Le 50ème anniversaire de la mort du grand Pape Pie XII, survenue à Castel Gandolfo le 9 octobre 1958, est proche. L’Eglise Catholique lui doit non pas moins qu’au Pape Jean XXIII. « Ce qui reste pour de nombreux aspects encore inconnu, est l’influence que Pie XII a eue sur le Concile Vatican II. Son enseignement profond et clairvoyant peut se vérifier dans la suite des 43 Encycliques qui ont marqué son Pontificat, et dans les très nombreux discours avec lesquels il a abordé les questions les plus controversées à l’époque ». Les traits de ce magistère sont la promotion et la défense de la doctrine, le discernement des erreurs. En effet, ce que l’on ne sait pas défendre, on ne peut le répandre. Cela pourrait paraître à certains un accent triomphaliste : le fait est que l’ambiguïté et la confusion se développent là où l’on ne sait plus distinguer le vrai du faux. Comme a pu le démontrer le Père Peter Gumpel, historien jésuite, si l’on regarde les comptes-rendus des discussions des Père Conciliaires, son nom est cité au moins dans 1.500 interventions. Dans les notes des documents conciliaires, Pie XII est cité plus de 200 fois. C’est la citation la plus fréquente, mises à part les citations de l’Ecriture Sainte.

 

 

 

 

La reconnaissance unanime des vertus héroïques du Serviteur de Dieu par la Congrégation pour les Causes des Saints, le 8 mai 2007, attend d’être confirmée par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Ce sera un signe éloquent pour ce qui concerne l’herméneutique correcte du Concile Vatican II. En effet, pour certains, il y aurait une ligne de discontinuité entre l’Eglise préconciliaire, et l’Eglise qui a suivi le Concile ; mais ils sont tombés dans la contradiction : d’un côté, ils l’ont appelé le « nouveau début » de l’Eglise, et de l’autre, ils l’ont réduit au rang de « Concile général de l’Eglise Catholique Romaine », en le plaçant parmi les autres Conciles médiévaux et modernes (depuis le IV° Concile de Constantinople, jusqu’au Concile Vatican I), considérés arbitrairement comme étant non œcuméniques comme les sept premiers (cf. l’article de W.Brandmuller, Quando un Concilio è davvero ecumenico? Sur « Avvenire » du13 juillet 2004, p 24). Ceux qui privilégient cette interprétation tendent à opposer Pie XII à Jean XXIII, en oubliant entre autre la grande reconnaissance que Jean XXIII exprima à son prédécesseur dans son Oraison funèbre, et dans sa première Encyclique Ad Petri Cathedram, en le désignant en ces termes “Doctor optimus, Ecclesiae sanctae lumen, divinae legis admonitor”. Ce sont là les trois titres qu’une antienne liturgique du Missel Romain emploie pour les Docteurs de l’Eglise. En réalité, comme l’a rappelé le Pape Benoît XVI dans son discours à la Curie Romaine, le 22 décembre 2005, il n’y a pas de discontinuité dans l’histoire de l’Eglise, mais un processus linéaire. Le Pape Pie XII a anticipé et préparé le Concile ; que l’on pense seulement à la réforme liturgique lancée avec l’Encyclique Mediator Dei, ou à l’Encyclique Divino Afflante Spiritu sur l’étude de la Sainte Ecriture. Le Concile a donc porté à sa conclusion tout ce qui avait été commencé sous son Pontificat. Il n’existe pas une, « opposition » entre Pie XII et Jean XXIII et c’est ce que le Pape Paul VI a voulu indiquer en commençant en même temps la cause de Béatification de ses deux Prédécesseurs. Rappelons enfin que Pie XII a lutté contre les idéologies et contre les dictatures de son temps, en restant à Rome, alors que toutes les autres autorités s’étaient enfuies. La devise de son Pontificat “opus iustitiae pax” synthétise le sacrifice de sa vie pour la paix, par la promotion de la justice envers ceux qui étaient les victimes de discrimination, sacrifice consommé dans l’humilité et dans la prudence. Les fidèles et les citoyens de Rome l’ont gardé dans leur mémoire, en l’appelant ‘’Defensor Civitatis’’ comme l’atteste la place qui se trouve sur la place qui porte son nom, face à Saint-Pierre.

