre sa virginité, il sera facile de revêtir d’incorruptibilité mon corps corruptible en le ressuscitant. Et cependant, tu as encore des richesses plus abondantes et une gloire plus grande. La Mère garde son intégrité virginale, le Fils est sans aucun péché. La malédiction qui atteint Ève ne tombe pas sur la Mère, et la loi générale énoncée par le prophète : « Nul n’est pur de toute souillure, pas même l’enfant d’un jour », ne tombe pas sur le Fils. Voici un enfant sans souillure, le seul qui soit véridique parmi les hommes, ou mieux, qui est la Vérité même. Voici l’Agneau sans tache, « l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde ». Qui pourrait, en effet, mieux effacer les péchés que celui qui n’est pas sous le coup du péché ? Sans aucun doute celui-là peut me purifier, qui ne connaît pas la souillure. Que cette main, la seule qui soit nette de toute poussière, enlève la boue qui recouvre mes yeux. Les miracles s’accroissent, les richesses se multiplient, le trésor est ouvert : celle qui engendre est à la fois Vierge et Mère; celui qui est engendré est Dieu et Homme. Il faut cacher notre trésor dans un champ, serrer notre fortune dans une bourse. Ô Marie, cache, je te le dis, cache l’éclat de ce soleil levant, couche-le dans la crèche, enveloppe-le de langes: ce sont là nos richesses. Car les langes du Sauveur sont plus précieux que la pourpre, et la crèche plus glorieuse que le trône d’or des rois. La pauvreté du Christ est plus riche que toutes les richesses, que tous les trésors ».

 

Saint Bernard de Clairvaux - Sermon 4 pour la Vigile de Noël, 3-6

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