Dans son commentaire de la Lettre aux Galates, Saint Augustin rappelle la stupeur de Paul face aux membres de cette communauté, qui étaient troublés ou fascinés par le prestige des judaïsants, ces chrétiens d’origine juive qui accordaient une grande importance au judaïsme, jusqu’à la faire devenir une condition indispensable pour être chrétiens. Ainsi, au lieu d’adhérer à Jésus et à son Evangile, ils retournaient en arrière vers Moïse et vers la Loi. L’Apôtre écrit : « …gens auxquels nous refusâmes de céder, fût-ce un moment, par déférence, afin de sauvegarder pour vous la Vérité de l’Evangile » (Galates 2, 5).
 



Ce phénomène semble se raviver de nos jours : le symptôme en est, par exemple, la préférence pour des expressions comme « Premier » et « Second » Testament, comme s’ils étaient équivalents : on oublie que ce dernier a mené à son accomplissement le premier, et qu’il est appelé par la liturgie « Nouvelle et Eternelle Alliance ». Saint Jean n’a-t-il pas écrit : « La Loi fut donné par l’intermédiaire de Moïse, la grâce et la Vérité, nous sont venues par Jésus-Christ » (Jean 1, 17) ? Moïse, tout en étant un grand prophète, reste toujours un homme ; Jésus est le Fils de Dieu, qui, en ressuscitant, nous a obtenu la rémission des péchés, et a rétabli l’amitié avec Dieu : ainsi, l’Ancien Testament ne reçoit lumière et pleine espérance que par la Résurrection de Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ. Comme l’a montré le savant Jacob Neussner, juif observant et rabbin, Jésus, en demandant l’adhésion à Lui et non à la Torah, a marqué la différence avec la religion juive. Paul, maître juif zélé, était conscient que l’adhésion à Jésus-Christ n’était pas une répétition de la foi juive, autrement il n’aurait pas déclaré terminée de manière irréversible sa vie passée dans le judaïsme. Il se fit baptiser, il reçut l’illumination – comme le Baptême était appelé par l’Eglise antique – parce qu’elle est le Sacrement qui fait voir la Vérité avec les yeux nouveaux de la foi. Que cela soit bien clair : ceci ne se produit que par une rencontre avec la Grâce Divine. Les Apôtres, qui étaient des juifs, ont compris la Résurrection des morts de Jésus comme le vrai Jugement Divin de la Part de Dieu Père qui, de cette manière, démentait catégoriquement la sentence du Sanhédrin, considérée comme valable, jusqu’à ce moment par les juifs. Ainsi, chaque sagesse humaine est soumise au jugement de la Croix, révélatrice de la Sagesse et de la Puissance de Dieu. Elle est la « folie » que les Apôtres ont annoncée, sur laquelle l’Eglise est fondée ! S’ils avaient plus veillé à ne pas causer de scandale pour les juifs, ou à être d’accord avec les païens, alors, l’Eglise aurait été un comme un royaume oui une famille divisée en elle-même, tombant en ruines, comme en avertit Jésus (cf. Matthieu 12, 25). La préoccupation d’être acceptés par le monde est une tentation fréquente pour les hommes d’Eglise. Pour que cela ne se produise pas, et que le monde n’en reçoive pas un scandale, il est nécessaire avant tout d’être unanimes dans le langage : que les fidèles parlent avec l’unique voix de leur curé, les religieux avec l’unique voix de leur Supérieur, les prêtres avec l’unique voix de leur Evêque, les Cardinaux avec l’unique voix du Pape, qui les a « créés » tels. On doit entendre toujours l’unique Eglise Catholique, et non pas une communauté particulière. D’ailleurs, une Eglise fondée sur les opinions de chaque ecclésiastique, aurait difficilement survécu ; en raison aussi du fait que le pas de l’opinion à l’hérésie est bref. C’est seulement si l’on est unis à Pierre qu’il y a la pleine communion de l’Eglise, parce qu’il « est le principe perpétuel et visible et le fondement de l’unité de l’Eglise » en rapport à celui, invisible, qu’est le Saint-Esprit (Lumen Gentium, 23). C’est à juste titre qu’il faut défendre Vatican II, parce que, de cette vérité surtout, on ne peut déroger, que ce soit à l’intérieur de l’Eglise ou à l’extérieur, dans le dialogue avec les non-catholiques et avec les non-chrétiens.
Quoi qu’il en soit, que personne ne se fasse d’illusion : le dialogue n’éloigne pas l’opposition violente ; le Christianisme a dû y faire face depuis ses origines, provenant des communautés juives ou des autorités locales, qui agirent suite aux dénonciations présentées par les juifs. Le dialogue n’empêche pas la persécution. Nous le voyons de nos jours dans différentes parties du monde : elle peut être sanglante ou verbale, ouverte ou sourde, par des intimidations et des pressions. Les persécuteurs ne sont jamais satisfaits, parce que « la lumière luit dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l’ont pas reçue… Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1, 5.11). S’il y a cette conscience, on aide le Saint-Père dans l’exercice de sa responsabilité personnelle envers l’Eglise Universelle.

 

Fides

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