Il ne fait pas de doute que le Chant Grégorien, a écrit le Pape Jean Paul II dans le Bref « Jubilari Feliciter » de 1980, reste le lien musical qui unit les catholiques, qui fait sentir l’unité de l’Eglise, comme l’a déclaré le Pape Benoît XVI...

 

 

 

Le Chant Grégorien, par le fait même qu’il ne détourne pas l’attention des fidèles, est adapté à l’esprit de la liturgie romaine, comme les icônes le sont pour la liturgie byzantine. Le Père Guilmard, moine de Solesmes, a écrit récemment qu’il fallait maintenir le sens du texte, la forme musicale, la marche générale du développement mélodique, la forme d’ornementation, le mode lui-même, le sens musical de l’ensemble. Et ne pas oublier : le degré de compétence de la chorale, l’acoustique du lieu, les nombre des chanteurs, et ne pas sous-estimer la voix. Le Chant Grégorien, qui unit le corps et l’âme, est composé par des moines contemplatifs plutôt que par de grands artistes : ainsi, il a inspiré Palestrina, et il peut toujours inspirer la musique sacrée des temps à venir. Il ne fait pas de doute que le Chant Grégorien, a écrit le Pape Jean Paul II dans le Bref « Jubilari Feliciter » de 1980, reste le lien musical qui unit les catholiques, qui fait sentir l’unité de l’Eglise, comme l’a déclaré le Pape Benoît XVI. La célébration doit conserver un équilibre phonique homogène ; pour cela, dans les chants et dans les prières, une voix douce est la plus adaptée, elle correspond plus à l’attitude d’humilité et de discrétion que nous devons avoir devant Dieu. Il faut donc éviter avec soin les paroles « hurlées », mais utiliser les paroles dites avec douceur, qui sont les prières propres de la prière faite dans le secret (cf Matthieu 6, 5). Dans ce sens, la liturgie monastique bénédictine doit être considérée comme le type auquel on doit s’inspirer. C’est pourquoi, à commencer par le prêtre qui guide le Peuple de Dieu, que l’on recommence, notamment pour les solennités, à chanter en Grégorien l’Ordinaire de la Messe - désormais connu dans chaque langue - et pourquoi pas, des parties du Propre de la Messe. Il y a aussi le silence pendant la liturgie, qui est fondamental pour écouter Dieu qui parle à notre cœur. L’âme n’est pas faite pour le bruit, et pour les discussions, mais pour le recueillement ; la preuve en est que le bruit dérange. Avant tout, il faut redonner à l’église sa dignité de Maison de Dieu, où personne ne parle à haute voix, à commencer par les prêtres et par les ministres qui doivent donner l’exemple. L’église est le lieu où tous s’adressent à Dieu dans un silence humble, et à voix basse. Tout cela constitue le rite, qui est un terme qui signifie réitération, et dont il ne faut pas avoir peur, parce que le fidèle en a besoin pour faire mémoire du Christ. Les rites aident les fidèles à se familiariser avec le langage liturgique, grâce à la répétition des gestes et des chants : c’est un choix de style constant et homogène pour réaliser notre identité d’« orants » (de gens qui prient et adorent) de la Majesté de Dieu, qui sont si différents de la vie quotidienne assourdissante, de la fragmentation des langages et des styles qui détournent l’attention du caractère central du mystère. A titre d’exemple, elles sont erronées et fallacieuses les Orientations et les Normes pour les Acolytes et les Lecteurs préparées par une Commission Liturgique diocésaine italienne. A propos du moment de la Consécration, après avoir rappelé la possibilité d’encenser l’Hostie et le Calice consacrés, il est écrit, avec un zèle qui prétend faire pour le mieux : « On ne doit pas ajouter à ce moment des cierges, des clochettes, des céroféraires et d’autres servants de Messe qui ne feraient que remplacer les anciennes « tables de Communion », en empêchant de voir et de participer au Mystère qui se célèbre sur l’autel. Pour l’utilisation de la clochette, il faut dire que le numéro 150 « du Cérémonial des Evêques » déclare qu’il faut tenir compte des coutumes locales ; mais, dans notre Eglise diocésaine, il n’y a plus cette coutume ». En plus de mettre sur un même pied les personnes et les choses, et l’ignorance sur la signification et la fonctions de la « clôture » (balustrades en Occident et iconostase en Orient) qui, depuis l’époque juive et paléochrétienne distinguait le Sanctuaire ou Presbyterium de la nef ou de la salle, il semble pour celui qui a rédigé ces notes, que le Mystère doit mieux se voir sans cette « partie » - à présent on utilise « presbytérale ou ministérielle » - et donc que l’on peut mieux y participer. Pauvres céroféraires, pauvres « tables de Communion » - ne parlons pas de l’iconostase, parce qu’il n’est pas correct de dire du mal des Orientaux - coupables de ne pas faire participer les fidèles. Là où, avec une idiotie sans nom, on les a supprimées, il ne semble pas que la foi ait augmenté. Nous sauverons le patrimoine de la foi en le laissant précisément dans son habitat qu’est la liturgie, et non pas en le reléguant dans les musées diocésains ou dans des concerts dans des églises. Quant à la clochette, avec une décision sans appel, comme dans de nombreux autres cas, une seule personne décide pour tous que « cette coutume n’existe plus ». Mais si on circule un peu, on l’entend encore parce que, à ce qu’il semble, malgré tous les efforts des ministres, il arrive que les fidèles puissent être distraits, et que la clochette, beaucoup plus discrète qu’un rappel verbal, aide à se recueillir au moment le plus solennel. La clochette, sœur cadette des clochers - avec son timbre sonore, rappelle que Dieu se souvient éternellement de nous. Alors, voulons-nous abolir la clochette ? Heureusement que, à la fin, les Indications et des Normes concluent en ces termes : « … L’Eglise ne nous offre pas des liturgies intangibles réglées part des normes rigides »… Que chacun s’arrange comme il peut. « Est-ce cela l’esprit de la liturgie dont parle Romano Guardini et Joseph Ratzinger, et, entre les deux théologiens, le Concile ? Si la liturgie n’est pas « opus Dei », à la louange de Sa Gloire, où l’ « ars celebrandi » trouve-t-il son fondement ? Il est urgent de s’occuper de la formation des futurs prêtres, de l’éducation des fidèles et en premier lieu des « liturgistes ».

 

Fides

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