Conférence au Séminaire de la Castille

 

Emission "Matière à penser" du 21/03/2012 (Radio N-D)

commentaires

JOCHAUD DU PLESSIX 06/09/2014 18:50


C'est une évidence, le texte de Léon XIII ne revient pas sur la liberté psychologique de la personne, qu'il n'a jamais dans l'Eglise été question de forcer à demander le baptème, mais il ne
proclame pas non plus une liberté de conscience morale, qui elle a a toujours été proscrite. Je pense que nous somems d'accord là dessus.


Là où semble-t-il nous divergeons c'est sur la question de savoir si en exigeant des Etats qu'ils proclament la liberté religieuse comme un droit civil, fondé sur un prétendu droit
naturel,l'Eglise ne s'écarte pas du mandat que lui a donné Jésus "allez, enseignez les nations" et si elle n'encourage pas les Etats à favoriser, pour reprendre les termes de Léon XIII, "à ce
point la licence des opinions et des actions coupables que l'on puisse impunément" (dans ces Etats) "détourner les esprits de la vérité et les âmes de la vertu". Pour moi c'est une évidence,
car il est de foi que les autres religions détournent l'homme de Dieu et l'amènent à se perdre (elles sont comme des espèces de nuages sombres que le démon suspend entre nous, pauvres herres dont
les yeux restent rivés vers le Ciel malgré la chute du premier homme).


Pour vous au contraire, ce n'est pas le cas, tout du moins tant que l'Etat respecte un ordre moral objectif. En fait vous partez du principe qu'il suffit de rappeler du bout des lèvres aux Etats
leurs devoirs envers l'unique vraie religion, pour être quitte envers la doctrine catholique sur la constitution et les devoirs des Etats et pour présumer de manière irréfragable que le reste de
Dignitatis humanae est conforme à la Tradition. Or ce n'est pas le cas, il aurait fallu que les Pères conciliaires joignent les actes aux paroles, ils ne l'ont pas fait.


Vous me répondrez sans doute, comme je l'ai lu chez de nombreux souteneurs de l'orthodoxie de Dignitatis Humanea, que cette déclaration n'exclut pas qu'un Etat soit catholique.


Certes, certes, elle rappelle même in limine les devoirs de l'Etat envers l'unique vraie religion, mais il ne faut voir là qu'un circonstance aggravante à l'inconséquence qui découle de la
proclamation, déjà imprudente dans un concile qui s'est voulu pastoral et non dogmatique, du droit à la liberté religieuse.


Quant à la preuve que Dignitatis humanae trahit la doctrine de l'Eglise sur les devoirs de l'Etat, quand elle proclame le droit à la liberté religieuse, elle découle clairement de Quanta Cura de
Pie IX, qui indique que l'Etat a le devoir de réprimer les violateurs de la religion catholique.


Or, par violation il faut entendre aussi l'exercie public des autres religions.


Dans Dignitatis Humanae, au contraire, le principe est inversé : l'Etat n'a pas le droit de réprimer un tel culte public. Le principe, c'est la liberté.


La répression est l'exception (et elle n'est appelée à jouer uniquement en cas d'atteinte à la paix publique et à un prétendu ordre moral objectif, par exemple si la prière dans la rue bloque la
circulation).


Or, en réduisant ainsi le rôle de l'Etat, on l'amène à contredire ses devoirs.


Léon XIII disait à ce sujet dans Immortale Dei "Les hommes, en effet, unis par les liens d'une société commune, ne dépendent pas moins de Dieu que pris isolément ; autant au moins que
l'individu, la société doit rendre grâce à Dieu, dont elle tient l'existence, la conservation et la multitude innombrable de ses biens. C'est pourquoi, de même qu'il n'est permis à personne de
négliger ses devoirs envers Dieu, et que le plus grand de tous les devoirs est d'embrasser d'esprit et de coeur la religion, non pas celle que chacun préfère, mais celle que Dieu a prescrite, et
que des preuves certaines et indubitables établissent comme la seule vraie entre toutes, ainsi les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n'existait en aucune
manière, ou se passer de la religion comme étrangère ou inutile, ou en admettre une indifféremment selon leur bon plaisir" (Immortale Dei).


