On sait que la systématisation des célébrations « face au peuple » n’a ni rendu le sens de la liturgie eucharistique plus clair pour les fidèles, ni aboutit partout à des aménagements harmonieux de l’espace liturgique. Loin s’en faut. Il y a même, dans nombre d’églises, des choses assez laides auxquelles, malheureusement, les fidèles semblent à présent habitués. On sait aussi que le Pape Benoît XVI aimerait que soit remise à l’honneur, au moins de temps en temps, la messe célébrée « face à l’Orient » ou face à l’abside symbolisant l’Orient et rappelant l’attente de la parousie du Seigneur proclamée au cours de chaque Eucharistie après la consécration. Mais la « vraie » question est-elle celle de la messe « face au peuple » opposée à la messe « dos au peuple » ? Non. La « vraie » question, la seule qui vaille, est celle de la relation entre le prêtre et les fidèles comme participants associés d’une seule célébration qui soit proprement « liturgique » c’est-à-dire capable de faire naître le désir d’être en communion avec le Seigneur. C’est à ce niveau-là qu’il faut replacer la question de la position du célébrant par rapport à l’assemblée :

 

 

 

http://img.over-blog.com/480x210/0/21/41/34/r-pertoire-2/medium3.jpgDisons-le tout de suite pour dissiper un malentendu : l’autel « face au peuple », tel qu’il apparait dans presque toutes les églises, n’a rien de « traditionnel » et n’a jamais été voulu par le Concile. La dernière édition du Missel romain (toujours introuvable dans sa version française !) n’en parle pas et ne décrit les rites à accomplir que dans la perspective d’une Messe célébrée « versus orientem ». Quant aux autels aux formes biscornues et aux couleurs acidulées que l’on voit aujourd’hui apparaitre dans certaines églises, ils sont proprement anti-liturgiques… en plus d’être d’une facture et d’un goût douteux qui les feront très vite passer de mode. La messe « face au peuple » est une particularité des basiliques romaines. Mais cette façon de célébrer n’a jamais été envisagée pour que le peuple soit davantage uni au célébrant ou pour que la liturgie puisse être mieux perçue par l’assemblée. La notion de « liturgie spectacle » ou de célébrant « showmaster » a toujours été étrangère à la mentalité chrétienne laquelle insistait plutôt sur l’idée de participation à une action commune (au point que, soulignons-le ici, les Luthériens eux-mêmes ont généralement conservé l’autel « versus orientem »).

 

Si l’on voit comment se déroulent aujourd’hui la quasi totalité des messes paroissiales, on voit que dans les assemblées paroissiales, l’autel « face au peuple » conduit généralement à favoriser un schéma liturgique produisant exactement le contraire de ce à quoi on voulait aboutir immédiatement après le Concile. On souhaitait des célébrations plus « communautaire » et l’on a abouti à des liturgies où le peuple et les ministres de l’autel forment deux « communautés » séparées se faisant face et donc se confrontant, et où l’action est réservée à la « communauté cléricale » se donnant en spectacle à une assemblée obligée d’assister à un spectacle dont la médiocrité divertit, agace, entrave ou parfois même interdit la prière du cœur. En même temps qu’elle déconcentre le célébrant. Car trop souvent, il est vrai, les célébrants inconditionnels du « face au peuple » et peu formés à la liturgie - ils sont la majorité dans l’Église en France - sont ceux pour lesquels la célébration eucharistique est l’occasion de se mettre en scène, comme le montrent leurs attitudes à l’autel : oraisons adressées à Dieu mais dites en balayant l’assemblée du regard, gestuelle grandiloquente comme pour montrer que l’efficacité de la liturgie dépend de la conviction du célébrant, réduction de tout ce qui pourrait évoquer et souligner le caractère sacré du rite, abandon du souci de perfection au profit d’une désinvolture se voulant signe de spontanéité et donc d’authenticité… etc.

 

Dans ces conditions, la célébration « face au peuple » ne peut que conduire à adopter des comportements qui sont en totale contradiction avec la liturgie. Et l’on comprend d’autant mieux que Benoît XVI veuille rendre les fidèles attentifs à ce qu’ils peuvent percevoir et comprendre de la liturgie selon qu’elle est célébrée, dans certains contextes et par certains célébrants, « versus populum » ou « versus orientem ».

 

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