vatican2procession.jpgOn sait que pour Benoît XVI, le Concile Vatican II demeure une boussole irremplaçable. Mais on sait aussi que pour lui, les enseignements du Concile ne sont pas à confondre avec ce que l'on a fait dire au Concile ou avec ce que l'on a souvent fait au nom du Concile en se réclamant abusivement de son "esprit". Cet "esprit du Concile" a poussé beaucoup de fidèles - essentiellement des clercs - à utiliser Vatican II comme une occasion de nouveaux départs dans tous les domaines de l'ecclésiologie, de l'exégèse, de la liturgie et de la pastorale. Grossière erreur puisque l'enseignement conciliaire ne devait être qu'un moyen de mettre le message évangélique à la portée du monde actuel par l'approfondissement, dans une "herméneutique de continuité", de l'enseignement de l'Eglise. En aucun cas le Concile devait être un prétexte pour ignorer ce que l'Eglise avait apporté au cours des siècles. Ce point apparaît nettement dans tous les documents de Vatican II. Mais voyant ce qui a été fait, on peut poser une question : quelles ont été les racines de cet "esprit du Concile" qui, en ignorant l' "herméneutique de continuité", a conduit à la crise que nous connaissons ? Il est difficile de répondre brièvement à cette question tant les racines sont profondes et ramifiées. On peut cependant affirmer - en voyant les choses avec un certain recul - que cet "esprit du Concile" dévastateur a germé puis s'est développé sur le terreau de frustrations, de désirs, d'attentes réprimées. Frustrations, désirs, attentes... autant de sentiments qui avaient pu s'emparer de jeunes qu'on avait ordonnés prêtres sans pour autant vérifier s'il avaient une véritable vocation sacerdotale. Autant de sentiments qui ont pu conduire ceux dont le sacerdoce était mal assuré, à trouver des compensations affectives dans l'engagement, au nom de l'Evangile, pour les grandes causes humanitaires ou politiques. Bien des prêtres qui, pour X raisons, vivaient mal leur sacerdoce, se sont ainsi constitué des "vertus d'emprunt", c'est-à-dire des rôles qui n'avaient de vertueux que l'apparence mais qui leur permettait de patienter en attendant que Vatican II (du moins le croyaient-ils) vienne leur donner des libertés : plus de bréviaire fastidieux, plus de liturgies ritualisés, plus de soutane à porter... Le Bienheureux Jean XXIII avait perçu les dangers de l'affairement éloignant les prêtres de l'essentiel de leur ministère. S'adressant à eux, en mai 1962, il leur disait : « Que les prêtres veillent aussi à ne pas s'abandonner totalement à l'agitation et aux œuvres extérieures du saint ministère. Car une soif d'agir qui ne serait pas contrôlée conduit peu à peu l'âme à l'indigence; et le bien de la paroisse pas plus que les multiples intérêts du diocèse ne peuvent la justifier. De plus, elle ne peut pas ne pas causer un grave préjudice aux candidats au sacerdoce. Comment, en effet, des adolescents pourront-ils apprécier comme il faut la gravité de la charge sacerdotale si, portant les yeux sur le prêtre, ils ne peuvent pas trouver en lui un exemple de perfection à imiter ? Mais pour qu'ils puissent présenter un modèle à suivre, que les prêtres se souviennent des devoirs principaux de leur charge : offrir dignement le Sacrifice de l'autel, annoncer la Parole de Dieu, administrer les sacrements, visiter les malades - surtout ceux qui sont proches de la mort -, instruire ceux qui ne connaissent pas la foi. Le reste, qui ne tient pas à ces obligations, doit être laissé de côté ou bien toléré en dernière place ». Ce qu'on a désigné par l'expression "esprit du Concile" n'est que la revanche d'un ensemble de frustrations préconciliaires. Pour ne pas demeurer inassouvies après un Concile dont les enseignements, contrairement aux attentes de beaucoup, n'ont pas été plus flous mais au contraire plus exigeants (dans la mesure où ils accentuaient les responsabilités personnelles des fidèles), ces frustrations ont conduit à l'élaboration d'un concile imaginaire par lequel ceux qui vivaient mal leur prêtrise espéraient trouver des raisons d'échapper aux exigences du sacerdoce. Ceux-là ont entraîné à leur suite des fidèles laïcs qui, eux aussi, en avaient assez de vivre une foi chrétienne souvent réduite à un moralisme ou à une religion du scrupule et de l'interdit. La génération de l' "esprit du Concile" est aujourd'hui la génération vieillisante : celle qui a été initiée à la foi catholique avant et pendant le Concile. C'est celle des cantiques aux paroles libératrices, celle des messes conviviales, celle de l'animation liturgique... C'est aussi celle qui nous donne les animateurs liturgiques heureux de pouvoir occuper un mètre carré près de l'autel, heureux de pouvoir diriger l'assistance, en un mot, heureux de pouvoir tenir un rôle identique à celui du prêtre sans pour autant avoir à assumer les exigences du sacerdoce. Tout l'esprit du Concile" semble être là, à des degrés divers.

 

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