De plus, le droit civil à la liberté religieuse que DH appelle de ses voeux est un droit de l'homme.


Or Pie VI a condamné ces droits de l'Homme (notamment l'art. 18 relatif à la liberté de conscience et de religion) de manière cinglante, notamment dans une allocution célèbre au sujet de
l'assassinat de sa Majesté très-chrétienne Louis XVI où, en évoquant le testament du roi assassiné, il disait "quelle douleur, quel repentir d'avoir apposé son nom malgré lui à des décrets si
contraires à la discipline et à la foi orthodoxe de l'église" (Allocation précitée page 11). Ne me dîtes pasque ce faisant le Pape a condamné un droit actif, et non un droit négatif à ne pas être
empêché, ceci n'étant pas prouvé et étant même rendu improbable par le fait qu'avant la Déclaration des droits de l'Homme, les règles coutumières du Royaume n'obligeait pas, sous peine de
sanctions, les sujets du roi à adhérer en conscience à l'unique vraie religion. De sorte que s'il restait quelque chose à conquérir et à proclamer c'était bien, pour les révolutionnaires une
liberté au for externe, donc de proclamer un droit qui, selon vos distinctions, correspond à un droit négatif à ne pas être empêché (qu'il serait plus simple d'appeler de son vrai nom juridique,
à savoir "l'opposabilité").


Enfin quant au droit naturel dont vous parlez, selon lequel tout homme aurait de suivre sa conscience, vous faîtes erreur. La conscience est comme une lanterne, elle est là pour éclairer la
volonté (le péché résidant dans la volonté). L'homme n'a pas le droit de suivre toujours sa conscience, il ne l'a que si sa conscience lui manifeste la volonté de Dieu, laquelle a un contenu
objectif et non relatif. Je sais que le Père Basile Valuet conteste ce point, et que selon lui le passage relatif à ce point de Libertas Praestantissimum doit être traduit comme ceci"« … on
peut l’entendre aussi en ce sens qu’à l’homme (homini), il soit permis dans la cité (in civitate liceat), de suivre la volonté de Dieu et d’accomplir ses commandements (Dei voluntatem se qui et
iussa facere), en fonction de la conscience de son devoir (ex conscientia officii), sans que rien puisse l’en empêcher (nulla re im pe diente)" (Père Basile, les malentendus d'Ecône sur la
liberté religieuse). Mais quoiqu'en dise le Père Basile, "ex consciencia officii" signifie, adjoint au reste, que l'homme a le droit de suivre les commandements de Dieu, (c''est le vrai contenu
du droit, et ce n'est pas celui de suivre sa conscience) sous réserve que sa conscience les lui manifeste (l'éclairage de la conscience est une condition), ou après que sa conscience les lui a
manifestés,  ou mieux  selon l'expression figurant dans l'excellent article de l'abbé Jean Michel Gleize (Courrier de Rome n°374) par "à condition que sa conscience le lui manifeste".

Admin 06/09/2014 21:21



Vous ne serez pas surpris, mais de mon côté, j’ai toujours été beaucoup plus “convaincu” par les
travaux théologiques de l’Abbaye du Barroux ou bien encore par les Dominicains de la Fraternité Saint Vincent Ferrier sur ce sujet. D’ailleurs, cette étude librement consultable peut sûrement
vous intéresser --> http://www.chemere.org/hqpanel/uploads/file/formation/Formation%20(6).pdf


 


