Grâce à l’élan donné par la proclamation de l’Année Sacerdotale par le Pape Benoît XVI, on voit se multiplier dans le monde, dans les différents secteurs diocésains et ecclésiaux, des initiatives destinées surtout à faire redécouvrir et à redonner toute sa valeur à l’identité sacerdotale et à la mission du prêtre qui en découle dans l’Eglise. La Mission de Jésus, comme en témoigne l’Evangile, est réalisée de manière tout à fait spéciale par les Apôtres et par les Disciples qui sont envoyés par Jésus dans le monde entier pour proclamer la Bonne Nouvelle (cf. Marc 16, 15). A la racine de la vocation sacerdotale authentique, il y a donc nécessairement l’appel de Jésus : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis » (Jean 15, 16). Pour « décider » de devenir prêtres, il faut avant tout découvrir ce choix de prédilection du Christ. Celui qui choisit et qui envoie, c’est toujours et seulement Lui, et cela, Jésus le fait par la médiation de l’Eglise. Une vraie vocation n’est pas seulement une intuition, mais elle doit être cultivée et greffée sur l’arbre séculaire de l’Eglise

 

 

 

Pour devenir conscients du choix de Jésus, il faut, normalement, un temps plus ou moins long de discernement. Il faut en effet parvenir à la connaissance d’une vérité sublime : Jésus m’appelle à devenir comme Lui, prêtre ! Sans un cheminement convenable, qui commence normalement dans sa propre famille, Eglise Domestique, comment pourrait-on découvrir une telle vérité qui touche et change la vie entière ? Les paroles « Suis-moi » (cf. Matthieu 9, 9; Marc 10, 21; Luc 9, 59; Jean 1, 43) dites par Jésus à la conscience d’un pauvre homme, plus ou moins jeune, comme l’étaient les premiers disciples du Seigneur, portent avec elles des conséquences énormes. En effet, prêtre, on le reste pour l’éternité ! L’appel sacerdotal est tellement grand que l’on ne peut se faire l’illusion de rester là où il nous a trouvés. La maturité humaine, intellectuelle, spirituelle de celui qui est appelé, doit nécessairement croître non seulement jusqu’au jour de son Ordination, mais jusqu’au jour de sa mort, parce que, si la croissance s’arrêtait, on ferait inévitablement marche arrière, en compromettant toujours plus sa propre vocation à la sainteté. L’eau qui ne s’écoule pas, stagne ; et voilà pourquoi Jésus parle d’une « eau vive », parlant de la vie de grâce, don du Saint-Esprit, que peuvent recevoir ceux qui croient en Lui (cf. Jean 7, 38). C’est une loi inaltérable de l’esprit : celui qui ne « monte » pas, « descend », ou bien l’on progresse dans la vertu (les belles et bonnes habitudes), ou bien se renforcent les vices (les habitudes mauvaises et perverses). Voilà pourquoi la « formation permanente » des prêtres, comme on l’appelle, requiert un engagement non moindre que celui requis par la formation sacerdotale avant les Ordres Sacrés. Il est clair que, en raison précisément de l’effort requis, avant et après l’ordination sacerdotale, on puisse se lasser de prier, d’être vigilant, d’aimer, de s’abandonner, de se donner… Et c’est alors que la Providence Divine nous vient en aide de mille manières différentes. Si nous sommes humbles, nous saurons les reconnaître, et elles nous conduiront « en haut », elles nous élèveront au-dessus des préoccupations humaines, des tentations diaboliques elles-mêmes, et des logiques individualistes mesquines… Pour ne « pas perdre du terrain », comme chrétiens et comme prêtres, il faut, avant tout, avoir un cœur libre, qui ne se laisse pas appesantir par les choses inutiles, à savoir la mondanité, mais qui se vide sans cesse pour devenir plus « léger » et pour « s’élever ». Seul l’Amour de Dieu peut élever, élargir l’horizon, purifier l’esprit et le cœur, de tout ce qui obscurcit et corrompt ; mais l’Amour de Dieu est aussi un « feu ». Jésus l’a dit : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et combien je voudrais qu’il soit déjà allumé » (Luc 12, 49). Pour devenir des fils de la lumière (cf. Jean 12,36), il est nécessaire d’avoir le « feu » de l’Esprit, et, naturellement, le feu brûle, aussi parce qu’il doit purifier et guérir en nous ce qui est peccamineux. Ce processus, si on ne le complète pas sur cette terre, pour ceux qui se sauvent, continuera au Purgatoire. Là aussi on parle d’un feu qui brûle ; c’est toujours le feu de l’Amour, parce que le Purgatoire est le Lieu de l’Amour qui purifie, comme l’a compris de manière étonnante Sainte Catherine de Gènes. Pour faire l’expérience de l’Amour divin qui transforme, il faut imiter les Saints, à commencer par la Sainte Vierge, par Saint Joseph et par les Apôtres. Qu’ont-ils ait d’extraordinaire ? Ils ont pris l’Evangile au sérieux, ils l’ont vécu – comme Saint François « sine glossa », sans y ajouter ni des « si », ni des « mais » ! Si nous ne prenons pas l’Evangile au sérieux, nous ne pouvons prendre Jésus au sérieux. En effet, Jésus nous a laissé un unique Evangile avec une unique Eglise, fidèle gardienne de la Vérité qui, dans le sillon de l’unique Tradition vivante, nous offre l’annonce de toujours : c’est seulement dans le Christ Jésus qu’est le salut, et ce Jésus ne doit pas être divisé en deux, réduit, relativisé… Ou bien on le prend comme Il est, ou bien on Le perd !

