« Certains clercs en sortiront [du Concile, NDLR] largement insatisfaits et déçus.

hippyIl en résultera un certain nombre qui vont développer activement, dans les années suivantes,

leur névrose anti-ecclésiale et leurs ressentiments. Tout cela va se répercuter dans 

les facultés de théologie, les ordres religieux, les noviciats… Une coupure totale va

s’effectuer entre 1967 et 1968. Le Concile n’est plus interprété comme

une nouveauté au sein de la Tradition. C’est un processus révolutionnaire

et non plus réformiste » (Cardinal de Lubac, "peritus" au Concile Vatican II)

 

---------------------------------------------------------------------

 

[Il y a] « un certain simplisme dans la façon dont on dit parfois : avant le Concile,

après le Concile, comme si l’on était passé du non au oui, du vide au plein.

Le Concile a été précédé par la vie et le travail de plusieurs générations...

Autant que son incontestable nouveauté, il faut souligner la continuité » (…)

« Certains poussent si loin et de façon si anarchique le mouvement de mise à jour

qu’ils méconnaissent et compromettent certaines valeurs qui touchent à l’essentiel.

Ce n’est pas cela le Concile » (Cardinal Yves Congar, "peritus" au Concile Vatican II)

 

 

 

 

Liens : Les souffrances du Pape Paul VI, par le Cardinal Jacques Martin + Le peuple à faim de l'Evangile, pas de Marx ! + Les détraqués sexuels polluant l'Eglise de l'intérieur : une conséquence de la perversion soixante-huitarde + VIDEO : exemple d'un séminaire français anti-romain + Le sabotage des paroisses par les laïcs contestataires des années 70 + Un prêtre anti-romain parmi tant d'autres... + Liquider la génération Mai 68 qui a détruit l'Eglise + Christian Terras s'enterre dans son idéologie + Bref historique de la période post-conciliaire en France + Le marxisme culturel ou le politiquement correct, d'ou vient-il ? (1) + (2) + (3) + La souffrance d'un séminariste face à un séminaire "Mai 68" + La génération "Mai 68" en progressive perdition + Si les prêtres faisaient preuve d'obéissance, nous n'aurions pas cette crise + Observez les gens de ce siècle, si fiers de leur "Mai 68"... + Benoît XVI n'oublie la jeunesse de Dieu face à la furie révolutionnaire de Mai 68 + Je voudrais que la jeunesse de France fasse le serment de ne plus mentir (Bernanos) + Liquider la génération Mai 68 + J'ai vécu, moi assi, l'époque du Concile Vatican II (Cardinal Ratzinger) + "Un utopisme anarchique" (Benoît XVI) + Témoignage du sabatoge de Vatican II par les néerlandais de Mai 68 + "Il est temps que le peuple de Dieu laisse crier sa colère contre ces slognas mensongers" (Cardinal Danièlou) + Comment devenir un fossoyeur de l'Eglise ? + La "conférence catholiques des baptisés de France" = des brebis galeuses post soixante-huitarde polluant l'Eglise de l'intérieur + Mai 68 dans l'Eglise, par Mgr Maurice Gaidon + La trahison des clercs soixante-huitards + Prions pour ces jeunes prêtres en clergyman... persécutés par la hargne des aînés soixante-huitards, en civil + La source essentielle de cette crise est une fausse interprétation de Vatican II (Cardinal Daniélou) + Les assassins de la foi (Cardinal Daniélou) + LA GENERATION DES CONTESTATAIRES + La détresse de la jeunesse catholique face aux soixante-huitards + Gérard Leclerc raconte Mai 68 + Le Peuple de Dieu ne marche plus joyeux + Le concept erroné de "Peuple de Dieu" dans les années 1960-70 + Les facultés de théologie catholique dans les années post-68

commentaires

AZ 21/02/2015 11:37

Rebonjour et merci,

Je compte également sur vous pour publier ce qui suit :

Bonjour et merci.

(Pour être plus précis, et surtout pour n'être ni inexact, ni injuste, j'ajoute qu'à mon sens le catholicisme traditionaliste n'est pas tant caractérisé par une
référence explicite au nationalisme intégral que par une tendance fréquente à survaloriser la France d'avant 1789 et l'Eglise d'avant 1959, presque comme si
une partie non négligeable de "l'avant" n'expliquait pas "l'après", ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'un recours formel à Maurras.