Ce n’est qu’une question d’interprétation qui
fait naître nos divergences. Pour répondre à vos objections, je ne vais par refaire bêtement un copier-coller de l’étude publiée par Chéméré mais je vous invite à la lire intégralement (il y a
seulement 22 pages !) car, après lecture, je partage leur analyse, notamment sur les sujets relatifs à Quanta Cura (analyse qui répond, après vérification, à toutes vos
objections). Et comme je constate que vous avez du “répondant”, que vous êtes beaucoup plus qualifié que moi sur ce sujet que je n’ai pas étudié en “profondeur”, je ne peux que vous
encourager – en toute sincérité et à l’exemple de la scolastique médiévale – à continuer votre disputatio avec le Père Basile Valuet, les Pères De
Blignières ou de Saint Saumer. Et il serait même interéssant que des théologiens de la FSSPX puissent un jour accepter un colloque commun avec ces personnes (elles ne le refuseraient pas, je peux
vous l’assurer). Je suis pour ma part assez peiné qu’il n’y ait pas cette volonté commune pour retrouver l’unité doctrinale. A ma connaissance, il n’y a eu aucune étude sérieuse de la FSSPX pour
"démolir" les études du Barroux (thèse monumentale de Valuet) et de Chéméré. J'ai dit "étude sérieuse". 





N’étant pas théologien, et conformément à Lumen Gentium 25 et au Code de Droit Canonique (Can. 752), je donne à l’enseignement de DH (qui peut
sûrement être amélioré) tout mon assentiment religieux. N’hésitez pas à répondre aux objections qui se trouvent dans le document PDF de Chéméré… mais, faute d'être un théologien compétant sur ce
sujet bien précis (et relativement compliqué), je ne suis pas sûr de pouvoir vous y répondre. Dommage, car notre discussion était interéssante.


 






Dans les Coeurs de Jésus et de Marie, je vous souhaite un bon Dimanche



JOCHAUD DU PLESSIX 05/09/2014 23:27


D'accord, nous pouvons procéder par citation, si vous le voulez. N'ayant pas les textes iprimés sous les yeux, je me fierai à ce que je trouve sur les sites internets.


Merci de votre réponse et de votre invitation à poursuivre, en esprit de vérité.


Nous pouvons procéder par citation, suivant votre offre.


Dans Immortale Dei, Léon XIII dit ceci : "L'Etat s'écarte donc des règles et des prescriptions de la nature, s'il favorise à ce point la licence des opinions et des actions coupables, que
l'on puisse impunément détourner les esprits de la vérité et les âmes de la vertu".


DH2 dit au contraire :"Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute
contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni
empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement réel
dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même. Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre
juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil."


On a beau retourner le texte dans tous les sens, la liberté religieuse visée par DH 2 est l'archétype de ces droits que selon Léon XIII l'Etat ne pouvait proclamer sans manquer à
ses devoirs envers l'unique vraie religion.


Bien à vous en Jésus Christ.

Admin 06/09/2014 10:58







DH n’encourage absolument pas l’Etat à favoriser des opinions ou des actions coupables mais, par dignité humaine, DH réaffirme, à la suite de St Thomas, que les personnes doivent avoir, par l’Etat, le droit naturel d’agir selon leur conscience. Lorsque Léon XIII affirme que l'Etat ne doit pas
favoriser "la licence des opinions et des actions coupables", il ne remet absolument pas en cause le droit naturel qu'ont les personnes à agir selon leur conscience. Et lorsque DH
réaffirme que les personnes humaines doivent agir selon leur conscience, elle n'encourage nullement les Sociétés à favoriser "la licence des opinions et des actions coupables", car ceci
serait non conforme à "l'ordre moral objectif".


 


Il n'y a donc aucune contradiction. Du moins, je n'arrive pas à en voir.



JOCHAUD DU PLESSIX 05/09/2014 13:58


Merci de votre réponse à mon intervention d'hier. Je retiens votre conseil d'écrire au Père Basile, dont je ne doute pas de la sincérité.