 

Fides

commentaires

AZ 16/04/2015 13:53

Bonjour et merci,

A ma connaissance, mais je me trompe peut-être, Pie XII aura été le dernier Pape plus néo-thomiste et substantialiste qu'intégraliste et personnaliste, le
dernier Pape à s'être exprimé, autant qu'il l'a fait, pour et sur la loi naturelle.

En un sens, à sa suite, mais évidemment pas depuis le même niveau, je suis de ceux qui considèrent qu'au XX° siècle les êtres humains ont plus perdu que
trouvé

- d'une part, le sens de la grâce et le sens du péché,

- d'autre part, le sens de la loi et le sens de la personne.

Pour bien comprendre une composante importante de son Magistère, il faut relier Divino Afflante Spiritu (1943) à Humani Generis (1950), car, pour Pie XII, le
fait de dire OUI à l'exégèse de l'Ecriture va de pair avec celui de dire NON à la philosophie et à la théologie néo-modernistes, ou en tout va de pair avec la
plus grande vigilance à leur égard.

Je dirais par ailleurs que Pie XII a été victime du manichéisme axiologique et historiciste qui règne et sévit, dans l'Eglise catholique, au moins depuis l'après
1945, disons depuis le début des années 1950 ; Pie XII a été considéré comme un homme du passé, porteur d'une théologie, d'un Magistère, d'une pastorale
dépassés, par ceux-là mêmes, ou par les disciples de ceux-là mêmes qui se voulaient, d'une manière inéluctable, irréversible, et surtout infaillible, des
hommes de l'avenir.

Evidemment, il est plus facile qu'honnête de disqualifier les positions de quelqu'un, en les assimilant au passé, à une régression, et de surlégitimer ses
propres positions, en les identifiant à l'avenir, au progrès.

Je pense aussi à son anti-communisme ; le moins que l'on puisse dire est qu'il a eu un caractère à la fois héroique et prophétique ;

- héroique, si l'on veut bien se souvenir du fait que tout anti-communiste était alors assimilé à un anti-communiste primaire, voire à un crypto-fasciste ;

- prophétique, si l'on veut bien considérer ce qu'était déjà alors, puisque ce qu'est devenu, par la suite, le communisme, l'une des pires religions séculières.

Je pense enfin à l'une de ses phrases, reprise par Jean XXIII, dans Mater et Magistra :

" De même le Souverain Pontife Pie XII affirme avec raison que notre époque se distingue par le contraste existant entre l'immense progrès scientifique et
technique et un recul effrayant de l'humanité : notre époque achèvera « son chef-d'œuvre monstrueux, en transformant l'homme en un géant du monde
physique aux dépens de son esprit, réduit à l'état de pygmée du monde surnaturel et éternel. » "

Oui, nous sommes en présence d'un chef-d'oeuvre monstrueux, transformateur de l'homme

- en un géant, sur le plan matériel et technique,

- en un nain, sur le plan spirituel et humain,

mais il est extrêmement difficile de le faire comprendre à des personnes qui considèrent que le constructivisme rationaliste, le matérialisme productiviste, la
technolâtrie, sont porteurs d'une "neutralité axiologique".

En réalité, la technolâtrie a plutôt tendance à indisponibiliser ou à irresponsabiliser les âmes, vis-à-vis de Jésus-Christ, comme chacun peut en faire
l'expérience, mais elle peut aussi faire perdre le sens du bien commun, indépendamment de toute référence au christianisme.

Merci par avance pour toute publication éventuelle de ce qui précède, bonne journée et excellente continuation.

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