En 1965 s'achevait le concile Vatican II. Il y a donc plus de 40 ans que des décisions concernant la liturgie, entre autres choses, ont été officiellement prises par l'Eglise. Et qu'est-ce qui a été fait, en France, depuis 1965, pour faire passer dans les faits ce que la Constitution Sacrosanctum Concilium a décidé ? Rien. Strictement rien. Les célébrations liturgiques, telles qu'elles se font aujourd'hui dans les paroisses prouvent à l'envie que, contrairement à ce qui est affirmé depuis 40 ans dans les discours officiels de l'épiscopat français, les décisions conciliaires sont lettres mortes.

 

 

 

Si dans quelques rares paroisses il est possible de trouver, le dimanche, une messe digne de ce nom, c'est généralement parce qu'il y a là un prêtre qui, pour respecter la liturgie de l'Eglise telle qu'elle est donnée par le missel romain, ose aller à contre-courant de ce qui se fait partout ailleurs. Quitte à se mettre en marge de la pastorale liturgique officielle. Il faut une bonne dose de courage à ces prêtres, par les temps qui courent ! Plus de quarante années de laisser-aller ! Plus de quarante années de silence épiscopal devant tant de célébrants qui bricolent la liturgie et tant d'équipes prétentieuses qui obligent à chanter des âneries ! Plus de quarante années durant lesquelles les prêtres et les futurs prêtres n'ont bénéficié d'aucune formation liturgique. Telle est l'incroyable réalité : une réalité que n'importe quel fidèle pratiquant peut facilement constater s'il compare la messe paroissiale à laquelle il participe avec la liturgie qui devrait se faire si le célébrant suivait le missel romain. Que faire dans un tel contexte de délabrement liturgique généralisé ? Plusieurs pistes ont été envisagées. Quelqu'un propose de demander l'aide des abbayes qui sont respectueuses de l'enseignement de l'Eglise en matière de liturgie latine et grégorienne : Solesmes, Kergonan, Flavigny... etc. Il faut toutefois savoir que, d'une part, la vocation des moines n'est pas de nous aider à monter aux créneaux pour défendre la liturgie et que, d'autre part, les religieux qui se sont retirés dans ces abbayes (et nous aident efficacement par leur prière) sont à des années-lumière de pouvoir imaginer ce que subissent les fidèles qui fréquentent les messes paroissiales. La solution n'est donc pas à chercher dans cette direction. Une autre solution serait de s'appuyer sur la pastorale des prêtres qui respectent la liturgie de l'Eglise. Mais là encore des difficultés apparaissent. D'abord, ces prêtres - qui sont rares en France - ont souvent eux-mêmes des difficultés avec leur hiérarchie. Quoi de plus normal, d'ailleurs, puisqu'ils se veulent "romains" en milieu "néo-gallican"... Peu d'entre eux prendront donc le risque de se manifester. Ensuite, il n'est pas certain que ces prêtres aient les outils intellectuels - et l'envergure - qui leur permettraient de s'affirmer : ils sont eux-mêmes les victimes de l'absence de formation qui caractérise les années qu'ils ont passées dans les séminaires diocésains. On propose aussi de s'appuyer sur les fidèles qui ont l'impression de perdre leur temps (et parfois leur foi) lorsqu'ils vont à la messe dans leurs paroisses respectives et qui donc aimeraient agir. Là encore, cette solution semble périlleuse. Peu de fidèles, en effet, ont une formation qui leur permettrait de juger objectivement de la "qualité" et de la "catholicité" des célébrations liturgiques qu'on leur impose. Pour beaucoup de gens une messe de minuit est parfaite si la chorale chante "Minuit chrétiens". Qu'ensuite le célébrant déraille à une importance moindre. [A la messe du jour], c'est bien aussi s'il y a du grégorien... mais si l'on chante le Gaudeamus à la place du Puer natus est, ça n'a pas grande importance. C'est "beau" quand même... Le sens liturgique est aujourd'hui grandement altéré, ce qui augmente bien des difficultés. Adresser des demandes aux évêques pourrait être un autre moyen d'action. Cependant on constate que la plupart des courriers adressés aux pasteurs diocésains demeurent sans réponses... Ce silence s'explique - mais ne s'excuse pas - quand on sait que bien des évêques sont soumis à des pressions telles que leur seul objectif est de ne pas faire de vagues. Même les mieux disposés d'entre eux (et ils sont peu nombreux dans cette catégorie) se montrent timorés dès qu'il est question de liturgie. De plus, ils sont actuellement engoncés dans la gestion de choses intra diocésaines qui les conduit à mettre la liturgie dans la catégorie des choses "très" secondaires. Enfin, quelques personnes proposent de faire bloc avec les fidèles qui militent pour la forme extraordinaire de la liturgie. Tout en respectant le Motu proprio Summorum Pontificum, nous ne pensons pas que l'avenir de la liturgie passe par une stratégie consistant à se rabattre sur la "liturgie à l'ancienne" pour laisser partir à la dérive la liturgie restaurée à la suite de Vatican II. Cette vision des choses est conforme aux propos de Benoît XVI dans ce même Motu proprio.

On en revient donc à la question du début : que peut-on envisager face à un épiscopat qui fait la sourde oreille et qui est bien décidé à ne pas appliquer les directives données par le Siège apostolique ? La seule chose à faire serait de rappeler à temps et à contretemps à nos évêques, à la moindre occasion, qu'ils sont les gardiens de la liturgie de l'Eglise et en aucun cas les promoteurs d'expériences imaginées par des célébrants ou des groupes de fidèles. A titre de "gardiens" ils ont impérativement à garantir partout la mise en œuvre fidèle du missel romain, sans se satisfaire de simples déclarations d'intentions. Ni plus, ni moins. Nous l'avons tous constaté : nos évêques sont majoritairement des suiveurs qui s'adaptent frileusement à l'auditoire qu'ils ont devant eux. Ils savent être tour à tour progressistes, traditionalistes, charismatiques... et même "papistes" à l'occasion d'un voyage du Souverain Pontife ou d'une visite ad limina. Donc... la bonne stratégie consiste à prendre la tête d'un mouvement pour qu'ils emboîtent le pas. Que pourront-ils reprocher à des fidèles qui leur demandent l'authentique liturgie de l'Eglise à la place des actuelles fariboles qu'on voit dans la grande majorité des paroisses ? Rien, puisqu'en octobre 2006, plusieurs d'entre eux ont fort opportunément rappelé que "la liturgie est l'expression de la théologie de l'Eglise". Alors demandons avec opiniâtreté à nos pasteurs que, après plus de 40 années de tergiversations et de plans pastoraux stériles, ils garantissent enfin à tous les fidèles une liturgie débarrassée des fantaisies de tel célébrant ou de tel animateur liturgique, lesquelles fantaisies ne servent qu'à corrompre l'expression de la théologie de l'Eglise et à priver les fidèles de ce à quoi ils ont droit.

 

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