Le temps du Carême, avec toute la tradition biblique et chrétienne qui en caractérise l’histoire, la signification théologique et l’origine liturgique, est aussi, nécessairement, un temps de jugement. Les pratiques traditionnelles de la prière, du jeûne et de l’aumône, se traduisent nécessairement, pour ceux qui le vivent de manière non superficielle, en un jugement sur leur propre vie, sur ce qui compte réellement, sur toutes les énergies qu’ils déploient dans ce qui n’est pas vraiment nécessaire, et sur la manière selon laquelle ils pourraient vivre réellement de manière plus profonde, plus engagée, et, en conséquence, authentique. Mais, en plus du jugement personnel sur leur propre existence, le Carême rappelle aussi, avec force, la réalité du « jugement en soi », c’est-à-dire cette vérité de foi qui annonce que tout homme est responsable de ses propres actions ; et donc – du latin « respondeo » - il devra répondre devant le Seigneur de la Vie, au jugement particulier, après la mort de chacun, et au jugement universel à la fin des temps.

 

 

 

Comme l’a rappelé le Pape Benoît XVI dans l’Encyclique Spe Salvi, « déjà dès les tout premiers temps, la perspective du Jugement a influencé les chrétiens jusque dans leur vie quotidienne en tant que critère permettant d'ordonner la vie présente, comme appel à leur conscience et, en même temps, comme espérance dans la justice de Dieu » (41). Dans ce sens, le Carême, avec ses rites, l’invitation à la sobriété, les pratiques pénitentielles pieuses etc., est une grande école de jugement et d’espérance, et un « domaine sacré », dans lequel les consciences peuvent être rééduquées ou éduquées à la reconnaissance de la présence du mystère dans leur propre existence. L’art sacré, l’art authentique, a exprimé depuis toujours cette conscience et cette certitude : « Dans la structure des édifices sacrés chrétiens, qui voulaient rendre visible l'ampleur historique et cosmique de la foi au Christ, il devint habituel de représenter sur le côté oriental le Seigneur qui revient comme roi – l'image de l'espérance –, sur le côté occidental, par contre, le jugement final comme image de la responsabilité pour notre existence, une représentation qui regardait et accompagnait les fidèles sur le chemin de leur vie quotidienne » (ibid.). Alors, le jugement ne doit pas être vécu comme quelque chose de menaçant, de ténébreux ou de lointain de la vie de chacun. Le jugement, qui est rappelé aussi par le temps du Carême, n’est rien d’autre que « le resplendissement », l’expression de la responsabilité et donc, pourrions-nous dire, un hymne à la liberté qui est appelée à travailler pou le vrai et pour le bien, dans l’amour. « Dieu est justice et crée la justice. C'est cela notre consolation et notre espérance. Mais dans sa justice il y a aussi en même temps la grâce. Nous le savons en tournant notre regard vers le Christ crucifié et ressuscité. Justice et grâce doivent toutes les deux êtres vus dans leur juste relation intérieure. La grâce n'exclut pas la justice. Elle ne change pas le tort en droit. Ce n'est pas une éponge qui efface tout, de sorte que tout ce qui s'est fait sur la terre finisse par avoir toujours la même valeur » (Spe Salvi n. 44). Que le Carême soit un temps pour une récupération effective et affective de cette certitude.

 

Fides

commentaires

marie-françoise Liébard 09/03/2009 17:36

Seigneur et maître de ma vie, éloigne de moi l' esprit de paresse, d' indiscrétion, d' ambition et de bavardage.Fais-moi la grâce d' un esprit de sagesse, d' humilité , depatience et de charité.Oui, Seigneur mon Roi, accorde-moi de voir mes fautes  et de ne pas juger mon frére, car Tu es béni pour les siécles dessiécles. AMEN.    ( priére de st Ephrem : rite byzantin ) 

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