Je pense en revanche qu'il y a méprise sur votre deuxième paragraphe. Je n'exclus pas que le dialogue soit utile dans une optique évangélisatrice,au contraire, et j'en conviens il est même
nécessaire, cependant, vous conviendrez à votre tour que pour dialoguer dans une saine optique, il faut déjà connaître le contenu de sa foi et avoir envie de le transmettre. or le Dialogue
religieux pratiqué depuis 50 ans perd ce souci de ramner les égarés à l'unique bercail pour leur faire goûter le trésor de notre religion merveilleuse. On a l'impression qu'il y a à la fois du
respect humain dans l'attitude des gens qui parlent tout le temps d'oecuménisme, et aussi ïsme immense car ils ne semblent pas du tout vouloir convaincre l'autre. Or, c'est dramatique. Quan dun
croyant parle à un non-catholique, il est peut être la seule occasion que cette personne aura eu, dans sa vie d'éclairer sa conscience, qui était peut être jusque là engluée dans une espèce
d'ignorance invincible de la vérité. En ne transmettant pas la vérité fidèlement à cette personne, voire et en lui servant avec de bonnes choses des balivernes comme "oui, c'est vrai on
adore le même Dieu", et bien on risque d'être la cause de sa perte. Il y a un manque de charité énorme dans l'attitude que je décris. Pour ma part, je voudrais que le Bon Dieu me donne les mots
qu'il faut dans de telles situations, et la force de transmettre sa lumière. Voilà, j'ignore si ça peut me laver du soupçon de foideur qui entoure manifestement ce que je disais hier, mais les
choses sont plus claires ainsi.


Enfin, concernant mon dernier paragraphe d'hier, . Il y a effectivement un racourci un peu brutal, mais je maintiens qu'en dépit de l'affirmation faite par DH 1 selon laquelle la liberté
religieuse n'est pas la liberté morale, le droit à ne pas être contraint ni forcé visé au paragraphe 2 de DH dérive inévitablement vers une telle liberté morale dès lors qu'il vaut pour tous les
croyants de toutes les religions. L'objectif de ce droit , tel que décrit par le Père Basile, est d'ailleurs symptomatique : il serait selon lui de réaliser toutes les conditions
permettant à l'homme de rechercher et embrasser l'unique vraie religion. Comment croire cela, dès lors que l'homme ne saurait ni correctement rechercher, ni encore moins épouser, la vraie
religion par ses propres forces et sans un certain parti pris des pouvoirs publics, (et aussi sans la grâce, mais ce point n'est pas discuté entre nous, enfin je suppose) ? Si on dit ce que
dit le Père Basile, on sombre dans une vision purement naturaliste, en jugeant l'homme bon et suffisamment intelligent pour s'orienter seul vers la vérité, sans que le corps social ne l'y aide.
Ce point de vue est condamné par l'Eglise. L'homme a certes un goût inamovible pour le bien, mais sa conscience de ce qui est bien est souvent déformée par sa nature pécheresse. Vous
connaissez Saint Paul : je fais ce que je ne veux pas et je ne fais pas ce que je voudrais faire (à quelques choses près). A minima, on peut donc dire que de manière indirecte, voire
même inconsciente, le droit à ne pas être contraint en matière religieuse, dérive, par ses présupposés naturaliste qui impreignent le but irréaliste que lui assigne le
Père Basile, vers une liberté morale inéluctable. Une image résumera peut être mieux cela : on ne peut sincèrement vouloir redresser un arbre, et le voir s'apanouir, en écartant seulement autour
de lui les broussailles. A cet arbre, il faut aussi de la lumière et un tuteur. Si on ne les lui donne pas, il risque fortement de pencher, et de tomber où il penche. Et bien la lumière et le
tuteur, c'est ce milieu favorable, cet état chrétien, qui réprime l'erreur, y compris quand la paix publique n'est pas menacée, que Vatican II refuse. Dès lors, les Pères conciliaires se sont
clairement trompés, ou mentis à eux mêmes en énonçant que le droit qu'ils affirmaient n'étaient pas l'équivalent d'une liberté morale de se positionner vis-à-vis de la vérité.


