Le Carême est un temps exceptionnel de Miséricorde. La Parole de Dieu et la prière durant la Sainte Messe quotidienne soulignent la primauté de l’Amour sur le péché : Dieu sauve l’homme par Sa Miséricorde qui s’est manifestée dans le Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus ! Il est venu avant tout pour nous pardonner, pour nous réconcilier avec le Père, mais ce n’est possible que si nous aussi nous vivons, les uns envers les autres, la loi suprême de l’Amour, du pardon réciproque. « Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois devrai-je lui pardonner ? » (Matthieu 18, 21), demande Simon-Pierre à Jésus, comme pour faire remarquer qu’il devrait y avoir une limite au pardon. « Combien de fois », nous le répétons souvent. Jésus nous offre toujours la même réponse : Toujours (Luc 18, 22) !

 

 

 

On pourrait dire que l’enseignement auquel le Seigneur a consacré le plus d’attention, d’énergies et d’insistance, est précisément celui sur la Miséricorde. N’est-il pas, de fait, le plus important ? Et les disciples ne sont-ils pas montrés assurément réticents à le vivre au sérieux dans leur propre vie, comme nous aussi aujourd’hui ? Le Seigneur ne laisse pas de place aux compromis, et il avertit : « C’est ainsi aussi que vous traitera mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur » (Matthieu (18, 35), à propos de la parabole du débiteur impitoyable, de la punition qu’il reçoit à cause du manque de pardon envers son prochain. La Miséricorde Divine est telle quand on la pratique, et non pas quand on en parle en théorie. C’est pourquoi Jésus a annoncé la Miséricorde par des faits et des paroles indélébiles, qui font briller la primauté de l’Amour qui pardonne. Une Miséricorde qui ne conduirait pas au pardon serait fausse, et c’est la raison pour laquelle Jésus fait demander dans la prière au Père : « Remets nous nos dettes comme nous-mêmes nous avons remis à nos débiteurs »  (Matthieu 6, 12). Il identifie la perfection chrétienne avec l’imitation de la Miséricorde Divine : « Montrez-vous miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Luc 6, 36). Sa mission tout entière est empreinte d’une miséricorde immense, qui s’irradie partout. Jésus désapprouve publiquement ceux qui rendent vaine et inefficace la Miséricorde par leur propre comportement. Ce sont « les scribes et les pharisiens (qui) occupent la chaire de Moïse : faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire ; mais ne vous réglez pas sur leurs actes : car ils disent et ne font pas » (Matthieu 22, 2-3). Au centre de l’enseignement du Christ sur la Miséricorde, il y a la parabole du Père miséricordieux » ou de « l’enfant prodigue ». Chaque fois qu’on la lit, on découvre toujours quelque chose de nouveau sur la vérité la plus consolante et la plus merveilleuse : Dieu est un Père infiniment miséricordieux ! La parabole commence ainsi : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient’ » (Luc 15, 12). Ainsi, ce fils scélérat laisse son père pour le monde, il dépense tous ses biens pour le péché, jusqu’à perdre sa propre dignité, parce que, n’ayant plus un sou, il finit par paître les porcs, et il ne peut même pas se nourrir de ce qu’ils mangent, « parce que personne ne lui en donnait » (Luc 15, 16). Après avoir touché le fond, par un acte d’humilité « il rentre en lui-même » (Luc 15, 17) et relève la tête, pour ne pas mourir étouffé par l’absence brutale de Miséricorde. En effet, le pécheur qui pèche et qui ne demande pas pardon, tombe toujours plus bas, comme une pierre qui tombe dans la mer. Il en est ainsi pour celui qui ne laisse pas réconcilier avec Dieu et avec ses frères. Le cœur devient lourd et seule la miséricorde de Dieu peut le relever vers le haut. Et alors, l’acte le plus beau que ce fils a su faire, c’est celui-ci : « Je veux partir, retourner vers mon père et lui dire : Père, j’ai péché conte le Ciel et contre toi » (Luc 15, 18). Le Père, qui l’attendait depuis toujours, court au-devant de lui, l’embrasse, écoute sa confession, puis, ensuite, chose absolument imprévisible, veut faire une fête sans tarder, il veut lui faire revêtir les habits les plus beaux, avec l’anneau le plus précieux (cf. Luc 15, 20). Qui pouvait imaginer une telle fête : seul le Père le pouvait ! L’autre fils, le fils aîné, qui retourne du travail, en entendant la musique et les danses, demande à un serviteur ce qui se passe ; et, quand il entend que son père faisait une fête parce que son fils était revenu, « il s’indigne et refuse d’entrer » (cf. Luc 15, 25-28). Le père sort alors pour le supplier, mais il ne veut pas entendre raison (cf. Luc 15-28-29) ; il ne connaît pas encore la miséricorde, parce qu’il ne connaît pas le cœur du Père ! Au fond, dans notre cœur, il y a ces deux fils : la voix du fils cadet est présente, celle qui demande pardon, et celle du fils aîné qui montre l’autre du doigt et le juge. Les deux voix « coexistent » : parfois, nous faisons le rôle du fils aîné, et parfois celle du fils cadet. Il faut alors que grandisse en nous la voix du Père, qu’elle couvre toutes les autres voix, afin que nous nous ouvrions toujours plus à la Miséricorde Divine.

 

Le Saint-Père nous rappelle, à nous, croyants, que, pour vaincre les oppositions et les divisions, il n’existe qu’une seule voix, celle de l’humilité et de l’amour. En visite au Séminaire Pontifical Romain, commentant un passage de la Lettre aux Galates, repris également dans sa récente Lettre aux Evêques de l’Eglise Catholique sur la levée de l’excommunication pour les quatre Evêques consacrés par Mgr Marcel Lefebvre, il a déclaré : « Dans la Lettre, il y a une évocation de la situation un peu triste de la communauté des Galates, lorsque Paul dit : ‘Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous allez vous entre-détruire... Laissez-vous mener par l'Esprit’. Il me semble que dans cette communauté - qui n'était plus sur la voie de la communion avec le Christ, mais de la loi extérieure de la "chair" - ressortent naturellement également des polémiques et Paul dit:  ‘Vous devenez comme des bêtes sauvages, l'un mord l'autre’. Il évoque ainsi les polémiques qui naissent là où la foi dégénère en un intellectualisme et l'humilité est remplacée par l'arrogance d'être meilleur que l'autre. (…) Dans cet avertissement de saint Paul, nous devons trouver aujourd'hui également un motif d'examen de conscience:  ne pas penser être supérieurs à l'autre, mais nous trouver dans l'humilité du Christ, nous trouver dans l'humilité de la Vierge, entrer dans l'obéissance de la foi. C'est précisément ainsi que s'ouvre réellement également à nous le grand espace de la vérité et de la liberté dans l'amour » (Benoît XVI, « Lectio Divina sur la Lettre de saint Paul aux Galates, Grand Séminaire Pontifical Romain, 20 février 2009)

 

Fides

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