En 1968, le Père Louis Bouyer, Oratorien, faisait un constat alarmant au sujet de la formation du clergé : « Les réformes dont l'Eglise a un besoin plus urgent que jamais se situent pour la plupart aux trois plans du clergé en général, du laïcat et de l'épiscopat. Mais elles sont toutes dominées par un problème de base qui est un problème de culture. Le christianisme catholique, c'est-à-dire le vrai et intégral christianisme, n'est pas plus une culture qu'il n'est une action politique, même en prenant ce dernier mot au sens le plus élevé qui n'a, hélas ! pas grand-chose de commun avec ce qu'on appelle aujourd'hui la politique. Mais, s'il est vrai qu'on ne peut concevoir un christianisme qui ne se traduirait pas en action sur le plan de la cité, on peut encore moins le concevoir se développant autrement que dans une culture. Le christianisme, répétons-le une fois encore, est une vérité de vie, et la culture n'est pas autre chose que la pensée informant la vie humaine tout entière, ou cette vie devenant consciente d'elle-même, par tous les moyens de méditation et de réflexion qui sont à la portée de l'homme. Un christianisme qui ne se pense pas, ou qui voudrait se penser en dehors de la vie, de la vie tout entière, n'est pas viable. La pensée proprement chrétienne n'est pas seulement l'affaire de spécialistes, auxquels on pourrait la laisser, comme leur affaire propre. Elle intéresse, elle doit intéresser tous les chrétiens, à la mesure de leurs capacités. Mais elle intéresse au premier chef les clercs qui ont la tâche de former et d'entretenir la vie de leurs frères. Saint François de Sales disait rondement que, dans sa jeunesse, "prêtre" était devenu synonyme d'ignorant et de débauché. Nous n'en sommes pas encore là, mais nous y courons. Le clergé est en train de perdre le sens des exigences ascétiques, et tout simplement morales, de sa vocation. il y a beau temps, un demi-siècle au moins, qu'il a commencé à perdre le sens de ses exigences intellectuelles. La répression du modernisme a eu comme résultat de persuader les responsables de sa formation que moins il en saurait et plus "sûr" serait son enseignement. (...) Depuis le Concile, la situation, loin de s'améliorer, a brusquement empiré. La plupart des séminaires se sont plus que des écoles de bavardage, où l'on discutaille à perte de vue sur tout, sans rien étudier sérieusement, et surtout sans apprendre à étudier. La tâche des facultés de théologie n'a jamais été de former les seuls professeurs de séminaires, mais d'entretenir dans le clergé une élite intellectuelle, aussi nécessaire à la vie des paroisses et des différents mouvements d'apostolat qu'à la formation des clercs en général. Le souci actuel de l'épiscopat, en France à tout le moins, semble être de les remplacer, dans cette dernière tâche, par des instituts practico-pratiques où les maîtres des clercs futurs seraient formés seulement à ce qu'on appelle la catéchèse et la pastorale, ce qui, concrètement, signifie aujourd'hui, les trois quarts du temps, une pédagogie sans contenu doctrinal et la logomachie ésotérique où une trop grande part de l'Action catholique s'est empêtrée. (...) Les évêques semblent avoir oublié depuis longtemps qu'une bonne formation théologique n'est pas désirable seulement pour les futurs professeurs, mais pour tous les prêtres appelés à des responsabilités pastorales importantes ». (in La décomposition du catholicisme).

 

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