Dans les dernières années du XIXè siècle et les premières années du XXè, une vague anticléricale et antireligieuse a déferlé sur la France. Il n'est pas possible de nier qu'une telle déferlante ait pu accélérer une certaine déchristianisation du pays. Mais là s'arrête l'influence de ceux qui ont contribué à affaiblir le rôle de l'Eglise et la mission des prêtres.
Si cette vague a pu à ce point saper le catholicisme en pénétrant dans les rangs du clergé, c'est parce ce même clergé connaissait déjà une crise interne qui l'avait déjà considérablement affaibli.


 

 

 

Cette crise a surgi des réponses erronées que quelques prêtres bien en vue voulaient donner aux problèmes réels qu'ils rencontraient. Ces prêtres-là n'ont jamais reconnu qu'ils s'étaient attirés la colère des Républicains en se mêlant trop souvent de politique ou en rêvant tout haut à un retour de la monarchie alors qu'ils auraient dû se contenter de prêcher l'Evangile; ils n'ont jamais reconnu que si leur message n'était plus entendu c'était parce qu'ils ne prêchaient pas d'abord par l'exemple... Non : ils ont préféré imaginer d'autres réponses qui leur paraissaient d'autant plus justes qu'elles étaient plus simples. Ils ont dit : "Pour bien comprendre les problèmes et y répondre, nous devons adapter intelligemment la doctrine aux goûts du siècle." Ils ont dit: "Nous passons trop de temps dans les églises alors que nous devrions être actifs." 
Et ils en ont rapidement conclu qu'au lieu de s'empêtrer dans les vertus "passives" - celles du Sermon sur la Montagne - il fallait désormais cultiver les vertus "actives", en particulier la "vertu d'efficacité", dont personne ne savait trop en quoi elle devait consister mais dont tout le monde s'accordait à penser qu'il fallait la mettre au coeur de la "vraie" pastorale.
Ceux qui ont entraîné les prêtres puis les fidèles laïcs dans ces directions que quelques clercs tentaient de justifier à l'aide d'une théologie douteuse, n'ont fait que semer le trouble dans les esprits. Il en est résulté la crise de la spiritualité, le désintérêt du culte eucharistique, l'étouffement des vocations sacerdotales. Il en est résulté une crise qui, à force de durer, a favorisé le relativisme doctrinal puis, par la suite, une hérésie plus ou moins affirmée faite d'opinions qui conduisent les fidèles à douter de ce que l'Eglise enseigne en vertu de son autorité reçue du Christ. 
Il en est résulté une génération de prêtres - parmi lesquels se trouvent aussi des évêques cooptés - qui ont passé le plus clair de leur temps à adapter la doctrine de la foi à la mentalité profane ou spiritualiste de leur temps, faisant des modes ambiantes la mesure de leur pensée religieuse et de leurs célébrations liturgiques. 


 

Le 15 janvier 1969, Paul VI mettait déjà en garde contre cette tendance désastreuse. Le Souverain Pontife s'alarme alors "des intentions arbitraires qu'on voudrait attribuer au Concile. Citons par exemple le fait de vouloir assimiler la vie chrétienne à la vie profane et mondaine; l'orientation dite horizontale donnée à la religion, de telle sorte que celle-ci ne tend plus à l'amour et au culte de Dieu, primordiaux et suprêmes, mais à l'amour et au culte de l'homme; la sociologie prise comme critère principal et déterminant de la pensée théologique et de l'action pastorale; l'instauration d'une prétendue et inconcevable "république conciliaire"... etc. Et il faut constater que l'intérêt de beaucoup s'est porté vers un renouveau tendant à la transformation extérieure et impersonnelle de l'édifice de l'Eglise, vers l'acceptation des formes et de l'esprit de la Réforme protestante, plutôt que vers ce renouveau fondamental et principal qui était voulu par le Concile, c'est-à-dire le renouveau moral, personnel, intérieur."
En conclusion, on peut dire que 1) la crise que traverse l'Eglise en France est avant tout une crise interne essentiellement due à quelques membres influents du clergé lui-même et que 2) les restructurations paroissiales que certains évêques mettent en place ainsi que le pouvoir donné à des groupes de laïcs procèdent de cet "esprit de la Réforme protestante" que dénonçait Paul VI et dont on mesure déjà les dégâts dans les eucharisties paroissiales, lesquelles ressemblent de plus en plus à des célébration de la Cène luthérienne (sans Présence réelle et donc sans possibilité d'adoration) et de moins en moins à une Messe catholique.

 

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