Extrait de l’intervention du Cardinal Ouellet, Archevêque de Québec et Primat du Canada :

 

 

 

« [...] Le développement prodigieux de la technique a contribué à des progrès fascinants en beaucoup de domaines de la vie moderne. Les avancées de la médecine apportent des ressources nouvelles à la guérison des maladies tout en soulevant de nouvelles questions que la réflexion bioéthique s'efforce de résoudre. Un des discernements majeurs accomplis par l'Église catholique et toujours reconfirmé depuis 40 ans touche la moralité des moyens artificiels de contraception. Son refus d'entériner moralement l'usage de ces moyens contraste avec la mentalité contemporaine qui promeut l'usage de toutes les techniques disponibles permettant d'accomplir l'acte conjugal sans le risque de la procréation. Là où la sagesse de l'Église, fondée sur la révélation, unit l'amour, le mariage et la vie, la culture actuelle tend à les dissocier au nom d'une affirmation sans contrainte de la liberté individuelle. Le message central de l'encyclique Humanae Vitae [DOSSIER]  est l'affirmation « que chaque acte conjugal doit rester ouvert à la transmission de la vie ». Cette affirmation s'appuie sur la connexion inséparable voulue par Dieu entre les deux significations de l'acte conjugal : la signification unitive et la signification procréative. « En sauvegardant ces deux aspects essentiels, unitif et procréatif, l'acte conjugal conserve intégralement le sens d'un amour mutuel vrai et son ordination à la très haute vocation de l'homme à la paternité ». Proposer une telle doctrine signifie : 1) maintenir tout d'abord la signification sacrée de la transmission de la vie comme un acte de coopération avec Dieu ; 2) maintenir le lien entre l'amour vrai et l'ouverture réelle au don de la vie ; 3) déclarer immoraux les moyens contraceptifs qui excluent l'ouverture à la vie et donc la communion avec Dieu, puisque les conjoints « ne sont pas les arbitres des sources de la vie humaine, mais plutôt les ministres du dessein établi par le Créateur ». Maintes fois réitérée et amplement refondée sur l'anthropologie ‘adéquate' développée par Jean-Paul II [DOSSIER], cette doctrine dénonce les pratiques contraceptives qui dissocient l'amour de la vie, le sexe de l'amour et la personne de son propre corps. Ces pratiques largement répandues fragmentent l'unité de la personne humaine et détruisent la valeur de la sexualité humaine, même à l'intérieur du mariage. Consciente de cette dévalorisation, l'Église promeut l'amour conjugal et la sexualité elle-même en gardant unies toutes les dimensions de l'être humain. La pratique de la continence périodique, par exemple, avec ses renoncements, favorise chez le couple la maîtrise de soi, l'humanisation des relations et la maturité spirituelle : « le couple expérimente le fait que la communion conjugale est enrichie par les valeurs de tendresse et d'affectivité qui constituent la nature profonde de la sexualité humaine, jusque dans sa dimension physique. Ainsi, la sexualité est respectée et promue dans sa dimension vraiment et pleinement humaine, mais n'est jamais « utilisée » comme un « objet » qui, dissolvant l'unité personnelle de l'âme et du corps, atteint la création de Dieu dans les liens les plus intimes unissant nature et personne » (FC 32). La mentalité contraceptive a obtenu jusqu'à maintenant l'adhésion de la majorité grâce à l'appui des médias de communication, mais ses effets déshumanisants deviennent de plus en plus visibles. La procréation devient ‘reproduction' d'un individu de l'espèce ; elle peut désormais être réalisée sans amour, ni sexe, au moyen de la technique d'insémination artificielle ou même par celle plus aberrante de la clonation. L'Église joue son rôle de gardienne de la Vérité de l'homme quand, à la lumière de la révélation et de la loi naturelle, elle dénonce l'usage arbitraire et immoral des techniques au détriment de sa dignité personnelle et du caractère sacré de la vie. Il faut reconnaître toutefois que cet enseignement cohérent et réitéré a été somme toute peu reçu et il est souvent ignoré ou déformé. Les jeunes générations, pourtant ouvertes à ces vérités, s'en trouvent cruellement privées. La pertinence du Magistère de l'Église apparaît clairement dans la justesse prophétique des prédictions de l'Encyclique Humanae Vitae quant au déclin des valeurs morales si on laissait libre cours à l'usage de la contraception. De fait, le rejet de la doctrine de l'Église sur la contraception a ouvert la grande porte à l'infidélité, au divorce, à l'avortement et aux unions libres, même de type homosexuel. Dans ce dernier cas il ne s'agit même plus d'amour conjugal, puisqu'il manque la condition essentielle de la différence sexuelle qui exclut toute possibilité de transmission de la vie. Cette dérive des valeurs du mariage et de la famille s'accompagne d'un obscurcissement de la conscience morale qui affecte grandement l'éducation des nouvelles générations. Une carence grave de points de repère moraux favorise en effet la diffusion des théories du constructivisme et du genre qui sèment la confusion dans la perception de l'identité sexuelle de l'être humain. En réaffirmant le lien intime entre la personne, l'amour, le sexe et la vie, l'Église défend des valeurs morales mais elle protège aussi la dignité de la personne humaine qui se perd sous les assauts conjugués du relativisme éthique et du nihilisme de nos sociétés sécularisées. L'importance de la doctrine de l'Église apparaît clairement dans le domaine de l'éducation où on doit réapprendre que l'acquisition des vertus importe autant sinon davantage que le recours à des techniques. Si prodigieuse et prometteuse que soit la technique, ses produits sont ambigus car ils peuvent être utilisés à des fins qui ne concourent pas à l'épanouissement authentique de l'être humain. Si on confie à la technique des résultats qui doivent venir de la maîtrise de l'homme sur lui-même, on ouvre la porte à de nouveaux esclavages que les multiples phénomènes de dépendance illustrent de façon alarmante. Les résultats inquiétants des techniques de contraception et de reproduction fournissent des exemples suffisants pour qu'on prenne conscience de l'impasse éducative qu'elle entraîne et qu'on mette l'accent désormais sur la formation aux vertus dans l'éducation en général et dans la vie conjugale et familiale en particulier [...] ».

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