Dans les débats actuels qui se font autour de la liturgie en général et de la messe en particulier, il semble que beaucoup veuillent se couvrir des écrits du pape... souvent pour dire tout et n'importe quoi.
Il y a, bien sûr, ceux qui se réclament de Benoît XVI pour se prévaloir de la liturgie du concile Vatican II... qu'ils n'ont jamais ni étudié ni suivi. C'est l'immense majorité des clercs de France (exception faite pour les nouvelles générations) et des fidèles qui les suivent en leur faisant une confiance aveugle. A ceux-ci, rappelons que le Saint-Père a écrit en toutes lettres « qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel » mais qu' « au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité [qui] a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable »...

 

 

 

vocations... une affirmation dont nos clercs ne semblent pas faire grand cas alors qu'elle reflète la triste réalité. Faut-il redire ici que la Constitution conciliaire sur la liturgie et le missel romain qui en est issu n'ont jamais autorisé qu'un fidèle - fut-il prêtre - puisse changer quoi que ce soit dans la liturgie ? Peut-être ceux qui se réclament de Vatican II devraient-ils s'en souvenir.
Il y a ensuite ceux qui se réclament du Motu proprio Summorum Pontificum pour se prévaloir d'une forme (nous disons bien "une" forme) prise par la liturgie romaine à partir du Concile de Trente et aussi pour vouloir que cette forme redevienne la norme dans un futur aussi proche que possible. Ne conviendrait-il pas que ces fidèles qui ne cessent de remercier le Saint Père parce qu'il leur a redonné la possibilité de participer à une forme de la liturgie à laquelle ils sont attachés, relisent les textes auxquels ils se réfèrent - le Motu proprio et la Lettre aux évêques qui l'accompagne - ? Que dit cette Lettre ?
 « (...) il faut dire avant tout que le missel, publié par Paul VI et réédité ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure évidemment la forme normale ­ la forma ordinaria ­ de la liturgie Eucharistique ». On lit bien : le missel romain dit "de Paul VI" est et demeure le livre de référence pour ce qui est de la façon "normale", "habituelle" de célébrer l'Eucharistie. Et le Saint-Père de poursuivre :
 « La dernière version du Missale Romanum, antérieure au Concile, qui a été publiée sous l'autorité du Pape Jean XXIII en 1962 (...) pourra en revanche être utilisée comme forma extraordinaria de la Célébration liturgique ». Le missel romain dit "de Saint Pie V" (qui est en réalité devenu le missel "de Jean XXIII" en raison des dernières modifications qui y ont été apportées par ce pape) pourra être utilisé, et non devra être utilisé. 
En outre, Benoît XVI précise qu' « il n'est pas convenable de parler de ces deux versions du missel romain comme s'il s'agissait de "deux rites". Il s'agit plutôt d'un double usage de l'unique et même rite ». C'est ce que, à Pro Liturgia - et même avant la fondation de notre Association - nous avons toujours affirmé. Et l'on ne peut que déplorer qu'il puisse se trouver encore des fidèles traditionalistes qui, tout en se réclamant de Benoît XVI, opposent les deux missels pour faire de la messe "de Saint Pie V" un rite à part entière : un rite qui, selon ces fidèles, serait plus catholique, plus traditionnel, plus juste doctrinalement parlant que le "rite" actuel qu'ils prétendent avoir été inventé de toutes pièces par Vatican II. Leur erreur est grossière !
Benoît XVI poursuit : « je voudrais attirer l'attention sur le fait que ce missel [de 1962] n'a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé ». Soulignons ici les termes employés par le Souverain Pontife : le missel en usage avant Vatican II n'a jamais été juridiquement abrogé. Que Paul VI n'ait jamais songé à abroger "juridiquement" l'ancien missel romain est la meilleure preuve qu'il y a une incontestable continuité entre les deux missels : le missel issu de Vatican II a pris la suite logique du missel "tridentin" pour le parachever (cf. Jean Paul II, Lettre Vicesimus quintus annus). Voici d'ailleurs ce que dit la Constitution Missale romanum de Paul VI, datée de 1969 et placée en tête du missel romain actuel : « Le Missel romain, promulgué en 1570 par Notre prédécesseur saint Pie V, sur l'ordre du Concile de Trente, (...) a fourni aux prêtres du rite latin la norme de la célébration du sacrifice eucharistique (...) Le récent IIème Concile oecuménique du Vatican, en promulguant la Constitution Sacrosanctum Concilium, a établi les bases de la révision générale du missel romain: en déclarant "que les textes et les rites doivent être organisés de telle façon, qu'ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu'ils signifient"; en ordonnant que "l'Ordo de la messe soit révisé, de telle sorte que se manifestent plus clairement le rôle propre ainsi que la connexion mutuelle de chacune de ses parties, et que soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles"; en prescrivant "qu'on ouvre plus largement les trésors bibliques, pour présenter aux fidèles avec plus de richesse la table de la Parole de Dieu" (...) Nous ordonnons que les prescriptions de cette Constitution entrent en vigueur le 30 novembre prochain de cette année, premier dimanche de l'Avent. Nous voulons que ce que Nous avons établi et prescrit soit tenu pour ferme et efficace, maintenant et à l'avenir, nonobstant, si c'est nécessaire, les Constitutions et Ordonnances apostoliques données par nos Prédécesseurs et toutes les autres prescriptions mêmes dignes de mention spéciale et pouvant déroger à la loi. (...) ». La Constitution Missale romanum de Paul VI parle bien d'une "révision générale du missel romain" voulue par Vatican II et qui doit être tenue pour "ferme et efficace", et non de la suppression du missel issu de Trente. Ce sont ces termes qui font que Benoît XVI, dans sa Lettre aux évêques, a pu écrire qu' "en principe" le missel en usage jusqu'au moment du Concile n'a pas été abrogé. La locution "en principe" signifie ici "en pure théorie". Mais dans la pratique, c'est bien le missel dit "de Paul VI" qui demeure normatif, comme le souligne le Saint Père lorsqu'il écrit - toujours dans la "Lettre aux évêques" - : "le nouveau missel restera certainement [i.e. d'une façon incontestable] la forme ordinaire du rite romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles."
On peut dire que si, d'un côté, les modifications que certains clercs attachés au Concile font subir à la liturgie demeurent totalement illégitimes, de l'autre côté, l'usage de l'ancien missel ne constitue qu'une dérogation transitoire aux normes liturgiques actuellement en vigueur dans toute l'Eglise. C'est donc bien au-delà des "modifications illégitimes" et les "dérogations transitoires" qu'il faut situer l'urgence "d'un nouveau mouvement liturgique qui donne le jour au véritable héritage de Vatican II." (Cf. Cardinal Ratzinger, Ma Vie, souvenirs).

 

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