jeanpaulratzinger.jpg« (...) Dans la période postconciliaire, nous sommes témoins d'un vaste travail de l’Eglise pour faire en sorte que ce novum, constitué par Vatican II, pénètre de manière juste dans la conscience et dans la vie de chacune des communautés du Peuple de Dieu. Cependant, à côté de cet effort, se sont manifestées des tendances qui, sur la voie de la réalisation du Concile, créent une certaine difficulté. L'une de ces tendances se caractérise par le désir de changements qui ne sont pas toujours en harmonie avec l'enseignement et avec l'esprit de Vatican II, même s'ils cherchent à se référer au Concile. Ces changements voudraient exprimer un progrès, c'est pourquoi on désigne cette tendance par le nom de « progressisme ». Le progrès, dans ce cas, est une orientation vers l'avenir qui rompt avec le passé, sans tenir compte de la fonction de la Tradition qui est fondamentale pour la mission de l’Eglise, afin que celle-ci puisse continuer à vivre dans la Vérité qui lui a été transmise par le Christ Seigneur et les Apôtres, et qui a été gardée avec diligence par le Magistère. La tendance opposée, que l'on définit habituellement comme « conservatisme » ou « intégrisme », s'arrête au passé lui-même, sans tenir compte de la juste orientation vers l'avenir qui s'est précisément manifestée dans l’œuvre de Vatican II.

 

Tandis que la première tendance semble reconnaître comme juste ce qui est « nouveau », l'autre, au contraire, ne tient pour juste que ce qui est « ancien », le considérant comme synonyme de la Tradition. Cependant, ce ne sont pas l'« ancien » en tant que tel ni le « nouveau » en soi qui correspondent au concept exact de la Tradition dans la vie de l’Eglise. Ce concept désigne, en effet, la fidélité durable de l’Eglise à la vérité reçue de Dieu, à travers les événements changeants de l'histoire. L’Eglise, comme le maître de maison de l’Evangile, tire avec sagesse « de son trésor, du neuf et du vieux » (cf. Mt 13, 52), demeurant dans une obéissance absolue à l’Esprit de vérité que le Christ a donné à l’Eglise comme guide divin. Et cette œuvre délicate de discernement, l’Eglise l'accomplit par son Magistère authentique (cf. Lumen gentium, n. 25).

 

Les positions que prennent les personnes, les groupes ou les milieux attachés à l'une ou l'autre tendance peuvent être compréhensibles dans une certaine mesure, particulièrement après un événement aussi important dans l’histoire de l’Eglise que le dernier Concile. Si, d'une part, il a libéré une aspiration au renouveau (et cela comprend aussi un élément de « nouveauté »), d'autre part, certains abus dans la ligne de cette aspiration, pour autant qu'ils oublient les valeurs essentielles de la doctrine catholique de la foi et de la morale et, en d'autres domaines, de la vie ecclésiale - par exemple dans le domaine liturgique - peuvent et même doivent susciter des objections justifiées. Cependant, si, en raison de ces excès, on refuse tout sain « renouveau » conforme à l'enseignement et à l’esprit du Concile, une telle attitude peut conduire à une autre déviation qui est également contraire au principe de la Tradition vivante de l’Eglise obéissant à l'Esprit de vérité. (...) »

 

Extrait de la lettre du Pape Jean-Paul II au Cardinal Joseph Ratzinger,

Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 8 avril 1988

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