Il ne suffit donc pas de dire : « DH (…) n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur, ni un droit supposé à l’erreur
». Il faut aussi donner les moyens aux hommes de bien comprendre ce qu'est leur liberté (en lui assignant dees limites
intrinsèques adéquates - chose que ne fait pas DH qui traite de la même manière les croyants de la vraie religion et ceux des fausses religions) et d'en user correctement en rappelant la Doctrine
catholique sur les devoirs des Etats, exposée notamment dans Quanta Cura.


 


Quant à Saint Thomas, merci de me dire sur quel point précis je m'en écarte.


Bien à vous en Jésus Christ.

Admin 05/09/2014 21:39



Nous sommes tous d’accord pour dire que la « pastorale » du dialogue œcuménique et du dialogue interreligieux
a été catastrophique… et est toujours catastrophique et mal-comprise par la plupart des catholiques, même par certains évêques. Je n’ai aucun problème pour décrire le même constat que vous sur ce
sujet. Par contre, vouloir démolir le « doctrinal » en prenant en otage les très graves dérives pastorales est pour moi une erreur.


 


Je n’ai pas fait de thèse sur DH – c’est donc pour cela que je vous invite à discuter de toutes ces questions assez sensibles mais aussi assez
compliquées directement avec une personne qui a travaillé dessus – mais je vais quand même, à mon humble niveau, essayer de répondre. Tout d’abord, DH, contrairement à Dei Verbum ou
Lumen Gentium, n’est pas une Constitution Dogmatique, mais une simple déclaration. Une déclaration qui développe avec des mots "pastoraux" et dans le sens newmanien du terme, la doctrine
de l’Eglise sans la contredire. Je ne sais pas si vous avez écouté la conférence du père Basile en son intégralité, mais il résume assez bien, après la 71ème minutes de la 1èreconférence, qu’il n’y a aucune contradiction entre Quanta Cura, Mirari Vos et DH. Ce n'est qu'une question d'interprétation de droit
"négatif" ou "affirmatif". Ceux qui veulent y voir des contradictions tombent donc dans ce travers anachronique.


 


Vous dîtes : “le droit à ne pas être contraint ni forcé visé au paragraphe 2 de DH dérive
inévitablement vers une telle liberté morale dès lors qu'il vaut pour tous les croyants de toutes les religions”


 


--> Non. Car ce droit doit être soumis à la Loi Morale Naturelle, qui s’applique à tous, même aux Etats (Sociétés). Pour le dire simplement, DH n’autorise nullement un protestant à
défendre, sous-prétexte de liberté religieuse, son droit à la contraception ou à un musulman, toujours sous-prétexte de liberté religieuse, à la polygamie. Elle autorise même que l’Etat puisse
limiter ce genre de liberté, car contraire objectivement à la moralité ou au bien commun.


 


Le droit de ne pas être contraint en matière religieuse est un “droit naturel” et défendre ce “droit naturel” n’est pas tomber dans le
naturalisme. Mais j’aimerais savoir ce que vous entendez par “corps social” ? Tout doit être fait pour aider les personnes à s’orienter vers la seule Vérité (DH ne dit pas l’inverse) mais cela
doit se faire en défendant l’immunité de coercition en matière religieuse de l’Etat (Société), car l’Etat (Société) n’a aucune compétence en matière religieuse.


 


Même avec une conscience invinciblement erronée, l’Homme a toujours au fond de lui-même une syndérèse (l’étincelle de la conscience) toujours
connectée infailliblement à la Loi Morale. C’est la lumière indispensable pour votre arbre. Et les “tuteurs” sont multiples = l’évangélisation (corps social) qui réprimera l’erreur + la
répression des Sociétés envers des pratiques contraires à l’ordre moral objectif, tel que le commande DH. Les limites intrinsèques adéquates pour user à bien de sa liberté sont donc bien
traitées.


