90912N.jpgUne grande erreur qui desservirait la cause de la liturgie serait le faire dire à Benoît XVI ce qu'il n'a jamais dit et donc de faire aller la liturgie là où l'Eglise n'a jamais souhaité qu'elle aille. Qu'a dit le pape ? Que nous enseigne-t-il dans son Motu proprio Summorum pontificum ? Reprenons le document et lisons-le attentivement pour en tirer quelques conclusions. Benoît XVI nous dit très clairement que la "forme normale" de la liturgie est actuellement celle qui est donnée par le Missel dit "de Paul VI". Il n'y a rien qui permette de revenir là-dessus. Ce Missel romain restauré a des qualités indiscutables puisque le pape parle de sa "richesse spirituelle" et de sa "profondeur théologique". Mais si ses qualités n'apparaissent pas ou plus, c'est uniquement parce que ceux qui doivent le mettre en oeuvre l'intrumentalisent, comme si les règles de la liturgie qu'il précise n'étaient que des lignes directrices générales autour desquelles chacun pouvait s'autoriser à construire des célébrations répondant aux goûts de l'instant, sans référence à une théologie solide. C'est là l'erreur essentielle qui a été propagée par de très nombreux clercs à la suite de Vatican II et qui fait que partout sont célébrées des messes désormais désacralisées, sans reliefsans dignité, qui ne savent que transmettre, parfois à coups de "pathos", les impressions ponctuelles et fluctuantes des célébrants.

 

Imaginons à présent un fidèle habitué aux liturgies actuelles de nos paroisses, mais soucieux ce qui serait tout à son honneur - de suivre les conseils de Benoît XVI. Il décide donc de se rendre dans différents sanctuaires où est célébrée la forme "extraordinaire" du rite romain, afin de découvrir en quoi cette façon de célébrer pourrait enrichir les messes faites à partir du Missel "de Paul VI". La première chose que remarquerait ce fidèle et qui lui paraîtrait étranger par rapport à ce qu'il voit faire dans les paroisses, c'est l'invariance de cette forme "extraordinaire" quel que soit le prêtre qui la célèbre. Invariance qui met en relief la stabilité que doit avoir, par essence, un rite liturgique. C'est sûrement là un point essentiel de la liturgie qu'il faudrait retrouver dans la forme "ordinaire" : l'invariance du rite, afin que celui-ci apparaisse partout comme achevé dès lors qu'il est reçu de l'Eglise, et non comme devant être sans cesse perfectionné par des assemblées locales d'où émergent quelques fidèles ayant la prétention de faire mieux que ce que l'Esprit Saint à inspiré à l'Eglise. Un deuxième point que remarquerait le fidèle attentif, c'est que dans la forme "extraordinaire", l'accent n'est pas mis sur le célébrant mais sur la célébration accomplie avec révérence et dans un environnement cherchant à exprimer au mieux la sacralité. Un troisième point que pourrait remarquer le fidèle curieux, c'est que dans cette forme "extraordinaire", c'est le latin qui utilisé. Difficile à comprendre pour quelqu'un à qui on a seriné depuis des années que l'usage du latin n'avait plus cours depuis le Concile ! Il faudrait expliquer à notre "fidèle-explorateur" que le latin et le grégorien participent ici à l'établissement d'un "climat" spécifique à la liturgie; que c'est par le coeur qui se laisse imprégner par ce climat liturgique (1) plus que par l'intelligence qui veut comprendre chaque mot que le fidèle progresse dans la foi. On sait d'ailleurs que la liturgie a fait davantage de conversions que bien des homélies pourtant savamment construites. En résumé, les points positifs de la forme "extraordinaire" du rite romain qu'on devrait impérativement retrouver dans la forme "ordinaire" sont la stabilité, la révérence, la sacralité, l'effacement devant le mystère. 

 

Par contre, ce qui est dans la forme "extraordinaire" et n'a plus sa place dans la liturgie "normale" - celle donnée par le Missel de Paul VI -, ce sont les prières doublées, c'est-à-dire dite par le prêtre alors qu'elles ont déjà été dites par l'assemblée ou la chorale (2), certaines prières répétées qui alourdissent le rite et donnent parfois l'impression que la célébration fait du surplace ou hésite à aller jusqu'à son terme (3), le décorum hérité du XVIIIè siècle finissant ou du XIXè siècle et qui est davantage l'expression d'un certaine religiosité que le cadre idéal capable de mettre en relief le sens de la liturgie elle-même. En résumé, on peut dire que dans son Motu proprio Summorum pontificum, Benoît XVI ne se montre pas favorable au rétablissement systématique de la forme "extraordinaire" du rite romain. Si on lit bien le Souverain Pontife, on voit qu'il veut surtout donner forme au véritable héritage liturgique de Vatican II - comme il l'a dit lui-même à diverses occasions-. L'outil qui peut aider à réaliser ce programme est la forme "extraordinaire" du rite romain considérée comme un auxiliaire précieux dont on ne saurait se passer pour mettre en oeuvre comme il convient le rite romain restauré à la suite de Vatican II. C'est d'ailleurs de cette façon que procède Benoît XVI à chaque messe qu'il célèbre : il met en oeuvre la "forme ordinaire" du rite romain dans son interprétation stricte ou, pour être plus exact encore, disons qu'il célèbre la Messe telle que le Concile l'a vraiment voulue et telle qu'elle devrait pouvoir être dans toutes les paroisses.

 

(1) La Constitution Sacrosanctum Concilium enseigne que pour obtenir la pleine efficacité [de la liturgie], les fidèles doivent

y accéder avec les dispositions d'une âme droite. Il y a donc bien une disposition préalable à acquérir. (Cf. n.11)

(2) Cf. Sacrosanctum Concilium, n.34.

(3) C'est par exemple le cas pour le Confiteor récité deux fois au commencement de la messe et une fois avant la communion.

Encore faut-il préciser ici qu'à la grand'messe, les fidèles qui sont dans la nef ne sont pas associés à la récitation des deux Confiteor 

dits au commencement de la célébration ("prières au bas de l'autel") puisqu'à ce moment la chorale chante l'introït qu'elle

fait immédiatement suivre du Kyrie eleison. Un peu comme si les fidèles étaient invités à "zapper" l'acte pénitentiel qui ouvre la célébration eucharistique...

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