Quant à sa référence, explicite, elle, au thomisme, elle ne fait évidemment pas du catholicisme traditionaliste un courant hérétique, mais elle aboutit
fréquemment à la vision selon laquelle tout théologien à la fois contemporain et non thomiste (d'une manière exclusiviste et organiciste) a un positionnement
au moins virtuellement hétérodoxe, ce qui n'est pas toujours exact.)

Je reviens au sujet, en ajoutant que pendant longtemps j'ai été de ceux qui ne se sont pas assez interrogés, en des termes théologaux, sur les origines ou les
présupposés qui ont conduit à la trahison des clercs dont il est question ici ; je pense que le ralliement, pour ne pas dire la soumission, des mêmes clercs, à
un type de vision et à un mode d'action à caractère idéologique, avant-hier, communisant, et aujourd'hui, sociétalisant, s'explique

- par la perte de contact avec l'importance du péché originel, et avec ses conséquences morales et spirituelles, sur chaque période de l'histoire, y compris
depuis 1945,

- par la perte de contact avec l'existence des fins dernières, qui constituent l'horizon ultime de notre essence spirituelle et de notre existence temporelle, si
j'ose dire.

Une fois que l'on a perdu contact, puis que l'on a fait perdre ou laissé perdre le contact, avec ces notions et avec ces réalités, que reste-t-il à dire aux hommes
et aux femmes de ce temps ? Pas forcément plus rien du tout, mais le risque est alors que l'on s'en tienne à un discours adogmatique et immanentiste,
appelant à l'actualisation permanente des relations et des structures, à la proximité axiologique avec les non catholiques, et au comblement incessant d'un
complexe d'infériorité intellectuelle, vis-à-vis de la pensée à la mode au moment où l'on parle, notamment la pensée philosophique ou théologique.

En 1945, on a considéré en substance que le mal absolu, le fascisme, le nazisme, avait été vaincu, et que les deux systèmes dominants, l'individualisme
permissif et le collectivisme répressif, était, l'un et l'autre, et plutôt l'un que l'autre, globalement compatibles avec le christianisme catholique, à charge, pour
les chrétiens de gauche, de montrer que l'on pouvait s'inspirer de ce qu'il y avait de meilleur dans l'un, pour remédier à ce qu'il y avait de pire dans l'autre.

Mais on a perdu de vue le fait qu'il s'agissait, et, dans le cas de l'atlantisme, qu'il s'agit toujours, de deux matérialismes, opposés l'un et l'autre, mais
différemment, et pas avec le même degré d'intensité, à la véritable propagation du rayonnement de Jésus-Christ, dans les coeurs et dans les moeurs.

A mon avis, c'est notamment à cause de ces pertes de contact et de cette perte de vue que bien des clercs ont vu dans l'année 1968 la confirmation de la
validité de leur approbation préexistante d'une vision biaisée des relations entre l'Eglise catholique et le monde contemporain, ce qui a fait qu'il n'y a eu alors
presque aucune réception féconde, loyale, dans la durée, en profondeur, au sein même d'une grande partie de l'Eglise catholique, de la Profession de Foi de
Pierre et de Paul et de la lettre encyclique Humanae Vitae, l'une et l'autre du Pape Paul VI, alors que ces deux documents datent de la même année 1968...

Bonne journée.

A Z

Admin 21/02/2015 11:46

Je ne peux qu'approuver votre analyse... qui pourrait encore être largement développée ! :-)

AZ 18/02/2015 13:12

Je sais bien qu'il n'est pas catholiquement correct de rappeler

- que ce sont des intellectuels catholiques qui, dès l'avant-Concile sous Pie XII, et depuis l'intérieur de l'Eglise, ont provoqué, consciemment ou non, l'affaiblissement des défenses immunitaires intellectuelles des catholiques, face à bien des séductions ou tentations philosophico-théologiques,

- que dès le milieu du Concile, Henri de Lubac, entre autres acteurs ou témoins, a parfaitement compris qu'au sein même de l'aula conciliaire, donc trois ans avant 1968, et, là aussi, depuis l'intérieur de l'Eglise, le climat et le discours étaient en train de changer, au contact des développements donnés au schéma XIII, et au préjudice de la réception ultérieure du Concile,

- que le refus français, je dirai même le refus européen et / ou occidental, de prendre en compte et de mettre en oeuvre le Concile Vatican II, d'une manière pleinement théologale, n'est pas le fait d'une seule génération, qui est en train de disparaître, mais est le fait, aujourd'hui encore, de bon nombre d'évêques et de théologiens, dont certains avaient moins de 18 ans, en 1968.

