Les nouvelles qui nous parviennent de différents diocèses tendent à prouver que la situation de l'Eglise, en France, est plus catastrophique qu'on le croit ou qu'on le laisse entendre. A quelques exceptions près, dans la majorité des diocèses, des commissions passent le plus clair de leur temps à restructurer les paroisses, à supprimer des messes dominicales, à favoriser les absolutions collectives, à multiplier les tracasseries dirigées sur les prêtres fidèles à Rome, à liquider les organistes et maîtres de choeurs qui souhaitent suivre les enseignements conciliaires, à interdire aux prêtres de célébrer les funérailles, à donner les pleins pouvoirs à des groupes de fidèles n'ayant eu pour toute "formation" que le lavage de cerveaux organisé par le clerc le plus anti-romain que compte le diocèse...


 

 

 

Le résultat est là, sous nos yeux : des séminaires vides, des maisons religieuses qui ferment les unes après les autres, des paroisses désertées. Certains répliqueront : « Mais chez nous, il y a encore du monde à la messe ! ». Il serait plus juste de dire qu'il y a encore du monde à "une" messe... pour des raisons qui ne sont pas toujours d'ordre spirituel au sens catholique du terme. Mais si l'on traverse la France, on voit bien que la majorité des églises sont fermées - parfois même délabrées - et ne servent plus qu'à l'occasion d'un enterrement.
Beaucoup de prêtres qui ont à coeur de servir fidèlement l'Eglise nous le disent : il y a, dans certains états-majors diocésains, une volonté de liquider la religion catholique ou, plus exactement, de mettre en place une Eglise que l'on voudrait faire passer pour catholique mais qui ne l'est plus et qui, ne l'étant plus, en vient à priver peu à peu les baptisés du secours des sacrements. Plus de prêtres, plus de messes, plus d'adoration, plus de confessions, plus de funérailles chrétiennes, des baptêmes différés... Et des prêtres qui, au lieu d'être les pasteurs de la communauté dotés d'un pouvoir sacramentel, n'en sont plus que les représentants obligés de se plier docilement aux exigences de tel groupe de pression composé de quelques laïcs qui ne restent dans l'Eglise que dans la mesure où elle leur permet de "pontifier" à chaque réunion de secteur.
D'où vient ce délabrement ? Disons, pour faire bref, qu'il a deux origines étroitement liées.
La première : on a mis consciencieusement en oeuvre tous les programmes pastoraux imaginés par les bureaucrates diocésains. Des programmes qui n'étaient que des miroirs aux alouettes. Les messes anticipées du samedi soir ? Génial ! Les absolutions collectives ? Génial ! Les ADAP ? Génial ! Les prêtres en civil ? Génial ! La suppression du latin et du grégorien ? Génial ! La célébration face au peuple ? Génial ! Les choristes dans le chœur ? Génial ! Les messes-rythmées-pour-attirer-les-jeunes ? Génial ! La communion distribuée par des laïcs ? Génial ! La suppression des processions ? Génial ! La suppression des Saluts du Saint-Sacrement ? Génial ! L'abandon des vêtements liturgiques ? Génial ! Les gamins qui font la ronde autour de l'autel ? Génial ! Les panneaux multicolores qui enlaidissent les sanctuaires ? Génial ! La désacralisation et la laideur généralisées ? Génial ! Souvenons-nous de ce qui se disait très officiellement dans les hautes sphères ecclésiastiques : « La chute de la pratique dominicale est une chance pour l'Eglise... La raréfaction des prêtres va obliger les laïcs à se prendre en mains... ».
La seconde origine du marasme doit être dénoncée aussi, même si elle est difficile à entendre : nous avons dans les diocèses de France - à quatre ou cinq exceptions près - des évêques hypocrites (+) (+) (+). Voilà : le mot est lâché. Désolé : nous avons "osé une parole forte", comme ont dit aussi dans certains milieux.


