Le triste cas de la pauvre Eluana Englaro, connu de tous, n’est pas encore “terminé”, même si l’existence terrestre de cette jeune est terminée. La question n’est pas close, parce que les blessures qu’elle a provoquées dans les consciences ne sont pas encore refermées, mais surtout, parce qu’il faut encore vérifier toutes conséquences juridiques qu’un tel précédent pourra apporter dans la législation italienne et aussi ailleurs. L’impression de fond c’est que rien n’a été laissé au hasard, et que tout a obéi à une inquiétante « mise en scène de mort » qui avait pour objectif d’introduire, dans la pratique, si ce n’est pas encore dans la législation, la dépénalisation pour celui qui tue un autre homme, incapable de défendre, en le faisant mourir de faim et de soif.

 

 

Au-delà du débat politique, il est nécessaire de rappeler ceci avec le Saint-Père, le Pape Benoît XVI, qui écrit dans l’encyclique Spe Salvi (N°38) : « La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Cela vaut pour chacun comme pour la société. Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n'est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine. Cependant, la société ne peut accepter les souffrants et les soutenir dans leur souffrance, si chacun n'est pas lui-même capable de cela et, d'autre part, chacun ne peut accepter la souffrance de l'autre si lui-même personnellement ne réussit pas à trouver un sens à la souffrance, un chemin de purification et de maturation, un chemin d'espérance. Accepter l'autre qui souffre signifie, en effet, assumer en quelque manière sa souffrance, de façon qu'elle devienne aussi la mienne. Mais parce que maintenant elle est devenue souffrance partagée, dans laquelle il y a la présence d'un autre, cette souffrance est pénétrée par la lumière de l'amour. La parole latine con-solatio, consolation, l'exprime de manière très belle, suggérant un être-avec dans la solitude, qui alors n'est plus solitude. Ou encore la capacité d'accepter la souffrance par amour du bien, de la vérité et de la justice est constitutive de la mesure de l'humanité, parce que si, en définitive, mon bien-être, mon intégrité sont plus importants que la vérité et la justice, alors la domination du plus fort l'emporte; alors règnent la violence et le mensonge. La vérité et la justice doivent être au-dessus de mon confort et de mon intégrité physique, autrement ma vie elle-même devient mensonge. Et enfin, le « oui » à l'amour est aussi source de souffrance, parce que l'amour exige toujours de sortir de mon moi, où je me laisse émonder et blesser. L'amour ne peut nullement exister sans ce renoncement qui m'est aussi douloureux à moi-même, autrement il devient pur égoïsme et, de ce fait, il s'annule lui-même comme tel ». Rien de plus « laïc » que la com-passion, qui n’est exclusive de personne, et que tous peuvent vivre, en y mesurant son propre degré de rationalité, d’amour et de civilisation, et rien de plus chrétien, dans son origine historique et théologique ! Le cas « Englaro » aurait, pour certains, mis à nu l’orientation éthique aussi de la très catholique Italie. S’il y a eu une dérive, dans la réalité des faits et des nombres, elle n’a concerné ni le peuple ni la nation qui, au contraire, a montré clairement son propre jugement en faveur de la vie et de la com-passion. La dérive ne vient pas du peuple, mais de quelques élites minoritaires porteuses de mort qui veulent imposer à l’opinion publique et au pays, leur propre vision désespérée de la vie, ou plutôt de la mort ! Le peuple est capable d’embrasser la souffrance, de la porter avec dignité, en montrant ainsi la mesure de sa propre civilisation.

 

Fides

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