 


Je n’ai pas dit que vous vous écartiez de Saint Thomas. Je dis que DH ne s’écarte nullement de Saint Thomas et de toute la Tradition doctrinale
de l’Église. Si vous pensez le contraire, prouvez-le moi. Mais pour que cette discussion soit plus facile et surtout pour que l’on se comprenne bien, j’aimerais que vous me le fassiez en
utilisant les phrases exactes du Magistère. Bref, si vous pensez par exemple qu’il y aurait contradiction entre Quanta Cura et DH, prouvez-le moi en mettant les 2 citations qui peuvent
vous sembler contradictoires côte-à-côte.


 


Cordialement en Jésus et Marie,



JOCHAUD DU PLESSIX 04/09/2014 14:45


La science du Père Basile est vaine. Il a tout simplement perdu la foi.


Le droit naturel à ne pas être contraint ni empêché d'agir de la manière qu'on souhaite, dans de justes limites, en matière religieuse enseigné par DH est contraire à la foi catholique, qui ne
reconnaît un tel droit qu'aux croyants de l'unique vraie religion, à savoir la religion catholique.


De plus, il est faux de considérer que l'ancien principe de tolérance, dont ont parlé les Papes jusqu'à Vatican II, équivaut à reconnaître un droit tel celui précité (visé dans Dignitatis
Humanae § II), à tous les croyants de toutes les religions, y compris les fausses religions. Les deux ne sont pas équivalents, et il est stupéfiant de voir, en lisant les travaux en commission,
avec quelle légèreté cette équivalence a été proclamée.


Troisième point, il est stupéfiant de voir que dans l'esprit des partisans de l'orthodoxie de Dignitatis Humanae on assimile conversion par la force à instauration de discrimantion au
détriment des non croyants. Cette assimilation n'a aucun fondement, et est absolument fausse. C'est une chose de convertir par la force, c'en est une autre de créer un cadre favorable à la non
expension de l'erreur. Or, il est bien du devoir des Etats de créer un tel cadre favorable à la répression de l'erreur. Bien sûr, pour le bien de la Cité, il est souhaitable que les pouvoirs
publics puissent déroger ponctuellement aux interdictions de postes et autres mesures limitant le rôle des non catholiques.


Quatrièmement, le droit à ne pas être contraint en matière religieuse excède très largement le but assigné à ce droit, tel que décrit par le Père Basile, à savoir l'accomplissement des conditions
requises à l'homme pour pour satisfaire à l'obligation de rechercher et d'embrasser la vraie religion, et il contredit même ce but, car ce but ne peut être atteint que si, comme Pie IX
l'enseignait dans Quanta Cura, l'on reconnaît aux pouvoirs publics le devoir de réprimer l'erreur, même quand la paix publique n'est pas menacée. Il faut arrêter cet espèce d'irénisme en
vogue depuis Vatican II qui consiste à croire que l'Homme est bon, et enclin au Bien. C'ets le contraire, et l'on sait qu'une société déchristianisée devient une société de sauvages. L'actulité
l'illustre de manière assez patente.


Cinquièmement, le travail du Père Basile, notamment son article récent paru dans la Nef sur les malentendus d'Ecône confirment qu'il s'acharne à rendre obscur ce qui est clair dans les textes de
l'Eglise, en jouant sur le sens des mots droit et liberté, en recourrant au procédé historiciste propre aux modernistes et condamané dans "Pascendi" de Saint Pie X - procédé qui
consiste à relativiser les choses en fonction de données historiques. L'article précité prouve aussi que ses tentatives de justification de la liberté religieuse prônée par Vatican II sont
polluées par un souci personnel d'auto-justification de son propre travail, lequel consiste en une longue suite de traités d'érudition stérile.