Lorsque le Pape Benoît XVI est venu en France, on a vu tous nos pasteurs diocésains se confondre en sourires, en ronds de jambes, en explications pour convaincre les fidèles que le pape Ratzinger était un homme exceptionnel, doux, ouvert et d'une grande envergure intell
ectuelle... Oublié, le "Panzerkardinal"; oubliée la grande gêne manifestée par beaucoup à l'annonce de l'élection de Joseph Ratzinger au pontificat suprême ! Et puis le Saint-Père est retourné à Rome... et qu'est-ce qui a changé dans nos diocèses, dans nos paroisses ? Rien : strictement rien !
La "gallicane-attitude" a repris rapidement le dessus. Pas une seule des orientations données par le Saint-Père n'a donné lieu à une déclaration des évêques - individuelle ou collective - visant à faire comprendre qu'on allait à présent s'atteler à suivre le chemin indiqué par le Successeur de Pierre. La seule chose qui a parfois changé est qu'on trouve à présent des églises où est célébrée la forme "extraordinaire" du rite romain. Mais que les fidèles "traditionalistes" ne s'y trompent pas : il ne s'agit là que de poudre aux yeux. Une façon bien commode de parquer les empêcheurs de tourner pastoralement en rond, afin que partout ailleurs on puisse continuer le grand chantier de démolition de l'Eglise catholique.
Dans cette situation, il convient de rappeler quelque chose d'essentiel : chaque évêque n'a d'autorité et de légitimité que s'il est manifestement en communion avec le Successeur de Pierre : ça a été clairement rappelé (par les évêques eux-mêmes !) au moment de la levée des excommunications des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre, est c'est clairement dit à chaque messe, au cours de la prière eucharistique, par chaque célébrant.
Qu'est-ce qu'être en communion avec le Saint-Père ? Ce n'est pas seulement dire « le Concile, le Concile, le Concile... » ou encore « le Pape, le Pape, le Pape... » en sautant comme un cabris - pour reprendre la célèbre formule du général de Gaulle parlant de l'Europe. Etre en communion avec le pape, c'est relayer fidèlement sa pensée, diffuser son enseignement, et faire (dans toute la mesure du possible) ce qu'il dit de faire comme il dit de faire. Or on voit qu'en France, rien de tout cela n'est fait. La preuve ? Que ceux qui ont pu constater que dans un diocèse on s'efforçait de mettre en oeuvre Sacramentum Caritatis ou Ecclesia de Eucharistia lèvent le doigt... Que ceux qui ont pu constater que la Constitution sur la liturgie de Vatican II est fidèlement appliquée dans leur paroisse avec les encouragements de leur évêque lèvent le doigt... Peu de doigts se lèvent.
Bien au contraire, certaines orientations pastorales vont tout à l'opposé des chemins que Benoît XVI et ses prédecesseurs demandent d'emprunter pour redresser la situation : il suffit de parcourir les documents magistériels et de comparer ce qui s'y dit avec ce qui se fait dans les diocèses pour s'en rendre compte. Or, quand les divergences deviennent évidentes et manifestes, les fidèles ont le devoir d'exercer leur capacité de discernement : c'est-à-dire qu'ils ont le droit de refuser fermement d'appliquer les directives de tel ou tel pasteur.
L'Eglise fondée par le Seigneur a toujours très clairement enseigné que les évêques diocésains ne peuvent exercer leur charge que dans la communion hiérarchique avec le Successeur de Pierre (cf. Can. 375). Il est donc évident qu'aucun fidèle n'est tenu d'obéir à l'évêque qui, par exemple, met en oeuvre une pastorale diocésaine visant à limiter des célébrations eucharistiques (ou même à priver les fidèles de messe en prétextant un rassemblement diocésain en un lieu unique) alors même que le Souverain Pontife rappelle qu'il faut tout faire pour que les fidèles puissent facilement participer à l'Eucharistie dominicale. Aucun fidèle n'est tenu d'obéir à une équipe d'animation pastorale, quand bien même serait-elle composée de laïcs désignés par l'évêque diocésain.
De même, l'exercice du discernement doit pousser les fidèles à refuser toutes les pratiques infantilisantes, tous les cantiques niais, toutes les célébrations grotesques, tous les comportements déraisonnables qui conduisent à donner de l'Eglise catholique une image ridicule.
Il est donc urgent, au vue de la situation actuelle, que les fidèles se ressaisissent. Dans un premier temps, ils doivent refuser de suivre aveuglément leurs pasteurs diocésains lorsque leur égarement face à une situation qu'ils ne maîtrisent plus (car c'est souvent le cas) les pousse à imaginer une pastorale aux résultats plus qu'hypothétiques. Dans un second temps, ils doivent exiger de ces mêmes pasteurs - parce qu'ils veulent pouvoir les respecter - d'avoir des comportements dignes et réfléchis à travers lesquels la communion avec le Saint-Père puisse se manifester sans la moindre équivoque.

 

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