Je sais bien, en d'autres termes, qu'il n'est pas catholiquement correct de rappeler

- que l'avant-Concile sous Pie XII, sous l'angle de l'histoire des idées politiques et religieuses de bien des "clercs" catholiques, philosophes ou théologiens, est l'une des clefs de compréhension de la distorsion cognitive dont le Concile Vatican II a été et est toujours l'objet,

- que l'après-Concile sous Paul VI, en tant que chemin de croix infligé à ce Pape, n'a pas commencé en 1967 ni en 1968, ni depuis l'extérieur de l'Eglise, mais, sous cet angle là, au Concile, et dès la troisième session du Concile, qui s'est terminée notamment par l'insertion du texte que vous devez connaître, dans Lumen Gentium,

- que la majorité des évêques catholiques français continue, aujourd'hui encore, à souscrire à une anthropologie eudémoniste et à une ecclésiologie oecuméniste, sous couvert de respect au Concile, ce qui est d'autant plus facile, dans le cas de l'anthropologie eudémoniste, que la deuxième partie de Gaudium et Spes se prête, malheureusement assez bien, à un tel évitement, à une telle occultation, de la primauté des vertus théologales, sur tout discours chrétien, iréniste et lénifiant, car plus bienveillant que vigilant, sur le monde contemporain.

Ce qu'il faut dire tient en ceci : adogmatique, le Concile Vatican II n'est pas "un bloc", qu'il faudrait approuver (ou rejeter), d'une manière inconditionnelle ou indifférenciée, et une grande partie de la tragédie que l'Eglise s'inflige à elle-même découle du fait que l'on a accordé plus d'intérêt, attribué plus d'autorité, au sein même de l'aula conciliaire, à des textes qui ne sont qu'une constitution et que des déclarations pastorales, id est, notamment : consensuelles ad extra, qu'à des constitutions dogmatiques et à des décrets d'application qui auraient dû pouvoir bénéficier de davantage d'autorité, pendant le Concile et après lui.

Enfin, faute de connaissances suffisantes, je ne me prononcerai pas sur l'éventuel lien de causalité entre la constitution conciliaire consacrée à la liturgie, le NOM de 1969, et sa mise en oeuvre effective, notamment en France, mais je peux vous assurer qu'il m'est fréquemment arrivé de lire "tout et le contraire de tout", sur cette question essentielle, en provenance des milieux les plus divers, les uns disant en substance que le NOM a suivi le Concile mais a été plutôt trahi, dans les faits, les autres disant à gros traits que le NOM a trahi le Concile mais a été plutôt suivi, dans les faits.

(Je précise à toutes fins utiles que je ne suis pas "affilié" à la FSSPX ; je m'en suis approché, au début de 2007, pour mieux les connaître et les comprendre, mais j'ai commencé à m'en éloigner, sans acrimonie, juste après fin 2008, le jour où j'ai compris que ma conception extensive de la Tradition, que je ne limite pas à ses composantes scolastique et tridentine, et ma vision des choses, plus augustinienne et tocquevilienne que maurrassienne et thomiste, n'était pas "tout à fait en phase" avec la leur.)

Merci beaucoup pour toute prise en compte de ces quelques rappels, bonne journée et à bientôt.

A Z

Admin 18/02/2015 13:32

Merci pour votre commentaire très nourrissant. Une chose est certaine : le "NOM" (dans son "application" concrète, un peu moins dans sa "conception", quoique, sur certains points, il y aurait à redire) a profondément trahi le dernier Concile. Nous nous efforçons, sur notre site, d'appliquer le "NOM" en conformité avec les textes et l'esprit conciliaire, eux-mêmes interprétés selon une "herméneutique de continuité" (cf : discours de Benoît XVI à la Curie Romaine du 22 décembre 2005).

Pour ne pas tomber dans la désespérance, prions et souffrons pour l'Église. "On ne réforme les vices de l'Église qu'en prodiguant l'exemple de ses vertus les plus héroïques" (Bernanos).

JC Marty-Laveaux 15/12/2012 00:45


Il faut absolument lire la "lettre aux présidents des Conférences épiscopales au sujet de certains abus et d'opinions erronées dans l'interprétation de la doctrine du Concile Vatican II" du
Cardinal Ottaviani dès 1966.


C'est édifiant !


http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19660724_epistula_fr.html

Admin 15/12/2012 21:44



Merci. Le prophétique texte du Cardinal Ottaviani a déjà été
publié sur ce blog il y a quelques mois.



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