Depuis Vatican II, on n'a pas cessé de parler d'une "crise de la liturgie". Mais peut-on dire que la liturgie est en crise? Affirmer que la liturgie est en crise serait reconnaître que la célébration de la foi de l'Eglise est devenue insolite, instable, extravagante, déroutante... Or la liturgie de l'Eglise n'est rien de tout ça... lorsqu'elle est respectée, correctement mise en oeuvre, fidèlement célébrée. Tout le problème est là : la liturgie donne l'impression d'être en crise uniquement parce que nous ne la respectons plus; parce que nous ne cherchons plus à la mettre correctement en oeuvre; parce que nous ne la célébrons plus fidèlement. Ce n'est pas la liturgie qui est en crise, mais nous-mêmes. Nous: fidèles clercs et laïcs. Ce que nous croyons être une crise de la liturgie est en réalité une crise des baptisés qui conduit à ne plus vouloir la liturgie que nous transmet l'Eglise. Il y a donc une crise de la foi doublée d'une crise de la transmission: des clercs ne transmettent plus la liturgie de l'Eglise parce qu'eux-mêmes n'y croient plus et parce qu'ils n'ont plus été entraînés à servir l'Eglise comme le Christ a demandé qu'elle soit servie.

 

 

 


Dans la Constitution Sacrosanctum Concilium de Vatican II, on apprend que c'est dans la participation à la liturgie de l'Eglise (liturgie qu'il ne faut jamais confondre avec la liturgie particulière de tel ou tel célébrant) que les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien. Et le texte conciliaire ajoute aussitôt : « mais il n'y a aucun espoir d'obtenir ce résultat, si d'abord les pasteurs eux-mêmes ne sont pas profondément imprégnés de l'esprit et de la vertu de la liturgie, et ne deviennent pas capables de l'enseigner; il est donc absolument nécessaire qu'on pourvoie en premier lieu à la formation liturgique du clergé ». (Cf. n.14) On lit bien : ce qui fait aujourd'hui difficulté, ce n'est pas tant la liturgie elle-même que les pasteurs qui ne sont plus imprégnés de son esprit - c'est-à-dire de son sens profond - et de sa vertu - c'est-à-dire des qualités qu'elle transmet -. Si l'on poursuit la lecture du texte conciliaire, on voit qu'il a été expressément demandé à tous les évêques de veiller à la nécessaire formation des prêtres et des futurs prêtres : « L'enseignement de la liturgie dans les séminaires et les maisons d'études des religieux doit être placé parmi les disciplines nécessaires et majeures, et dans les facultés de théologie parmi les disciplines principales et il faut le dispenser dans sa perspective théologique et historique aussi bien que spirituelle, pastorale et juridique. En outre, les maîtres des autres disciplines, surtout de théologie dogmatique, d'Ecriture Sainte, de théologie spirituelle et pastorale, se préoccuperont, selon les exigences intrinsèques de chaque objet propre, de faire ressortir le mystère du Christ et l'histoire du salut, si bien qu'on voie apparaître clairement le lien de ces disciplines avec la liturgie et l'unité de la formation sacerdotale.Les clercs, dans les séminaires et les maisons religieuses, acquerront une formation liturgique à la vie spirituelle, par une bonne initiation qui leur donne l'intelligence des rites sacrés et les y fasse participer de toute leur âme, et aussi par la célébration même des saints mystères et par les autres exercices de piété, imprégnés d'esprit liturgique; également, ils apprendront à observer les lois liturgiques, de telle sorte que la vie des séminaires et des maisons de religieux soit profondément façonnée par l'esprit de la liturgie. Les prêtres, séculiers ou religieux, déjà à l'oeuvre dans la vigne du Seigneur, seront aidés par tous les moyens opportuns à comprendre toujours plus pleinement ce qu'ils accomplissent dans les fonctions sacrées, à vivre de la vie liturgique et à la partager avec les fidèles qui leur sont confiés ». (Cf. n.16-18)


Malheureusement, voici un demi-siècle que la formation liturgique n'est plus assurée dans les séminaires. La liturgie de l'Eglise n'ayant plus été enseignée - tout spécialement en France de par la volonté de l'épiscopat - les célébrants se révèlent aujourd'hui très incapables de la transmettre. C'est donc plus la transmission de la liturgie que la liturgie elle-même qui est en crise; une crise qui se nourrit de l'indiscipline d'un certain nombre de clercs décidés à passer systématiquement sous silence les enseignements des Souverains Pontifes. (Cf. Jean-Paul II, Lettre aux prêtres, 24 février 1980).

 

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