« Le désintérêt de l’Église et de ses combats est un signe de tiédeur, d’illusion, de désertion de la véritable vie spirituelle. Celui qui prétend aimer Dieu qu’il ne voit pas, et qui n’aime pas l’Église qu’il voit, celui-là est un menteur. Nous sommes de l’Église, nous appartenons à cette incomparable unité, à cette société, à cette famille immense. Ce n’est même qu’en vertu de cette appartenance à l’Église, et par elle à Jésus-Christ, que nous entrons avec Jésus-Christ dans la famille incréée de la Sainte Trinité. Mais s’il en est ainsi, il faut que nous prenions conscience de notre vie et de notre insertion dans le corps de l’Église. Ce n’est pas assez de voir Dieu dans cette création surnaturelle, de croire à cette œuvre divine, d’en admirer le détail et le fonctionnement. Ce n’est pas assez de rompre avec les autres conceptions de l’ordre des choses, et de reconnaître platoniquement que tout gravite autour de Dieu, que le centre universel n’est point le soleil, mais la gloire de Dieu, et que c’est à l’Église de procurer cette gloire. Nous avons notre place et notre part d’action dans ce Corps immense et nous n’avons point le droit de nous en désintéresser. Alors, vous comprenez aussitôt qu’un moine ou qu’une moniale (disons : un chrétien ou une chrétienne), qui s’isolerait un peu des intérêts de l’Église pour se préoccuper exclusivement de son salut, de sa sanctification, de sa beauté surnaturelle, une moniale qui n’existerait que pour le saint égoïsme de son bonheur spirituel sans souci de l’Église à laquelle elle appartient, que cette moniale serait, - je ne crains pas de l’affirmer - en dehors de son état : elle ne serait ni moniale ni chrétienne ; ce serait purement et simplement l’hypertrophie du moi ; or, le moi naturel ou surnaturel est toujours haïssable. J’irai plus loin ; une moniale qui n’existerait que pour sa sainte maison, pour son saint Ordre, sans nul souci de l’Église ne serait pas plus chrétienne qu’elle ne serait moniale : l’égoïsme à plusieurs ne vaut pas mieux que l’égoïsme personnel et isolé. Sans doute, il faut particulariser son action, mais sans rien exclure, avec le cœur comme le cœur de Dieu, sans jamais se désintéresser des besoins, des intérêts, des gloires, des souffrances de l’Église, sans que rien qui la concerne n’ait en nos âmes son retentissement profond, de telle sorte que nous sentions vraiment notre appartenance à ce Corps mystique de Jésus-Christ. Lorsqu’il s’agit de richesses naturelles, il est de toute prudence de mesurer et de circonscrire son intervention, parce qu’en se divisant, les richesses matérielles s’épuisent. Mais lorsqu’il s’agit des biens surnaturels, ils se divisent sans s’épuiser jamais. Aussi, je le répète, je ne puis comprendre un chrétien, ayant conscience de ce qu’il est dans l’Église, une chrétienne à qui tout rappelle la solidarité organique qui l’unit à l’Église, je ne puis, dis-je, parvenir à comprendre un chrétien qui se renfermerait sur lui-même, sans avoir au cœur le souci constant de tout ce qui intéresse et concerne la Sainte Église de Dieu ».

 

Dom Paul Delatte (3ème abbé bénédictin de l’Abbaye de Solesmes)

Contempler l’Invisible, Editions Alsatia, Paris, 1965 (réédition Solesmes, 1974)

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