Ce serait une chose splendide si notre "moi" se trouvait immergé en Dieu et avançait vers Lui, comme à son Principe unique, à la Source de la Vie, spontanément, sans résistances, dans un élan de communion éternelle. Au début, avant la chute, il en était ainsi, et ensuite, il n’en fut plus jamais ainsi. A cause du péché, en effet, qui est entré dans le monde à cause de la rébellion du « moi » à Dieu, nous nous retrouvons tous, non pas déjà immergés en Lui, dans l’Eternel, mais prisonniers de nous-mêmes, d’un égoïsme qui, à partir d’Adam et Eve, depuis leur péché des origines, s’est fait un tyran de chaque homme sur la face de la terre. La tyrannie de « l’égocentrisme » est terrible, elle ne connaît pas de trêve, et elle trouve toujours de quoi s’alimenter : des rêves de grandeur, des illusions, des présomptions, des projets, des désirs, des initiatives… Une tel « moi », étant tout tendu non pas vers le Transcendant mais vers l’immanent, non pas vers le Définitif, mais au contraire vers le transitoire, veut prévaloir sur tout et sur tous, et même sur Dieu ! Se rendre compte de combien est terrible la dictature de l’égoïsme humain, est une des entreprises les plus difficiles, et plus difficile encore à vouloir en être libérés vraiment. Dieu seul peut venir à notre secours, parce que l’homme, chaque homme, est impuissant à se sauver de ses propres passions.

 

 

 

e3y6i7456t4eghyk.jpgOn pourrait appliquer à cette libération ardue les paroles inspirées du psalmiste : « Sans Yahvé qui était pour nous à Israël de le dire ; sans Yahvé qui était pour nous quand on sauta sur nous, alors ils nous avalaient tout vifs dans le feu de leur colère. Alors les eaux nous submergeaient, le torrent passait sur nous, alors il passait sur notre âme en eaux écumantes. Béni Yahvé qui n'a point fait de nous la proie de leurs dents ! Notre âme comme un oiseau s'est échappée du filet de l'oiseleur. Le filet s'est rompu et nous avons échappé; notre secours est dans le nom de Yahvé qui a fait le ciel et la terre ». (Psaume 124, 1-8). Sans la grâce salvifique de Jésus, accueillie avec foi, il n’y a pas de possibilité de « briser » les liens qui nous tiennent prisonniers, il serait vain de tenter d’échapper au contrôle que nos passions exercent sur nous, par le simple fait que chacun de nous est le geôlier de soi-même. « Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Apocalypse 3, 20). Cette parole de Jésus, rapportée par l’Apocalypse, est la seule à pouvoir nous sauver : Jésus est en dehors de la prison, il est le seul et unique à avoir le pouvoir divin de nous libérer tous. Il suffit de le vouloir ! Il frappe, il demande notre collaboration pour nous libérer, pour nous faire sortir des labyrinthes que nous avons construits en élevant des barrières entre nous et Dieu, entre nous et les autres, entre nous et nous-mêmes. Seul cet « Exode » peut nous ramener à l’innocence originelle, c’est-à-dire à la vraie liberté des enfants de Dieu. La « Voie » qui rend possible cet exode de nous-mêmes a un seul nom : Jésus ! Dès le début, l’Eglise l’a annoncé : ce Jésus, « c'est lui la pierre que vous, les bâtisseurs, avez dédaignée, et qui est devenue la pierre d'angle. Car il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. (Actes 4, 11-12). L’Eglise croit que seul Jésus est la voie qui conduit l’homme au Paradis perdu. Tant qu’on ne s’y engage pas, on erre parmi les mille déserts de vie, sans pouvoir éviter de s’y perdre. Pour cela, Jésus est venu sur cette terre, et il a voulu y rester, avant tout par le Sacrement de son Amour, la Très Sainte Eucharistie qui nourrit la vie de l’Eglise et de chaque âme qui croit en Lui : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). Le Seigneur est resté au milieu de nous, comme pain rompu et vin versé qui, à chaque Messe, devient son Corps et son Sang. Si nous voulons être ses disciples, nous devons alors, l’imiter. Nous aussi, nous devons devenir, chacun à sa petite place, du pain rompu. Il y a une expression qui exprime bien la générosité d’une personne : elle s’est coupée en quatre pour aider ! « Se couper en quatre » est seulement possible si l’on accepte la logique évangélique de « se rompre ». Si l’on veut rester « en un seul morceau », si l’on n’accepte pas la renonciation de soi, avec la mort de son propre « moi » qui en découle, on refuse alors la logique eucharistique, où le fait de « se transformer » présuppose le « fait de se rompre ». Si je veux me laisser transformer dans le Christ, je ne dois pas me fermer, mais me donner entièrement, afin que ma vie devienne une vie offerte, comme l’écrit Saint Paul : « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre » (Romains, 12, 1). Si nous ne nous offrons pas nous-mêmes, si nous faisons en sorte que ce soit Jésus seul à « se rompre et à se répandre », si nous attendons que ce soit seulement et toujours les autres à se sacrifier pour nous et pour le prochain, notre participation à la Sainte Messe sera toujours incomplète, et pour nous aussi se réalisera la Parole du Seigneur : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi » (Mathieu 15, 8)

 

Le Pape Benoît XVI donnait l’enseignement suivant, dans l’homélie de la Messe de la Cène du Seigneur : « L’Eucharistie ne peut jamais être seulement une action liturgique. Elle est complète seulement si l’agape liturgique devient amour dans le quotidien. Dans le culte chrétien les deux choses deviennent une – le fait d’être comblés par le Seigneur dans l’acte cultuel et le culte de l’amour à l’égard du prochain » (Benoît XVI, homélie de la Messe « In Cena Domini »,9 avril 2009). Le cœur s’éloigne de Dieu dans la mesure où l’homme cède à son égoïsme. Plus on se ferme, plus on refuse de se donner, de « rompre son propre pain », plus la crevasse entre Dieu et l’homme s’élargit. Jamais Dieu ne s’éloigne de l’homme – comment le pourrait-il du moment que sa Fidélité est éternelle ! -, mais c’est l’homme qui, dominé par son propre « moi » et par ses désirs fous, s’enfuit loin de Dieu, comme un éclat devenu fou qui s’éloigne du Tout pour préférer le néant de soi et du monde ! Pour mettre fin à cette fuite folle, de l’homme prisonnier de ses sens et de ses passions, Jésus se présente, aujourd’hui encore, à la porte de notre cœur comme un Mendiant, comme un « pauvre Christ » chargé de la Croix, qui rompt son Pain pour nous. Devant cet « Homme » - « Ecce Homo » (Jean 19, 5) ! – il est suffisant de se fier à sa Parole, et la course folle vers le « néant », s’arrêtera parce que, en Lui, on retrouve « le Tout ». La goutte aura finalement rencontré l’Océan, et un seul geste suffira, pour changer de vie pour toujours : se jeter en Lui !

 

Fides

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