« Jean répondit : « Un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel. Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : «Je ne suis pas le Christ, mais je suis envoyé devant lui ». Qui a l'épouse est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse ». (Jean 3, 27-30). Par ces paroles, le Précurseur du Seigneur révèle le mystère de sa joie. Elles culminent dans un programme synthétique de vie, à l’enseigne de la plus sincère humilité : « Jésus doit grandir et moi en revanche je dois disparaître ».

 

  

 

La joie la plus authentique se cache, en effet, derrière le mystère de l’humilité de Jésus : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29). Jésus veut remplir de joie le cœur de ses disciples : « Je vous ai dit cela, pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » (Jean 15, 11), mais ils tardent à répondre, parce qu’ils ont de la peine à entreprendre le chemin. Cette voie, en revanche, la Vierge Marie l’a prise dès le début et ne l’a jamais quittée. Elle est la créature humble en plénitude, qui a fait en sorte, par toute sa vie, de plaire seulement au Seigneur, de vivre uniquement pour Sa gloire ; en d’autres termes, elle ne s’est jamais cherchée elle-même, en rien et avec personne : elle était la créature parfaitement libre, celle qui aimait Dieu de tout son être. C’est pourquoi son Cœur Immaculé est la demeure de la joie, et ce fut précisément la joie messianique - du Messie ! - qu’elle a apportée à sa parente Elizabeth quand elle lui a rendu visite. La joie de l’Enfant Jésus, qu’elle portait dans son sein virginal, a débordé de son âme, comme un fleuve en crue, et a enveloppé sa parente âgée qui était enceinte de Jean-Baptiste. Celui-ci, « tressaillit de joie » (Luc 1, 44), et plus jamais il n’oublia cette touche de la grâce. Quand, des années plus tard, le Précurseur du Seigneur appellera le peuple à la conversion, à préparer la voie au Seigneur, ce dont il témoignera auprès de chacun sera le même mystère que celui qui l’a conquis. C’était le mystère de l’Avent du Christ qui, pour être accueilli, devait être reconnu ; mais on ne pouvait le reconnaître si l’on ne « s’abaissait », si l’on ne se « vidait », comme le déclare très bien Saint Augustin : « Que veut dire : préparez le voie, si ce n’est : soyez humbles de cœur ? Prenez exemple sur le Baptiste qui, pris pour le Christ, déclare qu’il n’est pas celui que les gens croient qu’il est… Il se maintint dans l’humilité. Il vit avec justesse là où trouver le salut. Il comprit qu’il n’était qu’une lumière, et il craignait de la voir éteinte par le vent de l’orgueil » (Disc. 293, 3). L’orgueil est la racine de nos « éternelles » tristesses, alors que l’humilité ouvre toutes grandes les portes de l’âme aux joies les plus grandes. Voilà pourquoi, quand nous étions enfants, la joie était la compagne naturelle de nos journées. On était heureux d’être tout simplement ce que l’on était : petits ! Avec le fait de devenir « grands », cette joie s’est éloignée de nous, parce que nos voies n’ont plus été les siennes. Celui qui, en revanche, malgré les années, est resté simple dans son cœur, pauvre, humble comme un enfant, aura découvert un jour ou l’autre que la joie des simples est la joie de Jésus, qu’elle est un don de son Amour pour nous, qui vient du Ciel, et que, pour cette raison, le monde ne peut donner. C’est comme la paix que nous donne Jésus : « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jean 14, 27). Le monde ne connaît pas la joie, mais seulement son succédané, le plaisir, le plaisir des sens, du pouvoir, du succès de l’auto-affirmation de soi, du luxe, du « bien-être »… Mais le plaisir coûte énormément, et s’en va toujours du cœur de l’homme. A peine en a-t-on profité que déjà il n’existe plus. Ainsi, l’homme le poursuit, désespéré, en se faisant l’illusion que, un jour ou l’autre, il en sera comblé, il en sera rempli, qu’il s’arrêtera chez lui : mais il n'en est pas ainsi. Le plaisir est un tyran, il n’a pas de pitié pour le cœur humain : il s’en sert et il le jette. Jean Baptiste avait « goûté », depuis sa naissance, le mystère de la vraie joie, de cette plénitude de vie que Dieu te donne quand tu laisses tomber les barrières de l’orgueil et quand tu t’abandonnes à Lui, comme le fait un enfant quand il s’endort dans les bras de sa mère. Le petit, grand Jean, avait compris, au plus profond de son âme, que le Seigneur venait sur la terre pour apporter la joie à ses habitants, pour les réconcilier avec le Ciel, pour les ramener à ces Hauteurs célestes, d’où ils étaient tombés.

 

Noël s’est fait parce que Dieu, l’infiniment Bienheureux, voulait donner à ses enfants la joie des joies : le Sauveur. Les Anges l’avaient proclamé à sa naissance : « Ne craignez pas, voilà que je vous annonce une grande joie, qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur dans la ville de David, c’est le Christ Seigneur. Et voici comment vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant enveloppé dans des langes, et couché dans une mangeoire » (Luc 2, 10-12). Le signe de cette « grande joie » est d’une « grande humilité ». Seuls ceux qui se font petits, qui s’humilient devant Dieu, repentis de leurs péchés, et qui se penchent sur les autres pour les servir et non pas pour se faire servir, découvrent le mystère de la joie. Les orgueilleux et les présomptueux, comme Hérode et son entourage, qui ne « descendent » pas à Bethléem, mais préfèrent rester accrochés sur leur propre « moi », ne sont pas capables de trouver la Joie qu’annonce l’étoile ; ils préfèrent le misérable plaisir d’eux-mêmes à la joie inestimable de Dieu. Et pourtant, pour accueillir Jésus, on ne perd rien, on y gagne à n’en point douter ! « Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. … Il n’enlève rien et il donne tout » (Pape Benoît XVI, 24 avril 2005).

 

Fides

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