http://img.over-blog.com/280x423/0/21/41/34/2010/jehannedefrance.jpgAdieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,
Qui demeures aux près, où tu coules tout bas.
Meuse, adieu : j'ai déjà commencé ma partance
En des pays nouveaux, où tu ne coules pas.

 

Voici que je m'en vais vers des pays nouveaux ;
Je ferai la bataille et passerai les fleuves ;
Je m'en vais m'essayer à de nouveaux travaux,
Je m'en vais commencer là-bas les tâches neuves.

 

Et, pendant ce temps-là, Meuse ignorante et douce,
Tu couleras toujours, passante accoutumée,
Dans la vallée heureuse où l'herbe vive pousse,
O Meuse inépuisable et que j'avais aimée !

 

Tu couleras toujours dans l'heureuse vallée.
Où tu coulais hier, tu couleras demain.

Tu ne sauras jamais la bergère en allée
Qui s'amusait, enfant, à creuser de sa main
Des canaux dans la terre, à jamais écroulés.

 

La bergère s'en va, délaissant ses moutons ;
La fileuse s'en va délaissant ses fuseaux.
Voici que je m'en vais loin de tes bonnes eaux,
Voici que je m'en vais bien loin de nos maisons.

 

Charles PEGUY

commentaires

mamiehiou 31/10/2015 11:12

Un si beau poème !
Pourquoi ne pas le donner en entier ?

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