Tout ceci, sixièmement, conduit le Père Basile à s'enférer dans de faux raisonnements, par exemple quand il soutient à la fois que le droit prôné par Dignitatis Humanae est conforme à la
Tradition de l'Eglise - conformité absolue et permanente pour un droit non moins absolu et permanent - et que le but de ce droit (déjà cité plus haut) doit se réaliser au sein
d'une société pluraliste, circonstance purement contingente. Une saine logique interdit de dire qu'un droit naturel permanent appartient à tout homme quand les
circonstances historiques censées justifier sa reconnaissance ou sa formulation sont purement contingentes.


Enfin, le Père Basile semble oublier :


- que les pouvoirs publics ont par principe un devoir de répression qui s'oppose à la reconnaissance du droit à ne pas être contraint ni empêché en matière religieuse ;


- le scandale d'Assise, qui confirme que l'Eglise, en la personne de son pape, sombre dans l'abomination et devient incapable de se concevoir comme maîtresse de vérité quand elle enseigne la
liberté religieuse plutôt que l'Evangile;


- que cette liberté religieuse n'est pas seulement dans la bouche des Papes post-conciliaires un droit à ne pas être contraint, elle est aussi un droit à ne pas éclairer sa conscience. Comment
concevoir autrement que le Pape François souhaite aux musulmans que leur Ramadan soit source de grâce, ou qu'il affirme qu'il suffirait que chacun fasse le bien selon sa conscience pour que les
choses aillent mieux dans le monde, ou qu'il affirme que l'on doit défendre la liberté religieuse, pour tous les hommes et pour toutes le femmes, quelle que soit le religion à laquelle ils
adhèrent.


Père Basile, puissiez vous retrouver le chemin de la vraie foi !


 

Admin 04/09/2014 20:20



Merci pour ce commentaire qui me fait sentir la théologie "écônienne". Cela ne vous intéressera sûrement pas, mais
si j’ai le temps, je développerai ma réponse dans les prochains jours. Mais il serait sûrement beaucoup plus intéressant de confronter vos
arguments en envoyant directement une lettre au Père Basile, ne serais-ce que par votre grave obligation, en tant que catholique, à relever les personnes que vous pensez "blessée".


 


Je répondrais tout de même à votre dernier paragraphe qui me semble le plus « diffamatoire » envers la doctrine catholique telle
qu’elle est enseignée par le Magistère. La liberté religieuse n’est nullement contraire à la grave obligation d’éclairer sa conscience. Une personne qui – sous-prétexte d’une liberté mal-comprise
– refuserait en toute bonne conscience d’éclairer sa conscience se trouverait de facto dans un état de péché (N°1791 du CEC). Mais lorsque cette conscience est invinciblement erronée sans responsabilité morale du sujet, l’Église vous demande
d’aller évangéliser cette personne. Cette évangélisation doit commencer par un « dialogue ». Ce mot vous fait sûrement horreur mais vous ne pouvez pas « balancer » la Vérité
du Christ à la figure des personnes sans un minimum de "dignité", "d'humanité". Le Christ Lui-même a « dialogué » avec les hérétiques, sectateurs et autres pécheurs publics (femme
samaritaine, Zachée, etc.). A Assise, l'Eglise suit son exemple, même si nous pouvons légitimement critiquer certaines dérives pastorales, nullement doctrinales.


 


Je voudrais préciser aussi une dernière chose. Dignitatis Humanae ne permet absolument pas un "droit religieux" à l’erreur. Le CEC
N°2108 le rappelle d’une manière on ne peut plus
ferme : « DH (…) n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur, ni un droit supposé à l’erreur ». Il faut savoir « tenir » en même temps plusieurs enseignements magistériels
qui ne sont pas en contradiction : à savoir, l’interdiction fondamentale d'approuver un quelconque « droit à l’erreur » ; et d’autre part, l’interdiction fondamentale d’agir contre
sa conscience, même invinciblement erronée. Saint Thomas d'Aquin et Vatican II affirment cela depuis toujours. Aucune contradiction.



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