Depuis que dans les célébrations liturgiques on a mis à la dernière place le chant qui devait occuper la première - c'est du chant grégorien que l'on veut parler -, ce sont des cantiques et des refrains en langue vernaculaire qu'on entend partout. Dans les paroles de ces musiques au sujet desquelles Paul VI rappelait que ce n'est pas parce qu'on les introduit dans une célébration qu'elles deviennent "liturgiques" au vrai sens du mot, il n'est souvent que de soi, du groupe, du peuple : c'est l'assemblée qui se dit. Et en se disant, elle oublie d'écouter, de recevoir ce que la liturgie veut transmettre.
Partout des cantiques, des comptines pour cours de récréations. Le tout exclusivement en français : la "langue du peuple"... le mot "peuple" était devenu un mantra pour certains de nos célébrants.
Pour autant, les fidèles font-ils davantage attention à ce qu'ils chantent, font-ils davantage aux paroles qu'ils disent, à ce qu'ils proclament ? Sûrement pas. Sinon, comment pourrait-on expliquer que le "peuple" ne soit pas choqué par certains paroles ? Comment pourrait-il se faire que des fidèles acceptent de piailler des mélodies qui, si elles étaient programmées au cours d'un concert, n'attireraient pas un chat ?
A force de vouloir à tout prix faire du directement compréhensible, on en est arrivé à faire dire et chanter aux fidèles des phrases où il n'y a plus rien à comprendre car elles n'ont plus de sens.


 

 

 

A côté du cantique qui ne laisse aucune trace et ne transmet rien de génération en génération tellement il vieillit vite, le chant grégorien est juste sur le plan formel sa forme et vrai sur le plan théologique. Chez lui, justesse et vérité ne font qu'un : la vérité qu'il contient se transmet par la justesse de sa forme mélodique.
Le sens de ce que chante le grégorien n'est pas obscur ou caché : il se dévoile au fidèle au fur et à mesure qu'il fréquente le répertoire, qu'il se familiarise avec les pièces de l'année liturgique et, plus simplement même, dès qu'il se laisse porter par les mélodies.
Il y a donc une grande différence entre le chant grégorien et le répertoire des cantiques actuels.
Ceux qui privent les fidèles du répertoire grégorien qui, au demeurant, fait respirer au rythme de l'année liturgique, sont probablement ceux qui se sont fermés à la dimension contemplative de la liturgie. Il leur manque un outil essentiel pour comprendre et goûter la liturgie en son authenticité et en sa profondeur. Tout, chez eux, n'est plus qu'émotion éphémère. Leurs messes ne font plus que la part belle à l'émotion; mais une fois cette émotion passée, il ne reste plus rien : le cantique, comme on l'a dit, ne véhicule pas grand chose. 
Et comme de plus, il n'y a pas deux paroisses qui chantent le même cantique à la même place, à la messe du même dimanche, le fidèle est assuré de ne jamais retrouver d'année en année des paroles et une mélodie qui correspondent à un dimanche précis. Il n'y a donc aucune possibilité de mémorisation, aucune possibilité de suivre intégralement un cycle liturgique annuel.
L'émotion que provoque un cantique - ou que provoquent certaines célébrations - est semblable à une bulle de savon : ça a de belles couleurs, c'est léger, c'est joli... puis la bulle éclate et il ne reste plus rien.
Le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, peut provoquer une émotion. Tant mieux, mais ce n'est sûrement pas l'essentiel. Ce qui est essentiel, c'est ce qui demeure dans la mémoire et dans le coeur du fidèle une fois l'émotion disparue, une fois le chant achevé, une fois le dimanche passé. Et là, le grégorien possède une qualité insurpassable : en plus de l'émotion qu'il peut faire naître, il grave dans les coeurs et les mémoires un contenu théologique solide et une spiritualité authentiquement chrétienne. C'est ainsi qu'il alimente et traduit tout en même temps la prière.
Dans les liturgies orientales, l'icône est chargée d'une théologie qui se diffuse par la couleur et le trait. Dans la liturgie romaine, le chant grégorien est chargé d'une théologie qui se diffuse par le son. Pas besoin d'être artiste peintre pour se laisser envahir par le message de l'icône; pas besoin d'être musicien pour se laisser (in)former par le message du chant grégorien. Dans le premier cas, il suffit de s'ouvrir à la lumière; dans le second il suffit de s'ouvrir au son.
De nos jours, c'est souvent la capacité d'ouverture qui fait défaut : dans le domaine de la foi, l'ouverture est quelque chose qui s'apprend à travers le contact avec la liturgie, à condition qu'elle soit célébrée de façon intégrale. C'est-à-dire avec son chant propre : le grégorien.

 

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