 

La vraie sainteté du prêtre consiste donc à imiter Jésus en désirant notre transformation en Lui. Certes, cela est humainement impossible, mais ne croirions-nous peut-être pas que Dieu peut faire des miracles ? Le Saint-Père a donné à tous les prêtres du monde, en cette Année Sacerdotale, l’exemple du Saint Curé d’Ars, devenu une Jésus vivant. Après avoir vénéré la relique de son cœur, le Saint-Père a déclaré aux prêtres : « Il y a quelques instants, j'ai pu vénérer, dans la chapelle du Chœur, la relique du Saint Curé d'Ars : son cœur. Un cœur enflammé par l'amour divin, qui s'émouvait à la pensée de la dignité du prêtre et qui parlait aux fidèles avec des accents touchants et sublimes, affirmant que ‘après Dieu, le prêtre est tout ! ... Lui-même ne se comprendra bien qu'au ciel (cf. Lettre pour l'Année sacerdotale, p. 2)’. Chers frères, cultivons cette même émotion, que ce soit pour exercer notre ministère avec générosité et dévouement, ou pour conserver dans notre âme une véritable "crainte de Dieu" : la crainte de pouvoir priver de tant de bien, par notre négligence ou notre faute, les âmes qui nous sont confiées, ou de pouvoir - que Dieu nous en garde ! - leur faire du mal. L'Eglise a besoin de prêtres saints; de ministres qui aident les fidèles à faire l'expérience de l'amour miséricordieux du Seigneur et qui en soient des témoins convaincus. Dans l'adoration eucharistique, qui suivra la célébration des vêpres, nous demanderons au Seigneur qu'il enflamme le cœur de chaque prêtre de cette "charité pastorale" capable d'assimiler son "moi" personnel à celui de Jésus Prêtre, de manière à pouvoir l'imiter dans l'offrande de soi la plus complète. Que la Vierge Marie nous obtienne cette grâce; Elle dont nous contemplerons demain avec une foi vive le Cœur Immaculé. Le saint curé d'Ars nourrissait à son égard une dévotion filiale, si bien qu'en 1836, en avance sur la proclamation du Dogme de l'Immaculée Conception, il avait déjà consacré sa paroisse à Marie "conçue sans péché". Et il garda l'habitude de renouveler souvent cette offrande de la paroisse à la Sainte Vierge, en enseignant aux fidèles qu'"il suffit de s'adresser à elle pour être exaucés", pour la simple raison qu'elle "désire surtout nous voir heureux". Que la Vierge Sainte, notre Mère, nous accompagne en l'Année sacerdotale que nous commençons aujourd'hui, afin que nous puissions être des guides solides et éclairés pour les fidèles que le Seigneur confie à nos soins pastoraux » (Vêpres de la Solennité du Sacré-Cœur, et ouverture de l’année Sacerdotale, 19 juin 2009).

 

Fides

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